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lundi 12 octobre 2015

Exposition « Surréalistes, certes », Galerie Michel Descours, LYON, en partenariat avec L'URDLA (5 mars au 20 juin 2015), et Catalogue de l'exposition



~ L'EXPOSITION ~


« Surréalistes, certes »


5 mars au 20 juin 2015

Galerie Michel Descours
44 rue Auguste-Comte
69002 LYON

contact//galerie-descours.com
(COURRIEL/MAIL : remplacer // par le signe @)

téléphone : +33 (0)4 72 56 75 97

horaires d’ouverture : du lundi au samedi
de 9h30 à 12h et de 14h30 à 19h




Jorge Camacho, Le Roitelet,
1977, huile sur toile, 146 x 97 cm
Galerie Michel Descours (Lyon)


L'exposition "Surréalistes, certes" a été réalisée en partenariat avec l'URDLA - centre international estampe & livre (Villeurbanne).

Aucune grande exposition n'avait été consacrée à Lyon, au Surréalisme, depuis “Armes et bagages” chez Verrière en 1975 et “Permanence du regard surréaliste”, à l’Elac en 1981.


Exposition “Armes et bagages” Galerie Verrière, Lyon, du 15 mars au 2 mai 1975 : Robert Guyon, compagnon de route d’André Breton dans les années 60 et fondateur du groupe Ekart des Surréalistes lyonnais, organisa cette exposition avec Bernard Caburet, Georges-Henri Morin et Max Schoendorff.



A propos du Catalogue « Armes et Bagages »,
consacré à l'exposition de 1975


A propos de cette exposition : Catalogue ci-dessus de Bernard Caburet, Robert Guyon, Bernard Jund, Georges-Henri Morin et Max Schoendorff.


* *


Exposition "Surréalistes, certes" du 5 mars au 20 juin 2015 : la galerie Michel Descours a proposé cette 'importante exposition sur la permanence du regard surréaliste en faisant se rencontrer des pièces historiques de membres du groupe surréaliste, des œuvres d’artistes qui ont gravité autour de la sphère surréaliste ou dans ses marges, puis des travaux d’artistes contemporains qui prolongent aujourd’hui l’esprit surréaliste.

90 oeuvres de 26 artistes exposés : Hans Bellmer, André Breton, Jorge Camacho, Fred Deux, Oscar Dominguez, Max Ernst, Wilhelm Freddie, Gilles Ghez, Robert Guyon, Marcel Jean, Wifredo Lam, Emile Malespine, Pierre de Maria, André Masson, Henri Michaux, Pierre Molinier, Georges-Henri Morin, Daniel Nadaud, Christian d’Orgeix, Bernard Pruvost, Jean Raine, Guy Roussille, Max Schoendorff, Jean-Claude Silbermann, Jindrich Styrsky, Raoul Ubac, Yo Yoshitome.



~ Présentation par la Galerie DESCOURS ~



[…] Ce printemps, nous poursuivons notre engagement en faveur de la création contemporaine avec l’exposition “Surréalistes, certes”, composée d’environ quatre-vingt-dix oeuvres de vingt-six artistes, qui permettra d’interroger la permanence du regard surréaliste. Sans l’avoir prémédité – est-ce le hasard objectif ? –, nous la vernirons presque quarante ans jour pour jour après l’exposition “Armes & Bagages”, organisée à la galerie Verrière (Lyon) en 1975, qui rassemblait des artistes souhaitant prolonger les activités surréalistes après la dissolution du groupe de 1969. En 1981, toujours à Lyon, le poète et critique d’art Edouard Jaguer (1924 –2006) présentait à l’Espace lyonnais d’art contemporain (ELAC) “Permanence du regard surréaliste” qui mettait en relation le surréalisme historique et la constellation surréaliste de l’après-guerre, mais qui s’ouvrait également abondamment, conformément à l’esprit du groupe Phases, à des artistes n’entretenant qu’un lien éloigné ou épisodique avec le surréalisme. A distance, notre ambition est aujourd’hui d’observer de quelles façons le surréalisme surgit ou s’exprime encore, en dehors de tout mouvement structuré et à travers des formes hétérogènes. Le texte inédit de Jean-Claude Silbermann, Le Rouget vert, embrasse de nombreux enjeux sous-jacents dans notre exposition : le rôle de rassembleur d’André Breton, la dissolution du groupe après sa mort, puis les dissensions, la pérennité de l’esprit surréaliste qui passe par une attitude, un engagement, détachés des cadres historiques. Dans son Histoire du surréalisme, Maurice Nadeau déclarait : “L’état d’esprit surréaliste, il vaudrait mieux dire : le comportement surréaliste, est éternel. Entendu comme une certaine disposition, non pas à transcender le réel, mais à l’approfondir.” Puis il prolonge son propos en citant Breton : “Héraclite est surréaliste dans la dialectique… Lulle dans la définition… Baudelaire dans la morale… Rimbaud dans la pratique de la vie.”

