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mardi 13 décembre 2016

Georges-Henri MORIN, LA LOUTRE LE TRAPPEUR, Frontispice de Jorge CAMACHO, Éditions La Doctrine, 2016





Georges-Henri MORIN, LA LOUTRE LE TRAPPEUR
Frontispice de Jorge CAMACHO, 15

Éditions La Doctrine
11, rue Verte
CH – 1205 Genève


Pour toute correspondance

Georges-Henri Morin
28 rue de l'Annonciade
69001 LYON

Courriel/mail : ghmorin//numericable.fr
(A noter : remplacer le signe // par @)


D'un pôle de l'élégance, de la finesse, de la fantaisie, de l'humour, nous lisons, avec un goût accordé, le poète Georges-Henri Morin. De mots nés, des pas sonnants non trébuchants ont leurs figures emblématiques : Pandore, Icare, Dédale, Pan, Noé, etc. Et avance un bestiaire vif et expressif, aux têtes volantes : mouettes, chouettes, vautours, perdrix, chauves-souris, etc., et aux pattes ancrées : chats, chats-huants, taupes, rats, tortues, crabes, etc.

Sur la chair du poème à masques, murmure la parole la plus circulaire du souffle dénoué :


[...]

La jupe dans tes draps
Cesseras-tu de maquiller ton sexe
Pour qui marche sur tes talons ?

Les Taquets
(à la ligne) - 6
*


Quelle reine se donne à l'embout du fourreau ? L'arc-en-ciel qui nous fut familier et tes seins, mon linceul.

Les Manches vertes,
Jeteurs de sorts et coups fourrés



A l'équateur de l'oiseau, gravite une dose de lune, hérissée de cartes intérieures :

On dirait une chouette
Et c'est une chouette que le chat retrousse
Cul dans le miroir

Un port de reine
*

Cols de cygne, les hérons – becs de figue se gambergent.

Les Manches vertes,
Jeteurs de sorts et coups fourrés

*

Une cage l'aveugle.
Sa couronne a roulé.
L'oiseau dresse l'oreille
Les Taquets
(à la ligne) - 4


Tombe le fou rire au sein de l'élan de l'épée libre :

On bâillonne les clowns
Ni de mouches ni de fourmis rouges
Et pour évincer toute présence humaine
On abandonne aux vents des chapeaux de paille rapiécés
Obscures silhouettes d'une forêt en marche
[…]

Les Vêpres siciliennes - 7


Bondissant des métamorphoses, les scènes de mille pièces en félicité s'articulent cambrant la nacre du regard :


Se dandiner ?

Que nenni, Mademoiselle !
Ce dandy né d'un pas de six
Autant que d'un revers du dos
N'a pas l'éclat des scies forgées à Edo
[...]

     Oh oui ! Mademoiselle s'essaie à frétiller
A Jeter en avant son épervier
Entre tous les points cardinaux

[…]

… Mais Sire je m'y noierais si je ne m'éparpillais de rire ;
Et que d'éclats, Monsieur ! Dans ce branle-bas.

[…]
Faites vos Gammes


Dans les neiges, les nuages d'air penchent la mer de neige :

A travers les linges qui sèchent
Des neiges se succèdent

Dégainons-les !

[…]
Un port de reine

*

[…]
Le Pierrot de Watteau n'a pas laissé de traces dans la neige
Où déambule-t-il ce matin de Sicile ?
A-t-il atteint les pontons
[…]

Les Taquets
(à la ligne) - 6
*

Les icônes quelle neige !
Ce serait dérisoire si au pays des lichens
La science héraldique ne nous confondait avec les écailles
Opalines des femmes endormies
Là où l'eau a le goût de la cire
[…]
Les Taquets
(à la ligne) - 6


Sont de foudre battue les récits aux échelles de la pensée où tout se touche à grâce et à noces :


Noces en Galilée, des cailles immolées.
Les chats s'étirent ;
le seul mot du rêve était poussière.

Les Dits de Tiepolo

*

De verre et de charbon
C'est du dévergondage
La foudre musarde

Mes Colophons


Parler les yeux ouverts en petites suites rêveuses distordant les bouches pour la soif :

[…]

Celle qui parle est nue
L'abeille effleure
Son rouge à lèvres
Les Taquets
(à la ligne) - 8
*

Éboulement à la lettre près.
La bouche s'impatiente,
son sourire cutaille.

Les Dits de Tiepolo


Imaginer sur les sentiers des monstres, le combat de beaux romans labyrinthes :

[...]

C'est l'ordinaire des jours que de nous arracher à nos propres collets.
Le grand inquisiteur se mêle au cortège
Il brise les hampes
Il comble les fentes
Il creuse les corbeilles
Il calfeutre les fenêtres
Le grand inquisiteur s'est dévoyé
Chaque soir chacune d'amour
L'origine du monde le laisse indifférent

Un port de reine
*

[…]

Quand les racines des banians retrousseront le sol des cachots de l'Inquisition
Qui saura faire machine arrière de fondre à fendre pour remettre le langage à zéro ?

