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lundi 25 juillet 2016

Joël GAYRAUD, Virginia TENTINDO, et GROUPE SURRÉALISTE de PARIS, « Hommage à André BRETON », Revue Peculiar Mormyrid N°3, printemps 2016





Revue Peculiar Mormyrid N°3, printemps 2016

SITE INTERNET → ICI


Il est possible de se procurer le contenu de la revue, sous deux formes, par l'intermédiaire du site Lulu.com :
Peculiar Mormyrid Issue 3, édition imprimée en couleur, y compris l'hommage à A. Breton, Couverture souple (voir ci-dessus), 180 Pages, Prix : 27,10 € (HT) → ici

Pas Un Cadavre : 50 Years Since the Death of André Breton, édition imprimée de l'hommage à Breton (seul), en noir et blanc, Couverture souple (voir en fin de l'article), 72 Pages, Prix : 7,50 € (HT) → ici

°

La revue américaine Peculiar Mormyrid, inscrite dans la mouvance surréaliste internationale, a sollicité, pour le contenu de son troisième numéro, 61 participants de 15 pays à travers le monde afin de rendre un hommage à André Breton à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition.

Parmi les contributeurs, Joël Gayraud membre du groupe surréaliste de Paris et poète, et Virginia Tentindo sculpteur, ont souhaité honorer la mémoire du poète en proposant, pour le premier : un texte sur le rêve et un autre sur le hasard objectif, thèmes chers à André Breton. Pour la seconde : l'apport de sa sculpture, illuminée d'érotisme raffiné, L’angle du bac présentée par une critique efficacement sensible et enlevée de J. Gayraud.

Les membres du groupe surréaliste de Paris ont offert aux lecteurs le poème « André Breton et les météorites, même ».


 ◘ 


~ Joël GAYRAUD ~


Rêve de la nuit du 22 au 23 novembre 1979


Je me vois endormi, allongé sur un lit installé dans une sorte de corridor. En face de moi, sur la paroi opposée, se trouve un meuble aux allures de vitrine, faiblement éclairée, comme dans un musée. À l'intérieur sont présentés quatre objets sur de petits socles, objets que j'affirme être des masques en bronze. Ces masques ont l'aspect de griffes couvrant le bas du visage et me font immédiatement à penser à ce « descendant très évolué du heaume » qu'évoque André Breton dans L'Amour fou. Ils sont répartis par paires : deux petits dans la partie inférieure de la vitrine; en haut, deux grands.
Surviennent alors un homme et une femme, que, semble-t-il, je connais, qui sont peut-être même des amis, mais dont l'apparition me cause une certaine angoisse. Je fais semblant de dormir. En passant devant la vitrine, ils prennent chacun un des deux grands masques, sans ouvrir la vitre, devenue soudain absente. Ils sortent.
Quelque temps plus tard, ils reviennent en sens inverse. Ils me tâtent le corps en passant. Je saisis de mes mains leurs avant-bras, que je serre de plus en plus fort. Je me réveille en tenant mon sexe, flasque, entre les doigts de la main gauche.

*

Constat de hasard objectif


Au matin du 3 juin 2014, j’ouvre ma messagerie et découvre un courriel m’apprenant le décès d’Étienne Leperlier. Étienne, que je connaissais assez peu, ne l’ayant rencontré qu’une fois à Conches et une autre fois à Paris au vernissage d’une de ses expositions, était maître-verrier. Il était l’un des sculpteurs sur verre les plus renommés actuellement en France. Mais avant tout, à mes yeux, il était le frère de mon ami François Leperlier, poète surréaliste, connu pour sa redécouverte de l’œuvre de Claude Cahun, à laquelle il a consacré plusieurs volumes qui font autorité. J’ouvre ensuite le courriel que m’envoie chaque jour, comme à des centaines d’abonnés, le site André Breton : tous les matins, vers 6 heures, je reçois une image ou un document dont le choix, opéré par une machine, est totalement aléatoire. Aujourd’hui le hasard choisit de m’envoyer un manuscrit, écrit sans doute par Pierre Naville et annoté par André Breton, sur Francis Picabia. La première phrase qui donne son titre au texte me saute aux yeux comme un rappel de la triste nouvelle que je viens de recevoir : « Verrons-nous le retour des verreries ? ».