“Surréalistes, certes” Ne suivant ni un parcours chronologique ni une logique véritablement thématique, l’exposition qui se déploie dans nos deux espaces propose des jeux de résonances entre des peintures, des dessins, des estampes, des livres, ou des photographies des années 1920 à 2015. Des rapprochements audacieux permettront d’aborder les questions de l’automatisme ou de l’érotisation des corps, des techniques comme la décalcomanie, ou des jeux surréalistes, tels que le cadavre exquis (Margot Taupin). Plusieurs ensembles monographiques articulent également le corpus : Jean-Claude Silbermann présente un ensemble de pastels de la fin des années 2000, deux pièces découpées et Le Roi des arts, une œuvre à secret réalisée pour l’exposition ; par ailleurs, l’accent est mis sur Jorge Camacho (1934-2011) avec des totems sur papiers et des peintures des années 1970 introduites par un essai de Maxime Morel. Nous avons également choisi de valoriser les revues, médium essentiel à la diffusion des œuvres et des idées surréalistes, de Minotaure qui publie pour la première fois en 1936 la Poupée de Bellmer aux revues des années 1950, Médium et Le Surréalisme, même, objet de l’essai de Jérôme Duwa. Enfin, nous considérons la situation du surréalisme à Lyon en évoquant le groupe L’Ekart et en réunissant des estampes et livres illustrés et édités par l’URDLA (Gérard Roche).

Source article, Galerie Michel DESCOURS → ICI



~ ARTICLE de Jean-Emmanuel Denave ~



A la galerie Descours, un érotisme surréaliste



"Surréalistes, certes" à la galerie Michel Descours. La galerie Descours présente une très belle exposition consacrée au mouvement surréaliste, réunissant une trentaine d'artistes (André Breton, Max Ernst, Wilfredo Lam, André Masson, Henri Michaux, Raoul Ubac...). Nous ne retiendrons toutefois que deux d'entre eux, Hans Bellmer et Pierre Molinier, aux œuvres érotiques particulièrement remarquables.


[...]

Les mannequins peints par De Chirico, les jeux d'enfance avec sa cousine Ursula, l'univers de son ami Georg Grosz, la redécouverte d'une vieille caisse de jouets (où se trouvaient des poupées désarticulées) sont encore autant d'éléments qui vont faire basculer l'artiste, au début des années 1930, d'une peinture héritée de la "Nouvelle Objectivité" allemande vers la composition d'une poupée de taille humaine, objet de tous les fantasmes, de toutes les torsions, de toutes les métamorphoses érotiques, perverses et anatomiques.

La poupée qui fait OUI




Hans Bellmer, Étude pour La Philosophie dans le boudoir de Sade, 1963
une des pièces maîtresses de cette exposition
Galerie Michel Descours (Lyon)


« Le corps est comparable à une phrase qui vous inviterait à la désarticuler, pour que se recomposent, à travers une série d'anagrammes sans fin, ses contenus véritables» écrit Bellmer. Á travers de nombreuses photographies, il donne à voir des mises en scène et des postures de son inquiétante Poupée, de ce corps-phrase soumis à de provocatrices transgressions grammaticales et plastiques. Sens dessus dessous, jambes par-dessus fesses, croupe devenue visage, La Poupée est enceinte sur le tirage argentique de 1938, rehaussé d'un jaune sulfureux, présenté à la galerie Michel Descours.