Les Vêpres siciliennes - 14



Refaçonner le moins réel à l'allant en passages internes des lieux-dits. Maillage du frisson et du verbe à coudre :

[…]

La formule qu'ils marmonnent comme chose convenue
Celle pour inventer la forme de toutes les formes
Ils affirment la détenir de Mélusine de Salbart la singulière
Ceux qui la virent nue elle les tortura en de brèves étreintes jamais conclues
Persuadée que les matins nouveaux la délivreraient des longues murailles où leurs rêves l'égaraient
[…]
Ses suivantes étouffèrent les plus anxieux avec des bonnets de lettrés qu'elle avait brodés il y a bien longtemps
[…]
Elle dont les rires en une seule nuit édifient des tours et des remparts que ses cris engourdissent sous le voile du glamour
- et c'est là qu'enfant dans un roncier empierré je devinais ma première vipère sans alerter les adultes pour ne rien partager -
Que n'ai-je ouvert plus souvent mon dictionnaire abrégé à la lettre S
Pli courbe espace entre la poitrine et l'étoffe le sein entrevu dans l'ovale du poudrier
Quand Mélusine se glisse dans la femme
Pour que sa rage d'être visible anéantisse à jamais le péché originel

Les Vêpres siciliennes - 11


Comme des phares, les magnificences des feuilles du trouble se recomposent :

Ourlet trop tendu
Les yeux vont et viennent
Sous le corsage du balancier.

Mes Colophons

[…]

Rugis
A en devenir unique

Et que chacun se fonde
Sans se renier

Le Gong


Gorgé de trouvailles, ce recueil de longs poèmes, de quasi haïkus et d'aphorismes, ouvert par le premier texte :
« la loutre le trappeur 
Mais l'éponge aussi [...] »

lance un prometteur début mystérieux parfaitement d'à-propos.

Le dessin accompagnateur, vertueusement raffiné, de Jorge Camacho n'en est pas moins une proue impétueuse.

 © Isabelle Dalbe



■ _■



~ GEORGES-HENRI MORIN

ÉCRIVAIN, POÈTE

DESSINATEUR, ÉDITEUR ~



■ PUBLICATIONS ■


Sa découverte du surréalisme en 1965 oriente nombre de ses rencontres et amitiés.
◘ 1970-1976 : participe au BULLETIN de LIAISON SURRÉALISTE, et SURRÉALISME (1977) aux côtés de Guy Cabanel, Vincent Bounoure, Bernard Caburet, Jorge Camacho, Robert Lagarde, Joyce Mansour, Mimi Parent, Marianne Van Hirtum, etc.
◘ 1994-1998 : quelques textes dans LE CERCEAU aux côtés de Pierre Peuchmaurd et d'Alain Joubert .
◘ 1977 : 'LE CERCLE BRISÉ', Payot (sur l'image de l'indien dans le western)
◘ 2003 : 'LES COMPTE-FILS', éditions de l'URDLA (8 gravures de G-H Morin sur japon nacré et poèmes sur cannabis) → ici
« . . . Nous sommes au cœur d'une manière poétique très singulière où Georges-Henri Morin rend l'ellipse palpable, le non-dit aveuglant et la perspective capricieuse. Cela s'appelle Les Compte-Fils, et c'est accompagné d'un portefolio de huit eaux-fortes dues à l'auteur, car Georges-Henri Morin est également un rigoureux peintre / dessinateur » 
 Alain Joubert, La Quinzaine littéraire
◘ 2005 : LES SEPT NAINS, Myrddin
◘ 2008 : UN PAYS ÉNONCÉ, Myrddin
◘ 2010 : ZONE FRANCHE, éditions de Surcroît
◘ 2012 : ' CARNETS OUBLIÉS D'UN VOYAGE DANS LE TEMPS ', Albanie 1987, Éditions AB IRATO, 2012 - Récit de voyage avec 20 photographies de Dominique et Georges-Henri Morin → ici
◘ 2012 : LES LITS CLOS, poèmes et dessins de l'auteur, septembre 2012 → ici


■ CONTRIBUTIONS AUX REVUES ■


Revues L'OR AUX 13 ÎLES ; CONTRETEMPS, et aussi :

ÇA PRESSE, URDLA : des textes dont, entre autres :
• 'ON NOUS ECRIT D'EGYPTE (en rêvant sur quelques mythes)', N°48, mars 2011 → ici
• 'SANS FAÇON', N°52, mars 2012
• 'LIBERTÉ D'ASSOCIATION', N°54, septembre 2012

COLLECTION de L'UMBO
Illustrations et poèmes. 
LES CAHIERS DE L'UMBO :
'UNE PRÉSENCE FÉMININE' : Poème, N° 12, Décembre 2009 → ici

