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vendredi 10 juillet 2015

GROUPE SURRÉALISTE de PARIS, Les Pucerons de la Frontière, juin 2015



Les Pucerons de la Frontière,
Page intérieure, Frontispice de Guy Girard,
Groupe surréaliste de Paris, juin 2015


Contacts : guy.girard10// sfr.fr
claude.cauet//orange.fr

(A NOTER : afin de rendre les e-mail actifs, 
le signe @ doit remplacer les signes / / )


°


UNE PRODUCTION POÉTIQUE

DU GROUPE SURRÉALISTE DE PARIS

A L'ISSUE D'UN JEU RÉCRÉATIF



LES PARTICIPANTS



Le 11 novembre 2014, au Café L'Escalier, à Paris, les participants étaient, par ordre alphabétique : Anny Bonnin, Claude-Lucien Cauët, Hervé Delabarre, Alfredo Fernandes, Joël Gayraud, Guy Girard, Sylvain Tanquerel et Michel Zimbacca.



LA MÉTHODE



Note liminaire sur la bonne utilisation des journaux

Quarante coupures de journaux étaient collées, en laissant entre elles des espaces vierges, sur huit feuilles qui circulaient parmi huit participants. Chacun écrivait quelques lignes pour relier deux coupures de journaux, passait la feuille à un participant libre et attendait qu'une autre feuille lui parvienne. Le jeu s'est terminé quand tous les espaces ont été comblés.



LA CONCRÉTISATION :


« LES PUCERONS DE LA FRONTIÈRE  »


«  Les pucerons trahis par leurs centenaires

manifestent leur mécontentement
par des attaques massives
contre les méninges des jeunes filles rousses, car

notre cerveau posséderait un interrupteur.

Mais pas la prise de terre,
ni le cerf ni le veau,
d'où

un défaut qui n'en est pas un.

Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que c'est, oui, en effet,
ce qui est, quand

le manteau terrestre est gorgé d'eau

et qu'il ne reste plus qu'une paire de bas,
seule capable de caresser dessous
ce qui s'annonce comme
un jeu pour faire avancer la conscience,

la mauvaise conscience,
celle qui ronge les cerveaux desséchés par des

condamnations judiciaires imaginaires

telles qu'elles figurent sur le visage des lycéennes
afin de provoquer dans l'affrontement des cils un

accaparement des richesses par

le scintillement des diamants,
l'éclatement des étincelles,
l'incandescence des volcans qui ont

un nombre d'espèces en constante évolution

et une évolution constante,
sans nombre ni espèce, exige

plus de contraste et moins d'énergie

car il est facile d'augmenter le contraste
quand on manque d'énergie
plutôt que l'inverse, comme il ressort

des luttes asymétriques.


[…]


et recevez en cadeau

cette bouteille qui déborde
d'un puissant révulsif :

le liquide qui nettoie notre cerveau

Il rentre par une oreille et sort par l'autre,
comme le métro aérien entre deux tunnels,
qui parfois tombe sur la voie publique
et écrase une groupe d'enfants héritiers des

grandes fortunes miséricordieuses

auxquelles nous demandons :
apportez-nous l'aisance des tigres
dans les caniveaux de l'histoire
et étudiez

les différentes classes d'attaques

les différentes causes d'arnaque,
et après ?

quelles perspectives pour demain ?

Rien de personnel,
et peut-être un peu de cosmétique
pour les vieux qui savent fort bien que

penser sans rien faire, ce n'est pas si facile
mais que faire sans y penser
est à la portée de tous les désirs lorsque

le plumage des corneilles fait de la résistance

et que le corbeau en dissidence,
ayant échappé au regard assassin des enfants,
délivre pour le pire

à chaque guerrier ses oreilles

et ses calembredaines.

[…] »

Les Pucerons de la Frontière, extraits


°

Les participants ci-dessus, du Groupe Surréaliste de Paris, nous offrent un superbe texte issu de leur divertissement vivant et ouvert, aux règles croisées, suspendues les unes aux autres.

A l'orée de la toile de mots, se profile déjà la fable périlleuse : « Les Pucerons de la Frontière ».

Texte incliné dans la liberté, nous apportant son lustre éloquent que l'on peut déployer, et comme : « Les rêves et les moyens de les digérer » (Pierre Peuchmaurd, Fatigues, aphorismes complets, p. 89, Éditions L'Oie de Cravan), et, tout à côté, comme la prise de température des flux du monde penchés, en emprise aiguë, sur la cuvette du ruineux s'entre-tuer : « On sent qu'il est là le baromètre monstrueux, la lyre lampe à gaz des salles d'attente » (André Breton, Philippe Soupault, Les Champs magnétiques, Gallimard).

Cette semence de paroles (non en l'air) a la fluorescence puissante de la chair aérienne des images.


Isabelle Dalbe


◘ Article « Noticias de París y resto del mundo », à propos de Les pucerons de la frontière, est paru sur le blog du Surréalisme International → surrint.blogspot ICI

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