Joël Gayraud


~ Virginia Tentindo ~


Sculpture en hommage à André Breton


L’angle du bac





Elle émerge des plis de la vague, Mélusine après le cri, elle écoute aux coquillages, à droite le chant de l’oiseau phénix et de la baleine bleue, à gauche les battements de cœur de l’amour. Devant elle, tenu par la main aux lignes d’air, s’ouvre le livre de la connaissance de ce qui fut et de ce qui sera, tandis que l’autre main, aux lignes de feu, la fait jouir. Et rugissant sous la vague, drapé de la peau des ondes, veille le lion vert des transmutations philosophales.

Joël Gayraud



ALLER PLUS LOIN avec Virginia Tentindo et Joël Gayraud : EMPREINTES N°27 (revue d'art et de littérature) où le poète et critique d'art Joël Gayraud présente les sculptures à la force imaginative captivante de la talentueuse artiste surréaliste Virginia TENTINDO. Huit photographies d'œuvres de cette artiste illustrent ses propos. → article ici




~ GROUPE SURRÉALISTE de PARIS ~


André Breton et les météorites, même







Couverture, Pas Un Cadavre :
50 Years Since the Death of André Breton → ici


André Breton n’est jamais revenu sur lui-même que pour aller plus loin
Plus profondément plus complètement
Alors que pourront dire et faire ceux qui ne l’ont pas connu ?
Dire ce que disent les fleurs aux volcans les coquillages aux arbres
Les horloges de sable aux abysses entourant l’île de Pâques
Et reviendront encore une fois les cambrioleurs d’idées fixes
Mais lundi matin je trouve une pierre noire avec des yeux plus noirs encore
imprimés dessus
Et jeudi soir encore une autre pierre noire
Avec les yeux noirs de la sœur de la première
Je parcours en état de somnambulisme lucide
Les rues d’un quartier illuminé de lanternes magiques
Et dans cet éclairage mouvant m’apparaît la femme de feu
Prête à l’aimer à l’idolâtrer
Subjuguée par le front altier la bouche charnue et calme
Comme un lion loin de sa proie
Qui tend ses pattes vers le soleil de midi
Pour réaliser le grand écart
Avec l’assurance bien connue du témoin de l’histoire renversée
Parmi les objets primitifs dont les orbites vides luisent
Dans la pénombre du fantôme d’appartement récemment dévasté
Le vent agite sa couronne de cheveux fous
L’œil perçant cloue sur place le Rocher Percé
La mer dissout lentement la falaise lointaine
Sous la lumière intense et énigmatique
Du signe ascendant l’Etoile Belphégor
Qui nous attire dans son champ magnétique érotique
En ces lieux confins de toutes choses
Où les aurores boréales
Projettent leurs reflets dans des cimes infinies
Tandis que des mollusques manchots
Cherchent à se faire entendre malgré l’orage
Des derniers chasseurs à cheval dans les fonds de citerne
Raclés à grands coups de truelle
Par des maçons portugais
Entraînés par la mélopée obsessionnelle et envoûtante
Récitée rythmiquement par une vendeuse
D’épingles à cheveux
Accompagnée de ses chiens
Qui dévorent les crânes en sucre à la devanture
Des épiceries mexicaines dévalisées dans la foulée
Par les fantômes de Villa et Zapata réconciliés
Les mains pleines de guacamole
Essuyées sur les pantalons rouges
Et les lèvres juteuses criant victoire
Ces mêmes lèvres connaîtront bientôt l’expression millénaire
Et toutes les rimes qu’elle engendre
Le tout au rythme du métronome géant
Et aussi selon le rite des Elus Cohen débarquant en Nouvelle-Guinée
Certain jour de janvier 1713 la reine avait perdu sa marotte d’albâtre
Dans le panier d’osier qui résiste encore et toujours aux bombardements de météorites.

1er – 8 mars 2016

Elise Aru, Anny Bonnin, Claude-Lucien Cauët, Alfredo Fernandes, Joël Gayraud, Guy Girard, Michaël Löwy, Ana Orozco, Jean-Raphaël Prieto, Pierre-André Sauvageot, Michel Zimbacca,


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Accès aux contributions des autre participants (poètes, écrivains, artistes, etc.) à ce numéro 3 de la revue PECULIAR MORMYRIDici


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