© Bannière de mon BLOG APPAIRAGES ART Isabelle DALBE

© Bannière de mon BLOG APPAIRAGES ART Isabelle DALBE
CLIC SUR PHOTO → POUR ACCES à GALERIE APPAIRAGES

La carte du JE

Ma photo
BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

mardi 30 août 2016

François-René SIMON, Discours solennel du 26 mars 2016 dédié à Guy Cabanel et Alain Joubert, Les Minutes de l'umbo




Source : SITE LES MINUTES de L'UMBO → ici
Courriel / e-mail : jeanpierreparaggio // yahoo.fr
(Afin de rendre l'e-mail actif, le signe @
doit remplacer les signes / / )




Nous sommes ici réunis pour exalter l'éternelle jeunesse des ci-devant Cabanel Guy - je donne la priorité à son patronyme, tonitruant -, et Joubert de Saint-Levée Daguerre, plus communément appelé Alain. Des Alain, il y en a tant que para-phrasant Pierre Dac, je pourrais le sur-nommer : Alain Vité, Alain Transigeant, Alain Fatigable, Alain Périeux et parfois Alain Perméable1 mais surtout Alain Stigateur du Cerceau si cette feuille pas du tout dans les choux peut rappeler quelque chose à certaines personnes.

Puisqu'il s'agit ici de célébrer un nombre non négligeable de printemps, je ne voudrais pas que mes propos ressemblent à un éloge funèbre, avec le rappel rituel des hauts faits et des hauts gestes de ces deux messieurs. D'ailleurs, il s'agirait de leurs hauts écrits dont je tiens tout de même à rappeler l'étrange et sinusoïdale fraternité de parcours, à faire ainsi de cet éloge anti-funèbre un éloge vital.

De leur sol natal commun, le surréalisme, le seul, le vrai, le grand, l'un et l'autre ont gardé cette réticence, voire cette répugnance, aux mœurs littéraires. J'ignore si le peu de reconnaissance qui en est la rançon - hormis bien sûr du cercle des meilleurs que je vois ici formé - les affecte. En tout cas, il ne les décourage pas. Il y a même dans ces boucles du temps qui parfois se resserrent la naissance d'un tourbillon. C'est en particulier flagrant chez Cabanel : six publications en 36 ans, ce qui fait une moyenne de une tous les six ans. Mais depuis 1995, on en compte 18! Et je ne parle des publications artisanales, superbes et précieuses où les poèmes de Guy flirtent avec les images qui les inspirent - des peintures de Mireille à celles de Jérôme Bosch et autres peintres, toutes époques et manières confondues. Ce qui donne, statistiquement parlant, la moyenne affolante, quasi record, de 1,666 666 666 parutions par an. Mais plutôt que vous les énumérer, chose d'autant plus inutile que bien sûr vous les connaissez par cœur, je me suis amusé à les empaqueter (pardon, mon cher Guy, pour quelques ficelles grammaticales).

Revenant d'une Visite chez Li Ts'in Tchao par Les Chemins qui zigzaguent, l'Amiral Leblanc se faisait l'Illusion d'illusions : Les Étoiles renversées ne sont que des Soleils d'ombre. C'était Les fêtes sévères Au fil du temps : l'Animal noir ouvrait ses Quinquets sur des Femmes admirables et répandait ses Odeurs d'amour sur des Silhouettes de hasard Croisant le Verbe. L'essence poétique procurait L'Ivresse des tombes Dans la roue du paon en proférant des Chants d'autre mémoire. Le Verbe flottant, mieux vaut tenir son Journal intime dans des Cités légendaires et penser à Maliduse pendant les Instants de l'immobile errance.