Dans les années 1940, l'oeuvre de Bellmer s'étoffe encore avec d'incroyables dessins, «d'une finesse, d'une sûreté incomparables, où se retrouvent la main de l'ancien dessinateur industriel et l’œil de l'admirateur d'Altdorfer, de Dürer» note Gaëtan Picon dans son Journal du surréalisme. «Chaque fois un corps féminin s'ouvre, se démultiplie comme une fleur effeuillée d'une main cruelle, se noue et se convulse comme fuyant ou appelant une torturante jouissance ; ou bien c'est un couple soudé sur la roue de son étreinte, transformé en une créature androgyne, divinité mythique sur laquelle se lisent toutes les métamorphoses du désir.»

Sa croupe outrageusement offerte au regard du spectateur à la galerie Descours, une jeune femme aux yeux clos présente une coiffure torsadée de scènes érotiques les plus crues. La Chevelure de Baudelaire semble pourtant bien prude (et pourtant !) devant cette étude pour La Philosophie dans le boudoir de Sade dessinée en 1963. Irréalistes, fabuleux, fantasmatiques, les dessins de Bellmer expérimentent à l'infini ce que l'artiste désigne comme le «scandaleux».


Nœuds de vipères



Pierre Molinier, Le Temps de la mort, 1962
Galerie Michel Descours (Lyon)

«Le monde sexuel écrit André Breton, en dépit des sondages entre tous mémorables que dans l'époque moderne y auront opérés Sade et Freud, n'a pas, que je sache, cessé d'opposer à notre volonté de pénétration de l'univers son infracassable noyau de nuit». Noyau ébréché cependant par Hans Bellmer, puis par l'un de ses héritiers, tout aussi sulfureux, Pierre Molinier (1900-1976). De lui, on connaît surtout ses photographies et ses photomontages dont les sujets sont l'artiste lui-même travesti en femme, des mannequins, des jeux de miroirs et d'innombrables jambes féminines proliférant en tous sens...

L'ancien élève des Jésuites, destiné un temps à la prêtrise, a aussi beaucoup composé de grands tableaux sombres où les corps s'entremêlent dans la lubricité. «Peintures de mantes disloquées, plurales, composites, emmêlées et communicantes, formant des nœuds de vipères ou des systèmes d'infatigable rotation» comme les décrit avec talent Robert Benayoum. Dans un encadrement d'yeux inquiétants, d'êtres informes et de caresses irisées de plumes de paons, deux êtres s'accouplent dans une grande complexité de membres sur la toile Le Temps de la mort, composée en 1962. «Pour moi ce tableau est un acte de foi... un culte de la volupté» précise Molinier. «La volupté qui se rapproche si bien de la béatitude de la mort.»

Jean-Emmanuel Denave, Petit Bulletin n°794, 21 avril 2015 → ICI



~ ARTICLE de Fabien Giacomelli ~


Le Surréalisme court toujours 

à la galerie Michel Descours et à l’URDLA





Wifredo Lam, Sans titre, pastel sur papier, vers 1972.
Source : Facebook GALERIE DESCOURS

Depuis 1924 et le Premier Manifeste du Surréalisme rédigé par André Breton, le mouvement artistique et littéraire (dissout officiellement en 1969) conserve une influence vivace jusqu’à nos jours. Comme l’indique Jean-Claude Silbermann (peintre et écrivain né en 1935) qui fréquenta Breton à la fin des années 1950, le Surréalisme est d’abord et avant tout un état d’esprit, le partage d’un même « tourment d’être au monde et de devoir un jour le quitter ». Et Silbermann voit par exemple dans les happenings politiques des « Pussy Riot » une continuation possible des provocations et des prises de position surréalistes…

L’artiste exposé aux côtés de Daniel Nadaud à l’URDLA fait aussi partie des 25 artistes présentés actuellement à la galerie Michel Descours, Surréalistes de toutes générations et de tous bords. On y retrouve quelques figures historiques comme Max Ernst, André Breton lui-même, André Masson, Henri Michaux, Wifredo Lam, et aussi des contemporains comme Jorge Camacho et ses superbes encres colorées. L’exposition réunissant quelque 80 tableaux et dessins s’articule autour de différentes thématiques (le corps, l’automatisme, le paysage…) et regorge de petits chefs-d’oeuvre et de documents historiques (revues notamment). C’est un véritable plaisir pour les yeux et l’esprit, plaisir qui atteint son apogée avec des œuvres érotiques exceptionnelles signées Pierre Molinier ou Hans Bellmer !

Fabien Giacomelli ICI



~ ENTRETIEN AVEC Paul Ruellan ~


Visite d’exposition – « Surréalistes, certes » 

à la galerie Descours



[…] Paul Ruellan, jeune galeriste qui a participé à la création de cette exposition riche et audacieuse :

“Surréalistes, certes” ne suit ni un parcours chronologique ni une logique véritablement thématique, l’exposition qui se déploie dans nos deux espaces propose des jeux de résonances entre des peintures, des dessins, des estampes, des livres, ou des photographies des années 1920 à 2015. Des rapprochements audacieux permettront d’aborder les questions de l’automatisme ou de l’érotisation des corps, des techniques comme la décalcomanie, ou des jeux surréalistes, tels que le cadavre exquis (Margot Taupin). Nous avons également choisi de valoriser les revues, médium essentiel à la diffusion des œuvres et des idées surréalistes. Enfin, nous considérons la situation du surréalisme à Lyon en évoquant le groupe L’Ekart et en réunissant des estampes et livres illustrés et édités par l’URDLA (Gérard Roche).

[...]

- Pourriez-vous nous expliciter le titre de cette exposition, sachant qu’il a été inspiré par une oeuvre de Jean Raine (artiste qui ne se revendique pas comme appartenant au surréalisme) ?

Nous ne présentons qu’une seule œuvre de Jean Raine dans l’exposition, dont le titre exact est Surréaliste certes parfois toujours. En effet, Jean Raine n’est pas un surréaliste, mais ce qui nous intéressait dans cette œuvre est la posture d’artiste qu’elle propose : les plasticiens des années 1950-1970, pour peu qu’ils aient eu un regard vers leurs contemporains et qu’ils aient cherché à se placer dans le champ historique de l’art (certains artistes ont clairement refusé ce parti-pris), ne pouvaient que jouer pour ou contre le surréalisme, pour parler simplement. Ce mouvement a eu un tel impact dans les arts visuels et la littérature qu’il serait difficile de poursuivre un travail artistique sans le prendre en considération. (Matisse l’a fait, d’ailleurs, considérant que ses positions artistiques trouvaient leur origine dans un questionnement à mille lieues de celui des surréalistes.)
Le clin d’œil du titre de l’exposition, au-delà de la position historique qu’il suggère, était également pour nous un moyen de retrouver Jean Raine entre les murs de notre galerie qui porte une attention toute particulière à la défense de son œuvre.


Jean Raine, « Surréalistes certes, parfois, toujours », 1975
crédit photo : site artpatride


Puisque la galerie Descours s’est spécialisée dans l’art ancien, comment avez-vous trouvé et choisi les artistes exposés ?

Le fonds de la galerie a permis d’imaginer une exposition autour du surréalisme, mais il a fallu travailler avec des galeries spécialisées dans le domaine. Environ une quinzaine d’œuvres (sur un ensemble de près de quatre-vingt dix œuvres) est confiée par des confrères parisiens. Nous souhaitions pouvoir présenter un panorama qui irait du surréalisme historique des années 1920 jusqu’à aujourd’hui. Aussi avons-nous décidé de travailler avec des artistes contemporains, environ une dizaine. Avec ceux-ci, c’est une relation classique artiste/galeriste qui s’est mise en place, avec un certain nombre d’œuvres confiées. Deux artistes notamment sont très bien représentés : Daniel Nadaud et Jean-Claude Silbermann, lequel a conçu une pièce inédite pour notre exposition, Le Roi des arts. Ces deux artistes exposeront ensemble au printemps à l’URDLA à Villeurbanne : nous avons également beaucoup travaillé avec l’URDLA, spécialiste dans l’estampe et les livres d’artistes, qui prête de nombreuses pièces pour l’exposition.

- La scénographie n’est pas chronologique.Pourriez-vous expliquer ce choix ?

C’est très simple : nous avons choisi de concentrer les espaces autour de questions, plutôt qu’autour d’un propos historique. Par exemple, un espace est dévolu à la pratique du dessin : cadavre-exquis, rôle du hasard, dessin mescalinien… un autre au rapport entre désir et création dans le surréalisme, espace polarisé par deux artistes majeurs : Hans Bellmer et Pierre Molinier. Il s’agit plutôt d’affinités esthétiques, que nous définissons ou qui s’imposent d’elles-mêmes.



Cadavres Exquis, réalisés entre 1930 et 1935 
par Paul Eluard, André Breton et Nusch Eluard
crédit photo : site artpatride


- Pensez-vous que le surréalisme, en tant que « dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale » (A. Breton, Manifeste du Surréalisme) puisse encore être une forme artistique viable de nos jours ?

Pour Breton (dont nous présentons deux pièces extraordinaires), le surréalisme doit révéler le fonctionnement réel de la pensée. Il n’y a aucune raison pour que cette question n’ait plus de sens aujourd’hui, d’ailleurs de nombreux artistes s’y attachent. La question de l’automatisme est plus complexe : en effet, de nos jours cette pratique semble trop inscrite dans le surréalisme et reste donc enfermée dans le cercle de l’histoire, ce qui la dévalorise aux yeux de beaucoup. « En dehors de toute préoccupation esthétique ou morale » : oui, enfin, il serait temps que l’on revienne à ces mots de Breton, pour les prendre au sérieux aujourd’hui.

SOURCE ENTRETIEN : site artpatride → ICI



~ ARTICLE de Luc Hernandez ~


Cadavres exquis du Surréalisme à la galerie Michel Descours


La meilleure galerie de Lyon consacre une exposition majeure de plus de 90 œuvres consacrée aux beaux restes du Surréalisme. […] L’occasion rêvée pour revisiter notamment plusieurs peintres lyonnais, y compris contemporains. Sélection maison.

Vous avez dit « surréalisme » ?
Officiellement, le mouvement surréaliste serait mort avec André Breton en 1966, voilà 50 ans. Mais en faisant renaître près d’une centaine d’œuvres pour l’exposition “Surréalistes, certes” (titre d’un tableau de Jean Raine), les deux jeunes commissaires de l’exposition, Gwilherm Perthuis et Paul Ruellan, en ont ravivé l’esprit, sous toutes ses formes, qui sont nombreuses le concernant. “Le Surréalisme, c’est l’exploration des capacités paranormales de l’esprit, un athéisme inflexible et une morale du mal prenant appui sur Sade, Freud ou Lautréamont”, explique le peintre Jean-Claude Silbermann, qui expose plusieurs œuvres et a préfacé le catalogue de l’exposition. Le Romantisme du XIXe avait ouvert la voie à une parole personnelle dans l’art. Le Surréalisme s’en empare pour en faire une forme “d’enthousiasme excentrique” selon l’expression de Holderlin : une célébration des coïncidences et des rencontres entre les arts et les artistes, une mise en lumière de créateurs dérangeants, et surtout “un questionnement artistique et politique avant tout révolutionnaire”, précise encore Silbermann. La principale qualité de l’exposition à la galerie Michel Descours, c’est précisément de faire revivre cette liberté protéiforme souvent teintée d’humour. À côté des dessins originaux de Breton ou Michaux, on retrouve les peintures-sculpture de Jean-Claude Silbermann comme “Le Roi des arts” s’ouvrant comme un placard, ainsi qu’une flopée de peintres lyonnais contemporains méconnus, à l’inspiration vivace, toujours traversés par ce mouvement désormais zombi mais pas prêt de se laisser enterrer si facilement.


