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lundi 8 décembre 2014

Boris WOLOWIEC, NUAGES, Éditions Le Cadran ligné, automne 2014





Boris Wolowiec, Nuages, poésie, 10 euros franco de port. Chèque à l'ordre de Le Cadran ligné.



TOUTE COMMANDE ET CORRESPONDANCE

Le Cadran ligné
LE MAYNE
19700 SAINT-CLÉMENT


laurent.albarracin // gmail.com

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )

► Site Le Cadran ligné → ici




« Les nuages apparaissent à la mémoire d'un jour approximatif, en dehors de savoir et de ne pas savoir c'est-à-dire par le hasard de la passion ainsi. Les nuages apparaissent à la mémoire d'un jour approximatif en dehors de savoir comment et de ne pas savoir pourquoi, en dehors de savoir pourquoi et de ne pas savoir comment, c'est-à-dire hop, calme avalanche de hop, par le hasard de la passion, ainsi.  »

B. Wolowiec, extrait



Nuages, de Boris Wolowiec


par Éric Chevillard


Merveilleux nuages



«  […] le bon lecteur aime l'aventure, et rien n'est plus exaltant pour lui que de découvrir un auteur qui ne ressemble à aucun autre. Justement, j'en tiens un. Il se nomme magnifiquement Boris Wolowiec, on lui devine de lointaines ascendances polonaises, on ne lui connaît pas d'âge. Il est par excellence cet " homme énigmatique " que Baudelaire évoque dans L'Etranger, l'un de ses poèmes en prose, qui surgit de nulle part, conserve son mystère et semble n'aimer que " les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ".

Nuages, c'est le titre du premier recueil que publie aujourd'hui Boris Wolowiec, mince plaquette pareille à une peau arrachée à l'oeuvre monstre et cachée qui attend encore d'être révélée. Recueil de notations exclusivement vouées aux nuages et qui forment toutes ensemble un ciel en mouvement, insaisissable et métaphysique, qu'il s'agit pourtant bien de circonscrire en lançant sur ces vapeurs et ces buées des phrases enveloppantes comme des filets. " Commencer par savoir et chercher ensuite ", écrit Boris Wolowiec dans la longue énumération de termes et de syntagmes qui court sur les trois premières pages. Le poète ressemble alors au chasseur ou au soldat qui commence par étaler les pièces de son arsenal pour les répertorier et les fourbir avant d'entrer en campagne. Voici le lexique dont il sera fait usage, voici les mots en l'occurrence qui lui semblent efficaces et pertinents et sur lesquels il fonde tous ses espoirs. Il va jouer de leurs combi-naisons infinies.

La conquête spatiale peut commencer : " Nuages, magma de baisers inouïs. Nuages, monotones églises de coton, immenses escargots de neige. Nuages, églises de buée bizarre, célestes ruines d'eau, éléphants aléatoires de l'anesthésie, éléphants légers à la recherche d'un cimetière d'eau maintenant ou au loin. " Il y a du scrupule chez Boris Wolowiec, un désir de précision qui se caractérise par la reprise obstinée de la tentative de saisir et nommer son objet, avec à chaque fois des variations, des corrections, des ajouts. Cette insistance pourrait rappeler la méthode de Francis Ponge dans Le -Savon (1967) ou La Fabrique du pré (1971). Mais ce serait un Ponge moins rhétorique, moins matérialiste, aimant autant ce qui se défait et se déchire dans le nuage que ce qui s'y affirme : " La lenteur des nuages survient comme celle d'une -extase en marge de l'immobilité du monde. "

Le livre entier, par son mouvement, par son rythme sourd, étouffé, ressemble à ce qu'il nomme : des formes apparaissent, des images parfaites cristallisent, des formules poétiques impeccables, puis elles se dégradent, s'abîment, se perdent comme le profil du cheval se noie dans l'écume de ses naseaux. Tout se déplace, se brouille, une autre figure soudain surgit, qu'il faut extraire du magma. A moins pourtant que l'on ne préfère laisser ce bijou sur son coussinet de velours pour se laisser envoûter par la litanie. Puis c'est bien le brouillard qui nous offre aussi la trouée subite de lumière lustrale : " Nuages avec la salive de soleil d'une langue à l'intérieur. "