Les publications d'Alain ont suivi un rythme parallèle. Une postface précoce - dès 1959 - pour un livre de George Catlin sur les Indiens d'Amérique du nord, des articles, régulièrement, dans les publications surréalistes ou de cinéma, et puis on peut envisager que «  la vie est ailleurs que dans les livres », je crois citer André Breton.
Silence - c'est une façon de parler - pendant quarante ans ! Et de ma part une certaine admiration pour cette absence volontaire du grand Barnum culturel, synonyme à mes yeux d'une préférence pour un temps où la poésie serait faite par tous, non par un. Ce temps ne venant pas ou se faisant attendre au-delà du raisonnable (et aujourd'hui n'y comptons plus), Alain distille des parutions au compte-gouttes : une préface par-ci, un poème par là, chez et pour l'ami Pierre par exemple. Et puis un jour il est temps de sortir du bois dont on fait les pantoufles. Boum ! Le Mouvement des surréalistes chez Maurice Nadeau et plus tard cette Goutte d'éternité insuffisante à noyer l'éternel chagrin. Dernier en date, encore tout chaud : La Clé est sur la porte, autrement dit pas sous le paillasson, la belle porte de l'amour, de la poésie et de la liberté, et qu'il revient à chacun d'ouvrir. Alain, « l'émancipation totale », je ne crois pas que nous soyons sur son chemin, même si tes livres, à l'égal de quelques autres, le balisent. Alors je m'inquiète et je t'interroge : es-tu un grand naïf ou l'homme des causes perdues ? Ne me réponds pas : Tu es l'homme des causes éperdues. Et tu publies tes livres pour continuer le combat au-delà de ta propre vie, n'est-ce pas ? Je te l'ai déjà dit, tu me fais penser à ce chevalier de Sacré Graal, le film des Monty Pythons, à qui ses ennemis coupent une jambe, puis l'autre, puis un bras, puis l'autre, puis finalement le torse. Alors qu'il n'a plus, qu'il n'est plus qu'une tête, il apostrophe encore ses adversaires : « Approchez, bande de lâches ! » 2  Alain, chevalier du grand surréalisme, roi du jeu de mots, champion des titres à tiroir, serviteur de la poésie, chaque jour de soleil - et ce 26 mars 2016 en est un - me rappelle ta définition du zénith : le zénith, c'est quand l'ombre tombe dans l'arbre...
Allez, je te laisse le mot de la fin avec une de ces dédicaces joyeuses dont tu as le secret et qui orne mon exemplaire de Treize à table + deux : «  Puisque nous sommes encore vivants, autant en profiter pour se congratuler ».

F.-R.S.


1 Ici, lors de la lecture, intervention d'Alain : «  Alain Stant-Même... »
2 Ici, nouvelle intervention d'Alain pour restituer entièrement la phrase : «  ... que je vous morde ! »



๑ ๑

François-René Simon, poète (a publié Pari Mutuel aux éditions Fata Morgana) et écrivain. Prend contact avec André Breton en 1965 et publie ses premiers poèmes dans la revue surréaliste L'Archibras. Journaliste à Jazz Magazine et à Muziq. Défense du souvenir et de l’œuvre du poète Stanislas Rodanski 1927-1981 : «  Requiem for me  », roman de S. Rodanski, 1952, frontispice de Jorge Camacho, présenté par François-René Simon, éditions des Cendres, 2009 ; «  Substance 13 », édition établie et présentée par François-René Simon, éditions des Cendres, 2013 ; Stanislas Rodanski par François-René Simon pour son édition de « Je suis parfois cet homme », collection « Blanche » aux éditions Gallimard, 2013.



- ◘ - ◘ -



R A P P E L




~ Guy CABANEL ~





 Guy Cabanel « 26 MARS 2016 » extraits de poèmes, Collection de l'umbo, mars 2016 et bibliographie → compte rendu ici




~ Alain JOUBERT ~





 Alain Joubert, « De quoi la poésie est-elle le nom ? », LA QUINZAINE LITTERAIRE 1046. Editions Maurice Nadeau - 1er au 15 OCTOBRE 2011 → compte rendu ici


Et aussi :
« Alain Stigateur » du Cerceau . . . Revue bi-mensuelle parue en 1994-1998.




Revue LE CERCEAU n°1, Juillet 1994

Le cerceau fait l’important, Alain Joubert ; Arbitraires & Petit lait, Nicole Espagnol ; Variations saisonnières, Pierre Peuchmaurd ; Je me comprends, Anne-Marie Beeckman ; Assiduités, François Leperlier ; Sentinelles, Jean-Paul Chavent ; Le poil de la bête, Alain Joubert ; Dommage que, François-René Simon.

• Alain Joubert, Le mouvement des surréalistes ou le fin mot de l'histoire. Mort d'un groupe, naissance d'un mythe, Editions Maurice Nadeau, 2002

• Alain Joubert, Une goutte d'éternité, Editions Maurice Nadeau, 2007

• Alain Joubert, La clé est sur la porte. Pour le Grand Surrréalisme. Fragments désordonnés d'un impossible manifeste, Editions Maurice Nadeau, mars 2016


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire