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vendredi 17 juin 2016

Régis GAYRAUD, ET MES MOI L'UN APRÈS L'AUTRE DÉCROCHENT, Collection de l'umbo




Régis GAYRAUD, ET MES MOI L'UN APRÈS L'AUTRE DÉCROCHENT, recueil de poèmes avec une gravure couleur « Le Message » de Bruno MONTPIED, Série Passage du Sud-Ouest, Collection de l'umbo, 5 euros (franco de port)


Commande et toute correspondance :

Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse


Courriel/Mail : jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


SITE COLLECTION DE L'UMBO → ici


₪ ₪


Sous forme d'un intense envoi, Régis Gayraud avec « ET MES MOI L'UN APRÈS L'AUTRE DÉCROCHENT » nous décoche un bel et riche flux focal '' Je est moi, Je est mille autrui ''. 

C'est au fond l'éloge d'un dire emperlé du nu aux nus, seul au guichet de son noyau pèlerin.

«  Avec pour seul viatique
        un coin de cavité crânienne
        où son nom s'acclimate
        je me bricole le guide touristique
        d'un cloaque où elle ne m'attend pas. »

Voyage au bout d'un avant et d'un après infinis pour en suivre le mouvement aux racines convulsivement mortelles et en souffrir son pendant. 

«  De bicoque en bicoque à quérir Charon
       j'avance écluse après écluse
   soignant des avaries, colmatant des scrupules.
       Je suis mon propre nocher
       sur l'étroit canal noir. »

Petite suite des lèvres à leur journal de traverse où se casent les flammèches d'une forêt verticale.

« Je lève des feuilles mortes tremblantes comme des perdrix.
       Sur chaque rémige s'agite un mirage,
       à chaque pétiole s'attache une phrase
       toute stipule est une plume rompue
       où bave une humeur de seiche. »

Dans la voix des moi, l'éloquent ''rouler sa bosse'' est modulé d'appels aux rayons des routes pour, sur chaque fil du temps, causer à la vitalité des retours d'éveil.

« Les signes délavés glissent au flanc du talweg
       des grimaces potagères
       et du qu'en dira-t-on
       sur qui j'ai lancé un grand cantilever
       long de trois décennies. »

La plaie est au salin du baiser de la mémoire. Suit le ballet des exclamations contre les loups du destin.

« Le vieux fusil des illusions
       se réarme sous mes doigts d'aveugle
       le chien levé, la hausse à cent.
       Que le plomb fasse le tour du globe
      pour venir doucement mourir sur mon dos. »

Comme une douche sur les eaux glissent des naissances d'anatomies blessées, aux épaules de phare.

«  Comme une idée dans un vieux cerveau
      je me fraie des passes où les clams s'égarent
       et j'entends le soupir des valvules
       qui ont perdu la boussole
       et rêvent de chlorure de sodium.

Je m'enfonce sous les contours givrés
       d'ogives où gîtent les gypaètes
       prêts à fondre sur l'effaré.
       Ma chimère est debout derrière
       droite comme un miroir fascinante aussi. »


Vanter l'escampette, sa poudre turbulente en tempos d'ongles frais et de trains des dents.

« J'épluche lune après lune
Anneau après anneau
Le grand oignon du temps.
[…]

Je croque le cristal
Des souvenirs d'ivresse »

Malaxer la Langue avec les pas écarlates, sa face levée vers le sexe passionnel. L'un derrière l'autre, mots-mouillettes avec les lettres bruyantes de la faille plurielle.

« Les sinuosités des lacets de ses bottes
Me font signe de les suivre
Dans l’arsenal de stupidités sensuelles
Où j’aspire à une place d’essayeur. 

Je sue ma semence d'assoiffé
Au son des sirènes
J'expulse mille pulsions de supplices,
[…]

Chaque matin face au miroir
Je décolle du bord de mes yeux
Les plumes poisseuses de l'ange de la mort
Qui s'est cogné la nuit aux murs de ma chambre.

Chacun sa coquille
Son bloc de glace son ruisseau de lave.
[…] »

Il ne faut jurer que par l'émulsion d'une peau en fugue donnée à voir gazeuse dans ses apparats à la forme de l'âme et du corps.

«  Une amante un vautour
Un amour un volcan
[…]

Je veux des désirs fluides
Comme des robes de gaze
Des gulfstreams de fourrure
Une guipure de muqueuses.»


Pour s'épancher : pas d'ouverture aux jolis rossignolets mais gloire aux plaintes vers les ferments ciselés de la vie fragile : cette onde sur l'abîme de la disparition universelle.

«  Tu disparaîtras.
Tu n'es déjà plus là.
Un dernier cercle sur l'eau
le caillou est déjà au fond
un genou blanc
qui s'estompe dans le noir. »
 
A l'horizon définitif, les disparus se muent en des récitants de leur propre temps débutant :

« […]
Souvenez-vous de nous
de […]
nos cœurs éperdus
qui ne battent plus. »

Curiosité au viseur de la lampe, une étonnante gravure modifiée de Bruno Montpied ouvre le recueil de poèmes.


© Isabelle Dalbe


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Régis GAYRAUD



Régis Gayraud, avec ce recueil publié dans la Collection de l'Umbo, et annoncé sur le site dédié au surréalisme international, poursuit une œuvre poétique inédite.
En 2013, Bruno Montpied, animateur du site « Le poignard subtil » soulignait, à juste titre, la qualité poétique de l’œuvre inédite de Régis Gayraud, en publiant un de ses poèmes → article ici

Ce poète, qui publie dans des revues (Recoins ; revues & feuillets de l'Umbo ; etc), s'intéresse également à l'art brut.

Régis Gayraud est aussi professeur de langue et littérature russes. Il est le spécialiste du poète, historien d'art et éditeur russo-géorgien Ilia Zdanevitch, dit Iliazd, qu'il a traduit en français et édité en langue originale à Moscou. Il lui a consacré une thèse de doctorat et dirige, depuis 1990, la rédaction des Carnets de l'Iliazd-Club, revue savante à comité de lecture international, et à publication irrégulière (8 numéros parus).

Il a contribué à organiser en Russie, en tant que conseiller scientifique, une première exposition consacrée à Iliazd « ILIAZD, LE XXe SIECLE D’ILIA ZDANEVITCH » (Musée National des Beaux-arts Pouchkine de Moscou, 14 décembre 2015 - 14 février 2016), qui comportait un grand nombre de documents inédits récemment découverts dans les archives françaises et russes, et la collection complète des livres du poète-éditeur.
Il s'est agi de la plus complète exposition Iliazd organisée à ce jour depuis l’exposition du MNAM Centre Pompidou en 1978 → article ici

Régis Gayraud a publié en 2015 l'ouvrage " Iliazd en portraits et en dessins ", Moscou, 2015 - Éditions Guiléia /Iliazd-Club, 188 p. , 99 illustrations.

Régis Gayraud est l'auteur de nombreux articles sur les relations entre l'avant-garde russe et l'avant-garde parisienne, l'émigration russe en France, d'ouvrages sur l'histoire de l'art russe du xxe siècle.
Il a traduit des œuvres de Boris Savinkov, Vladimir Maïakovski, Igor Terentiev, Kasimir Malevitch, Michel Larionov, Alexandre Vvedenski, Andreï Dmitriev, Mark Kharitonov, Valeri Iskhakov.


► Aller plus loin avec Régis GAYRAUD → ici et ici

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