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mercredi 16 septembre 2015

Christian DUCOS, DANS L'INDIFFÉRENCE DE L'ARBRE, Éditions Le Cadran Ligné, Septembre 2015




Christian DUCOS, DANS L'INDIFFÉRENCE DE L'ARBRE
68 pages, format 13 sur 20 cm
Prix 12 € (franco de port)



S'obstiner
à déchiffrer
le mot arbre


ou bien
se faufiler
entre ses lettres


Christian Ducos, page 46





LE CADRAN LIGNÉ
Le Mayne
19700 Saint-Clément

Laurent.albarracin//gmail.com
(COURRIEL/MAIL : remplacer // par le signe @)


► CATALOGUE TÉLÉCHARGEABLE → ICI

► SITE LE CADRAN LIGNÉ → ICI



*



dans la méditation

de la parfaite inutilité

de toute méditation


l’arbre

en son entier

absorbé


*


ne t’appuie pas

sur moi

je ne suis pas solide


tu pourrais tomber

mon écorce

c’est du feu

C. Ducos, Dans l’indifférence de l’arbre, extrait



*


~ NOTE DE LECTURE ~


''Dans l’indifférence de l’arbre"



Né en 1955, Christian Ducos a créé en 2010 les éditions Le Pauvre Songe à Talence en Gironde. Il y a publié des textes de Laurent Albarracin et de Jean-Paul Michel. Y ont paru également plusieurs de ses textes : Douze bougies pour éclairer la lune (2010), Trois poèmes (2010) et Une branche et des miettes de brume (2011). Dans ce dernier recueil, on lisait ces quelques vers révélateurs d’une attitude : « Écrire. / Effacer jusqu’à son propre nom. / Jusqu’à son propre visage. »

La démarche de Christian Ducos va au plus juste, au plus concis, sans pourtant céder à la sécheresse ni à l’esthétisme. Un nouveau recueil, Dans l’indifférence de l’arbre, confirme les qualités de cette écriture, où l’on croit entendre tantôt les accents âpres du cher Guillevic et tantôt les frêles modulations du haïku : « l’arbre / c’est du silence / à l’état pur // il tombe / dans / le haut » ; « longtemps / après / l’envol // la branche / tremble / encore » : « lézardes du vivre / crevasses du mourir / sur l’écorce du pin posées // les mains regardent / les mains bégaient / les mains flamboient ».

Mais, à n’en pas douter, c’est bien une voix singulière et touchante de justesse et de pudeur qui parle ici, dans un parfait dénuement : « l’arbre n’entend rien / au bavardage des saisons / il écoute // le pas / d’un dieu / dans ses veines ».

Article site Éditions arfuyen, 2 septembre 2015 → ICI



~ LECTURE de François HUGLO ~


Dans l'indifférence de l'arbre de Christian Ducos


De même que la paix continue la guerre par d’autres moyens, l’édition prolonge l’écriture. L’auteur est moins un double de l’éditeur que son autre, ou l’un de ses possibles. Il n’est pas étonnant que Laurent Albarracin ait publié Christian Ducos. Le premier cherche (et trouve) l’image tautologique, oxymore ou impossible synthèse entre constatation (la chose est ce qu’elle est, c’est comme ça) et spéculation (jeu quasiment mathématique de rapports, analogiques et autres, harmoniques ou disharmoniques). Cet impossible est le lot quotidien des sciences, où hypothèse et vérification ne cessent de se relancer l’une l’autre, et des arts, qui allient « activité de l’esprit » (Tzara) et épaisseur sensorielle. L’image, la métaphore, sont à la fois une opération intellectuelle et une saisie empirique, immédiate.

Entre tautologie et poétique de l’image, de l’analogie, de la fulgurance, Laurent Albarracin ne choisit pas. On dira qu’il joue sur les deux tableaux, qu’il se joue de risques qu’il n’ignore pas, déjoue deux esprits de sérieux : celui du silence (les choses sans mots) et celui du babil (les mots sans choses). D’un côté, la prosternation muette face à la Présence, de l’autre l’inflation, la grandiloquence, la pro(li)fération oraculaire.

Or, Ducos semble choisir le silence, qui est encore un mot, même s’il veut pencher du côté des choses. Ce mot figure dans une constellation sémantique où nous rencontrerons aussi le « mystère », la « stupeur », la « sidération », le « vide », « l’Ouvert », et l’inévitable « transparence ». Ni mélèze, ni noisetier, « l’arbre » est-il aussi abstrait que « le poème », voué au « pur regard » du « silence à l’état pur » ? On pourrait le craindre, et pourtant la mention d’un « jeune pin », ou de « grands pins », de « bois de pins », nous rassure : ces mots sonnent Ponge, sentent le Ponge, nous n’avons pas quitté le sol.

En italiques, et comme en exergue au recueil de vers d’un, deux, trois mots, rarement plus, disposés en tercets, les deux premiers vers ne se contentent pas de dire l’indifférence du végétal à nos manips agro-alimentaires, à nos délires autocentrés, à nos pillages mortifères : ils disent l’indifférence du végétal que nous sommes, car nous sommes ça : arbres d’os, de nerfs, et de vaisseaux sanguins :

« En moi se tient un arbre. Il ne sait pas qui je suis.
Dans l’indifférence de l’arbre, je grandis. »

Mais loin d’échapper au langage, le cercle tautologique est lui-même langagier : l’ « au-delà / du cri / de la corneille » est « le / cri / de la corneille », la « lumière / illuminant les feuilles tendres » n’est « que cela // une lumière / illuminant / les feuilles tendres », et « ce que l’arbre accueille », c’est « l’accueil lui-même ». Le poète sort cependant de l’équation tautologique, A=A, ou analogique, A=B, par des opérations de retournement de l’affirmation en négation, et l’inverse :

« dans la méditation
de la parfaite inutilité
de toute méditation

l’arbre
en son entier
absorbé »

ou :

« beau
de
toute

l’ignorance
de
son grand savoir »

ou :

« que sait-on
de l’arbre
et de sa joie

d’être arbre
sans jamais
le savoir »

Chez Ducos comme chez Albarracin, c’est l’humour qui sauve.



F. Huglo → ICI




₪ R A P P E L : Christian Ducos a publié au Cadran ligné '' La Source '' dans la COLLECTION DE LIVRES « D'UN SEUL POÈME », 3 € l’ouvrage → ICI



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ALLER PLUS LOIN à PROPOS de Christian DUCOS :


► Trois poèmes et Douze bougies pour éclairer la lune. Éditions Le Pauvre Songe, 2010, Chronique poétique de Laurent Albarracin → ICI

► Une branche et des miettes de brume, Éditions Le Pauvre Songe, 2011, Chronique poétique de Laurent Albarracin → ICI


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À PROPOS du Cadran ligné


Entretien de Philippe SAVARY avec Laurent ALBARRACIN


LE CADRAN LIGNÉ :
 « ÉDITEUR, AFFINITÉS ÉLECTIVES »


LE MATRICULE DES ANGES, Le mensuel de la littérature contemporaine, septembre 2015 → ARTICLE  ICI 



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