Max Schoendorff, Reconnaissance
Crédit photo : Article de Luc Hernandez

Max Schoendorff. Érudit comme pas deux, malicieux comme aucun, Max Schoendorff (mort en 2013) reste un grand esprit frondeur, toujours à rebours des modes sclérosées de l’art contemporain. Compagnon de route de Roger Planchon, décorateur et scénographe, il a puisé les racines de sa peinture dans le Surréalisme avant de s’en affranchir comme du reste. L’exposition “Surréalistes, certes” en montre deux facettes relativement inhabituelles. D’abord à travers une peinture de 1984 intitulée “Reconnaissance”, réinventant la dialectique du Romantisme allemand entre vision parcellaire et absorption totale. Enfin, avec un des rares pastels qu’on connaisse à celui qui fut le fondateur de l’Urdla, le Centre international de l’estampe à Villeurbanne.



Bernard Pruvost, “Dans la closerie des perditions contorsionnistes”
Crédit photo : Article de Luc Hernandez


Pruvost-AlgerIl a toujours lié peinture, littérature et musique, après avoir rédigé un mémoire réunissant Raymond Roussel, Marcel Duchamp et John Cage.[...] Pour l’occasion de l’exposition, c’est un gigantesque dessin inédit de 1952 de plus de deux mètres de large qu’il expose pour la première fois : “Dans la closerie des perditions contorsionnistes” (ci-dessus), travaillé aux encres pigmentaires. Une merveille.



Robert Guyon “La Félicité d’Ariane”


Robert Guyon “La Félicité d’Ariane”.
C’est sans doute l’œuvre la plus datée de l’exposition, au bon sens du mot : une peinture de 1975 qui marque son temps, intitulée “La Félicité d’Ariane”. Un assemblage luminescent utilisant les stromboscopes et la “lumière noire” avec laquelle a toujours travaillé ce peintre lyonnais bien vivant, compagnon de route d’André Breton dans les années 60 et fondateur du groupe Ekart des Surréalistes lyonnais. Il organisera notamment l’exposition “Armes et Bagages” à Lyon en 1975, avec Bernard Caburet et Max Schoendorff. Combinant l’assemblage de jouets en bois polychrome en relief et des moulages en plâtre en clin d’œil aux sculptures de Chirico.


Pierre de Maria n’est pas Lyonnais mais on n’est pas chauvins ! La galerie Descours est en train de constituer la principale collection de ce peintre atypique (une expo monographique est d’ailleurs prévue l’année prochaine). [...] Préférant se désigner comme un “figuratif de l’imaginaire” plutôt qu’un “surréaliste” proprement dit, il aura pourtant détourné le classicisme des dessins de Dührer dans les années 40 à 60 vers un art futuriste où restent palpables les angoisses de la guerre. Une œuvre méconnue et singulière à redécouvrir à travers trois œuvres machinales de l’exposition.

Luc Hernandez, 3 avril 2015 → ICI



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~ LE CATALOGUE ~





126 pages / éditions Galerie Michel Descours

En vente à la librairie Michel Descours : 20 euros

Librairie Michel Descours
31 et 35 rue Auguste Comte, 69002 Lyon
Tél. +33 (0)4 78 42 65 67


Catalogue publié à l’occasion de l’exposition « Surréalistes, certes » qui a été présentée à la galerie Michel Descours du 5 mars au 20 juin 2015.

Le catalogue a été coordonné par Gwilherm Perthuis et Paul Ruellan.
Auteurs des essais du catalogue : Jérôme Duwa, Olivier Lossi, Maxime Morel, Gérard Roche, Margot Taupin → PLUS ICI



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FOCUS

sur L'oeuvre artistique

de Georges-Henri Morin


Sa découverte du surréalisme en 1965 oriente nombre de ses rencontres et amitiés. Il a participé, en tant que poète et artiste, au BULLETIN de LIAISON SURRÉALISTE (1970-1976), et SURRÉALISME (1977) aux côtés de Guy Cabanel, Vincent Bounoure, Bernard Caburet, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum, Robert Lagarde, Joyce Mansour, Mimi Parent, etc.
De 1994-1998 : quelques textes dans LE CERCEAU aux côtés d'Alain Joubert et de Pierre Peuchmaurd

Georges-Henri Morin, déjà présent à l'exposition “Armes et bagages” Galerie Verrière, Lyon, du 15 mars au 2 mai 1975, dont il fut aussi un des organisateurs et un des auteurs du catalogue de cette exposition, était également de l'exposition "Surréalistes, certes" du 5 mars au 20 juin 2015 où il a présenté, entre autres, de belles gravures sur japon nacré de la série «Les Compte-fils ».