L'intelligibilité absolue serait ici un contresens. On n'attrape pas un nuage avec des pincettes de philatéliste. Boris Wolowiec sait qu'il ne pourra paradoxalement cerner son sujet que de l'intérieur ; cette épaisseur si peu concrète, si mouvante, il en adopte le principe et laisse enfler sa phrase hors de toute mesure, au-delà du sens : " Les nuages amalgament les acrobaties de muqueuses du coma. " Le poète a sur le météorologue l'avantage de n'être pas entravé par les -rigueurs de la science. Il peut lancer bravement sa sonde dans l'inconnu même s'il n'est pas assuré de la revoir jamais.

Son exploration est cependant fructueuse. Passé la sidération qu'un tel livre inévitablement suscite, le lecteur de Nuages est surpris par l'évidence qui s'y fait jour, aussi foudroyante que la joie. Il ne faut pas chercher le sens derrière le texte, mais jouir du texte comme du nuage même, du merveilleux nuage. Puis il était si improbable que de telles phrases soient écrites un jour que ce prodige nous laisse longtemps émus. »

Éric Chevillard, Le Monde des livres du 31 octobre 2014 ARTICLE INTÉGRAL → ICI



Nuages de Boris Wolowiec


par François Huglo



«  Poétique de l’objet ou de la rêverie ? Ponge ou Bachelard ? L’un et l’autre sans doute (et ce n’est pas un hasard si ce livre est publié par Laurent Albarracin), mais à travers une poétique de la syntaxe. Le sens est l’intendance qui suit, ou ne suit pas, selon la direction du vent (de la lecture) et sa vitesse. Ou il s’immobilise, comme paralysé, interdit, au bord d’un rire idiot.

« Noli tangere golgotha goodbye des nuages.

Imbroglio taciturne des nuages, amalgame d’inconnu taciturne des

nuages, magma d’innocence inconnue des nuages ».

La syntaxe assemble : cumulus bourgeonnants, cirrus nombreux, cirro-cumulus, nimbo-stratus, cumulo-nimbus. Se succèderont :

- une suite de mots (noms, adjectifs, verbes, adverbes, prépositions…), séparés par des virgules, appositions au mot « nuages ».

- une série où le mot « nuages », répété, est suivi d’appositions formées d’un ou plusieurs mots (nom-adjectif ou génitif).

- une autre série où le mot « nuages » devient le génitif d’ensembles nom(s)-adjectif(s) ou nom(s)-complément(s) de nom.

- des paragraphes composés d’une ou plusieurs phrases dont le mot « nuages » est le sujet, et où le verbe est suivi d’un complément ou d’un attribut.

Au saint axe de la phrase vertébrale, ou arborescente, sont préférés, du moins dans la première partie, l’agglomérat de mots-masses et la strate (le paragraphe). Le livre n’est-il pas un tas de pages, chacune tas de paragraphes, eux-mêmes tas de lignes ? Mais au modèle géologique du sédiment, il faut substituer celui du champ électrique d’attractions et de répulsions. Témoin d’accumulations successives, le lecteur précipite, ralentit, ou interrompt, un défilement qui ne le mènera nulle part, ne mènera qu’à lui-même, à sa lecture mise à nu(e).

Dans la seconde partie, deux phrases —deux aphorismes— s’étirent, s’effilochent, prolongent en de multiples directions des filaments récapitulatifs qui dérivent, comme pour se fondre dans l’immobilité du ciel. « Les nuages montrent le silence de l’aujourd’hui. Les nuages calligraphient le silence de l’aujourd’hui» devient, par exemple : «Les nuages absorbent la monstruosité de l’espace. Les nuages absorbent la monstruosité du vide de l’espace. Les nuages métamorphosent la monstruosité du vide de l’inconnu. Les nuages métamorphosent le vide en magma d’implosion de l’amnésie, en orgie de candeur de s’évanouir ».

À lire comme face au ciel, face au « gag de grâce de l’aujourd’hui », pour y prendre « le bain de toujours avec déjà ».

