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mercredi 6 juillet 2016

Joël GAYRAUD, « Virginia TENTINDO », EMPREINTES N° 27, Revue d'art et de littérature, Printemps 2016



Couverture, Sculpture de Virginia Tentindo ©


• Empreintes n°27 – Printemps 2016 – 8 euros
• Abonnement 4 numéros : 30 euros

Éditions de l'Usine
102, Bd de la Villette
75019 Paris

CONTACT : Claude BRABANT → 01 42 00 40 48

COURRIEL / e-mail : brabant.claude/ / noos.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


SITE des éditions et de la galerie d'art → ici


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Le poète et critique d'art Joël Gayraud présente les sculptures à la force imaginative captivante de la talentueuse artiste surréaliste Virginia TENTINDO.
Huit photographies d'œuvres de cette artiste illustrent ses propos.

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Virginia TENTINDO


     Sur les hauteurs de la ville, à la tombée du jour, j’ai rencontré, dansant sur la corde, une fille de la Pampa. Je lui ai demandé mon chemin. «Suis-moi» m’a-t-elle dit en retombant sur le sol, et elle m’a pris par la main. Elle m’entraîne aussitôt dans un labyrinthe de ruelles, éclairées du seul sourire de l’alphabet, et au bout de quelques voltes et arabesques, nous parvenons au parvis des Innocences. Dans l’ombre des cours s’ouvre une porte haute d’où s’échappe un murmure de tango. Je franchis le seuil et, sous une lumière d’hémisphère sud, se dessinent les totems d’une nouvelle création sans tabous : Le singe d’une nuit d’été, quand le verbe se fait sexe, la Lionne callipyge au corps serpentin, l’Arbre de vie coiffé de la tortue qui gagne toujours, La femme au cul double, exhibant fièrement sa croupe intérieure, La spirale danseuse et l’amplification illimitée des fantasmes, le Lièvre circulaire où sonne le gong des jours et des nuits, la Mort au doigt pointé sur l’anus voyeur. Aveuglé par tant d’évidences, mon œil se fait main pour mieux voir : je soulève comme un capuchon la tête du Chat d’Octobre pour éveiller l’Ève païenne éclose en son corps comme une fleur ; et du Rêve sous le figuier à Ci-gît le verbe, je caresse la peau de satin de la terre cuite, la patine soyeuse du bronze étrusque, le velours glacé du porphyre. À chaque station, la fille de la Pampa raconte les ciseaux et la matière, les moules et les prototypes, les engobes et la cire perdue, et le ponçage et le lissage, et les blocs de pierre arrachés à la montagne par delà l’Océan.



© Virginia Tentindo, Sculpture

     Tout en me laissant toucher du regard et contempler avec mes doigts, la fille de la Pampa se remet à danser sur le tropique du Capricorne.

    Née à Buenos-Aires en 1931, Virginia Tentindo expose ses premières sculptures à 16 ans, ouvre une galerie d’art à 18 et se lie avec les surréalistes argentins – disciples du peintre Batlle Planas – Juan Andralis, Julio Silvia et Victor Chab. Elle part pour Paris en 1953 où elle travaille comme maquettiste, graphiste, illustratrice de livres. Pour le cinéma, elle reconstitue, sous forme de figurines, le Sacre de Napoléon dans le film d’Abel Gance Austerlitz et confectionne la poupée brûlée par l’héroïne de La Fiancée du pirate que réalise son amie Nelly Kaplan. Elle revient à la sculpture dans les années 1970 et, dans ses ateliers du Bateau-Lavoir à Montmartre et de Pietrasanta en Toscane, elle produit une œuvre placée sous le double signe de l’érotisme et de l’onirisme. Son imaginaire fait fond sur les matières les plus indociles – le bronze, l’argile, le marbre – et se déploie dans les directions les plus diverses. Depuis les grandes sculptures, dont certaines mobiles et à transformation, jusqu’aux bijoux finement ciselés en passant par la fabrication de livres objets à tirage bibliophilique, Virginia maîtrise avec un égal bonheur toutes les techniques de la surface et du volume. Son œuvre a été présentée dans plusieurs expositions individuelles et collectives en Europe et dans le monde, comme à Bochum en 1993, lors de l’inauguration du Musée de l’érotisme à Paris en 1997, à Florence en 2011 et à Tokyo en mars 2016. En dépit – et sans doute à cause – de sa grande discrétion, elle est aujourd’hui reconnue comme une créatrice de première grandeur dans la constellation surréaliste des cinquante dernières années.

Joël Gayraud





ALLER PLUS LOIN AVEC Virginia TENTINDO : Film (52’) ''Virginia Tentindo, Minimes innocences'', Jean-François RABAIN présentation, Fabrice MAZE réalisateur → ICI





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R A P P E L



Dans la Collection de l'Umbo, (Série grand format), Joël Gayraud a publié le beau recueil de poèmes OCELLES, accompagné de dessins de Virginia Tentindo.

Exemplaire tiré sur papier Rives : 15 euros (+ 3 euros pour les frais de port)

TOUTE COMMANDE ET CORRESPONDANCE :

Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse

COURRIEL / e-mail : jeanpierreparaggio // yahoo.fr

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ALLER PLUS LOIN AVEC Joël Gayraud membre du groupe surréaliste de Paris depuis 1996 ; poète ; essayiste ;  contributeur à plusieurs revues ; traducteur d'auteurs italiens majeurs ; critique d'art et créateur d'objets  ici (bibliographie)

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► S O M M A I R E   C O M P L E T  EMPREINTES N° 27 → ici

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