L'IMPROMPTU (Bulletin de l'umbo):
Une encre 'Mais aussi frappé d'ostracisme ', N°1, 2010 → ici

SOAPBOX, (Feuillet de l'Umbo) :
Entre autres contributions en 2016 :
• N° 58 : Dessin et aquarelle → ici
• N° 60 : Dessin tête-bêche → ici



■ DESSINATEUR

ÉDITEUR ■


« LES CRÉATURES . . . Gare à vos doigts, attention à vos cœurs – les créatures de Georges-Henri Morin piquent, et pas seulement la curiosité. Elles griffent, elles mordent; certaines agitent des fouets de verre, des jouets de fer. Elles-mêmes, on dirait qu'elles ne saignent jamais, ou bien de froids cristaux d'absolu millimétrique.
Vous les croisez, elles ne vous croisent. Vous les regardez, elles ne vous regardent pas. Cela inquiète la chair, les raisons de la chair; ça tourmente toute raison. Cette élégante boucherie se fait dans un silence où vous ne vous entendez pas crier. Les créatures mandibulent. Vous crissez comme un aigle que rongent les fourmis blanches. Au millimètre. »
Pierre Peuchmaurd

Il a illustré divers ouvrages :

◘ AUX ÉDITIONS DE SURCROÎT :


c/o Georges-Henri Morin
28 rue de l'Annonciade
69001 LYON

Courriel/mail : ghmorin//numericable.fr
(A noter : remplacer le signe // par @)

Les Éditions de Surcroît ont été saluées, aux côtés d'autres microstructures, pour leur notable travail de défense de la poésie. (Le Monde, 25/05/2012 – Article d'Éric Chevillard)

► AU CATALOGUE DES ÉDITIONS de Surcroît (16 euros, l'ouvrage) :
• LE SECRET SECRET, Laurent Albarracin, 2006
• ALICES, Pierre Peuchmaurd, 2008
• HISTOIRE du MOYEN ÂGE, Pierre Peuchmaurd, 2009 → ici
• ZONE FRANCHE, poèmes Georges-Henri Morin, 2010

◘ AUX ÉDITIONS URDLA :

• LE 31 JUIN, de Vincent Bounoure, 2011 → ici

◘ AUX ÉDITIONS FLAMMARION :

• LE SECRET SECRET, recueil de poèmes de Laurent Albarracin, dessin de couverture Georges-Henri Morin, 2012 → ici

◘ AUX ÉDITIONS L'UMBO / COLLECTION de L'UMBO, Série Passage du Sud-ouest :

• LES ESQUILLES Georges-Henri MORIN (dessins) & Guy CABANEL (poèmes), juin 2013 → ici
• LOIN DE LISBONNE, poème de Pierre PEUCHMAURD, frontispice de Georges-Henri Morin, septembre 2013 → ici

◘ AUX ÉDITIONS Pierre MAINARD :

Alain ROUSSEL, LE BOUDOIR DE LA LANGUE, Dessins de Georges-Henri MORIN, 2015 → ici

◘ AUX ÉDITIONS des DEUX CORPS :

• Hervé DELABARRE, LES SURVENANTS, dessins de Georges-Henri MORIN, décembre 2013 → ici
Alain ROUSSEL, LE LIVRE DES ÉVIDENCES, dessins et aquarelles de Georges-Henri Morin, 2016. SITE → ici



■ EXPOSITIONS ■


Georges-Henri Morin a participé à plusieurs expositions en France et à l'international, dont :

◘ Exposition “Armes et bagages” Galerie Verrière, Lyon (15 mars - 2 mai 1975) : Robert Guyon, compagnon de route d’André Breton dans les années 60 et fondateur du groupe Ekart des Surréalistes lyonnais, organisa cette exposition avec Georges-Henri Morin, Bernard Caburet et Max Schoendorff.

◘ Exposition « Surréalistes, certes », Galerie Michel Descours, LYON, en partenariat avec L'URDLA (5 mars - 20 juin 2015). 
Aucune grande exposition n'avait été consacrée à Lyon, au Surréalisme, depuis “Armes et bagages” en 1975 et “Permanence du regard surréaliste”, à l’Elac en 1981.

Parmi les 90 œuvres de 26 artistes exposés : celles de Georges-Henri Morin. Et aussi de Hans Bellmer, André Breton, Jorge Camacho, Fred Deux, Oscar Dominguez, Max Ernst, Wilhelm Freddie, Gilles Ghez, Robert Guyon, Marcel Jean, Wifredo Lam, Emile Malespine, Pierre de Maria, André Masson, Henri Michaux, Pierre Molinier, Daniel Nadaud, Christian d’Orgeix, Bernard Pruvost, Jean Raine, Guy Roussille, Max Schoendorff, Jean-Claude Silbermann, Jindrich Styrsky, Raoul Ubac, Yo Yoshitome.

Compte rendu → ici

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