« LES CRÉATURES . . . Gare à vos doigts, attention à vos cœurs – les créatures de Georges-Henri Morin piquent, et pas seulement la curiosité. Elles griffent, elles mordent; certaines agitent des fouets de verre, des jouets de fer. Elles-mêmes, on dirait qu'elles ne saignent jamais, ou bien de froids cristaux d'absolu millimétrique.
Vous les croisez, elles ne vous croisent. Vous les regardez, elles ne vous regardent pas. Cela inquiète la chair, les raisons de la chair; ça tourmente toute raison. Cette élégante boucherie se fait dans un silence où vous ne vous entendez pas crier. Les créatures mandibulent. Vous crissez comme un aigle que rongent les fourmis blanches. Au millimètre. »

Pierre Peuchmaurd, à propos des dessins de Georges-Henri Morin 


*

« Les Compte-Fils » est aussi le titre de l'ouvrage poétique de Georges-Henri Morin, accompagné d'eaux-fortes :
« . . . Nous sommes au cœur d'une manière poétique très singulière où Georges-Henri Morin rend l'ellipse palpable, le non-dit aveuglant et la perspective capricieuse. Cela s'appelle Les Compte-Fils, et c'est accompagné d'un portefolio de huit eaux-fortes dues à l'auteur, car Georges-Henri Morin est également un rigoureux peintre / dessinateur »  
Alain Joubert, La Quinzaine littéraire

► Compte-rendu du livre «Les Compte-fils », éditions URDLA → ICI



◘ A VOIR : «  Haut cadavre exquis » : une Lithographie / vélin de Rives de Marc Melzassard en collaboration avec Georges-Henri Morin et Max Schoendorff → ICI



DESSINS de Georges-Henri MORIN

ILLUSTRATIONS D'OUVRAGES DE POÈTES



° À l'enseigne des Éditions de SURCROÎT °


c/o Georges-Henri Morin
28 rue de l'Annonciade
69001 LYON

COURRIEL / e-mail : ghmorin // numericable.fr
(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


• LE SECRET SECRET, Laurent Albarracin, 2006

• ALICES, Pierre Peuchmaurd, 2008

• HISTOIRE du MOYEN ÂGE, Pierre Peuchmaurd, 2009 → compte-rendu ici




Illustration pour Histoire du Moyen Âge
de Pierre Peuchmaurd, 2009

• ZONE FRANCHE, poèmes Georges-Henri Morin, 2010


N.B : Les Éditions de Surcroît ont été saluées, aux côtés d'autres microstructures, pour leur notable travail de défense de la poésie. (- Le Monde, 25/05/2012 – Article d'Éric Chevillard)



° À l'enseigne des Éditions URDLA °


• LES COMPTE-FILS, 8 gravures de G-H Morin sur japon nacré et textes poétiques de l'auteur sur cannabis, 2003 → compte-rendu ici

• LE 31 JUIN, Vincent Bounoure, 2011 → compte-rendu ici



° À l'enseigne des Éditions FLAMMARION °


• LE SECRET SECRET, recueil de poèmes de Laurent Albarracin, dessin de couverture Georges-Henri Morin, 2012. → compte rendu ici



° À l'enseigne des Éditions L'UMBO °

COLLECTION de L'UMBO, Série Passage du Sud-ouest

• LES LITS CLOS, poèmes et dessins de l'auteur, septembre 2012. →  Compte-rendu ici

• LES ESQUILLES, Georges-Henri MORIN (dessins) & Guy CABANEL (poèmes), juin 2013. → Compte-rendu ici




Illustrations de Georges-Hernri Morin 
pour les Esquilles de Guy Cabanel

• LOIN DE LISBONNE, frontispice de Georges-Henri Morin, poème de Pierre PEUCHMAURD, septembre 2013. → Compte-rendu ici




° À l'enseigne des Éditions des DEUX CORPS °


Hervé DELABARRE, LES SURVENANTS, Dessins de Georges-Henri MORIN, ÉDITIONS des DEUX CORPS, décembre 2013 → compte rendu ici