François Huglo → ARTICLE ICI




Nuages de Boris Wolowiec


par Alain Roussel



A-t-on déjà bien observé les nuages ? Le plus souvent, on les regarde passer. Ils sont une matière à rêver et nous invite à la contemplation, dans cette distance toutefois, généralement oblique, que l’on entretient avec les choses du ciel ! Notre regard s’élève en diagonale et extirpe de cette masse volatile, toujours en mouvement, des visages parfois courroucés, des corps disproportionnés, monstrueux, avec des muscles et des nerfs tendus par l’effort, preuve que les déités et les démons se livrent là, pour le plaisir de notre imagination, un combat sans merci.
« Nuages », c’est précisément le titre du livre que Boris Wolowiec vient de publier aux éditions « Le Cadran ligné ». Qui connaît Boris Wolowiec ? C’est le mérite de Laurent Albarracin, l’éditeur, de nous le faire connaître, car il s’agit d’un premier livre, même si cet auteur a constitué au fil du temps une œuvre vaste et singulière, secrète, que l’on peut découvrir sur le site qui porte son nom. Le livre de Boris Wolowiec n’est pas un exercice de contemplation tourné vers un objet extérieur. Les nuages, il les a intériorisés, pris en bouche et il les déploie dans le ciel de la page. Chez lui, c’est toute l’écriture qui devient nuages. D'ailleurs, la figure de style qu’il utilise, conjointement avec l’anaphore et la répétition, est l’accumulation, mot dont la parenté étymologique avec cumulus est évidente. Comme les nuages, l’écriture de Wolowiec s’amoncelle, s’étire, s’effiloche, se reconstitue. Les mots se rattrapent, se chevauchent, proposent des liaisons d’images qui se font et se défont sous nos yeux. Chaque mot nouveau, qui semble jaillir ex nihilo, s’intègre aussitôt à la phrase déjà constituée et la bouscule, l’entraîne dans un mouvement en spirales révélateur d’un sens étrange qui va en s’affinant. De ces nuages verbaux, les pages finissent par être entièrement recouvertes, avec ce qu’il faut autour de vide pour que s’exerce le souffle de l’auteur, donnant ainsi du vent à la nuée, à la pensée. Mais le mieux, pour s’en faire une idée, est de le lire. En voici un extrait :
« Les nuages entassent l’implosion de l’inouï. Les nuages entassent l’implosion de neige de l’inouï, l’implosion de neige de l’inouï hors-tout. Les nuages ahanent les métamorphoses de l’inouï. Les nuages entassent ahanent les métamorphoses d’aisance de l’inouï. Les nuages entassent ahanent l’aisance d’anesthésie de l’inouï.
Cette œuvre est en dehors des sentiers battus. Comme Ghérasim Luca, qui lui prenait son élan de « l’inframot » par l’utilisation d’une sorte de cabale phonétique, il faut lire Wolowiec à haute voix pour en ressentir toute l’ampleur. C’est en effet dans l’oralité que la magie de sa poésie s’exerce le mieux, procurant au lecteur une sorte d’ivresse.

Alain Roussel ARTICLE ICI



Boris Wolowiec, Nuages, poésie, 10 € franco de port. Chèque à l'ordre de Le Cadran ligné.


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Le Cadran ligné
LE MAYNE
19700 SAINT-CLÉMENT


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À PROPOS DU CADRAN LIGNÉ



₪ Entretien de Philippe SAVARY avec Laurent ALBARRACIN


LE CADRAN LIGNÉ :
« ÉDITEUR, AFFINITÉS ÉLECTIVES »

LE MATRICULE DES ANGES, Le mensuel de la littérature contemporaine, septembre 2015 → ARTICLE  ICI 




1 commentaire:

  1. Lointaines ascendances polonaises !!! !
    "Merveilleux nuages !!! Merveilleux (!!!)amas de mots , inouïs amas de mots , merveilleux amas inouis de mots inutiles, nuages comme amas inouï de non être, nuages images vides de nuits d'insomnie . Mais Baudelaire..., Ponge, Bachelard. ...

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