Illustrations de Georges-Hernri Morin 
pour Les Survenants de Hervé Delabarre



° À l'enseigne des Éditions les loups sont fâchés °



• Guy Cabanel, Trois Souffles de Verbe flottant, avec les dessins « les bouches ouvertes » de Georges-Henri Morin,



° Hors-Commerce °


• Poème LA NEIGE Isabelle DALBE avec un dessin original de Georges-Henri MORIN – Carte décembre 2010 → ici



Georges-Henri Morin, Dessin pour Poème "la Neige" Isabelle Dalbe



° A l'enseigne des Éditions Pierre Mainard °

 OUVRAGE ILLUSTRÉ 

par Georges-Henri MORIN



◘ Alain ROUSSEL, Le boudoir de la langue, dessins Georges-Henri MORIN, Editions PIERRE MAINARD (6 euros), 11 Boulevard de Gaujac 47600 NÉRAC, Tél. : 09 50 34 22 48  - (COURRIEL/MAIL : mainardeditions // free.fr -remplacer // par le signe @)  

Compte rendu ici




. . . ET ENCORE BIBLIOGRAPHIE (livres, plaquettes)

◘ 1977 : 'LE CERCLE BRISÉ', Payot (sur l'image de l'indien dans le western)
◘ 2005 : LES SEPT NAINS, Myrddin
◘ 2008 : UN PAYS ÉNONCÉ, Myrddin
◘ Carnets oubliés d'un voyage dans le temps, Albanie 1987, avec des photographies de Georges-Henri Morin, éditions Ab Irato.
Une lecture (rencontre/dédicaces) par Philippe SECLE a eu lieu à la librairie Le Bal des Ardents, le 17 janvier 2013.
• Compte-rendu du livre → ICI



■ CONTRIBUTIONS
AUX REVUES ■

LES CAHIERS DE L'UMBO, L'IMPROMPTU → ICI , L'OR AUX 13 ÎLES ; CONTRETEMPS ; ÇA PRESSE (URDLA)


◘ ◘


REVUE ÇA PRESSE, éditions URDLA

CONTRIBUTIONS de Georges-Henri MORIN


◘ «  LE RUISSEAU DES PROFONDIÈRES » : un très bel hommage au poète Pierre Peuchmaurd - ÇA PRESSE N° 41 - Juin 2009 → ICI


◘ Georges-Henri MORIN « ON NOUS ECRIT D'EGYPTE (en rêvant sur quelques mythes) » : Texte à propos d'Osiris végétant, Musée du Caire - ÇA PRESSE N°48 – Mars 2011→ ICI


◘ Georges-Henri MORIN 'LIBERTÉ D'ASSOCIATION' : Un récit habilement construit en quatre emboîtements articulés, au suspens efficace … → ÇA PRESSE N°54 – Septembre 2012 → ICI


◘ Georges-Henri MORIN « VOIRE. . . », Suivant le fil conducteur du renard : « acteur de la perversité et de la ruse, du mystère », animal avec un regard à double-sens, Georges-Henri Morin nous donne à voir ce qui se passe dans les deux toiles : L'esprit des morts veille (Manao Tupapau) et l'Éveil du printemps ; puis dans la sculpture (1889) de Gauguin Soyez amoureuses, vous serez heureuses. – ÇA PRESSE N°58 – Septembre 2013 → ICI


◘ Georges-Henri MORIN 'DES ÉCHOS VAGABONDS', Compte-rendu de l'ouvrage de Christian PETR et Matteo MESCHIARI, CORPS NU. Abécédaire tauromachique - III. Geneviève LAPLANCHE, Lacour Libraire- Éditeur, Nîmes, 2013.
Cet abécédaire tauromachique – et non de la tauromachie – déroule ses 26 lettres, chacune induisant un mot et 52 textes, puisque écrit à 4 mains. → ÇA PRESSE N° 60 - Mai 2014 → ICI

◘ Georges-Henri Morin : TROIS NOTES SUR UN SIÈCLE MAL EMBOUCHÉ, ÇA PRESSE N° 63 - Janvier 2015


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