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jeudi 12 juin 2014

Laurent ALBARRACIN, LES OISEAUX, avec photomontages de Maëlle de Coux, ÉDITIONS des DEUX CORPS, 2014 ------ FABULAUX, avec dessins de Diane de Bournazel, ÉDITIONS AL MANAR, 2014 ---- PRÉSENCE des ÉDITIONS des DEUX CORPS et ÉDITIONS AL MANAR au Marché de la Poésie, PARIS 6ème, du 11 au 15 juin 2014



Laurent ALBARRACIN nous offre deux superbes ouvrages où l'animal est royalement roi.





Laurent Albarracin, LES OISEAUX, huit photomontages de Maëlle de Coux, Éditions des Deux Corps. 20 € + 1,50 € de frais de port. (paiement par chèque à l'ordre des Deux Corps).



Éditions des Deux Corps

35, rue François-Charles Oberthür
35000 RENNES




Accompagné de séduisants photomontages poétiques de Maëlle de Coux, le texte du poète Laurent Albarracin nous alerte, de façon éclatante, de l'entrée de l'oiseau sur  la colonne vertébrale du verbe être, inscrite indubitablement au royaume merveilleux de l'oiseau : « Les oiseaux vivent la vie des oiseaux. Ils ont des noms d'oiseaux, [...] partagent le quotidien des oiseaux. [...] Ils mettent les oeufs dans les oeufs. Voilà la principale occupation à laquelle ils s'adonnent. [...] Les oiseaux ont en commun de posséder un bréchet. Celui-ci est une sorte de vase fragile, ébréché qu'ils portent en secret dans leur cage thoracique et dans lequel ils déposent ce secret. [...] ».

Cette irruption des oiseaux dans la niche « être » fixée, ici, en d'évidents espaces promis (« ville [...]  rue [...] fenêtres [...]  bord de mer [...] porches [...] baraquements [...] » ) fait largement des emprunts aux fonctionnements, réglés comme du papier à musique, dans l'horizon allongé de l'homme : « [...] Ils (les oiseaux) conduisent des autos, habitent des maisons, dorment dans des lits, cultivent des fleurs en pots, manient des outils.[...] Ils ont des cartes bleues et des problèmes d'argent. Il y a du chômage et du ciel. », tout en saisissant la géniale identité oxygénante de ces ovipares : « [...] Activistes de la passivité, ils militent pour l'oisiveté, forment un réseau occulte qui en sous-main prépare le surgissement de la simple lumière. »

Le grand charme de cette imbrication est la transfiguration de l'oiseau en un solide dragueur du voir comment cela se passe chez l'Homme, celui-ci investi en tant qu'ami-ami en un point de non-retour, et alors lestement copié : « Les oiseaux sont de grands types ou de petites filles modèles. ». La fraîcheur de ce désir de voir, poussé jusqu'à l'acte de l'identification, tient au soulèvement de ce dernier, posé au plus près des indices que cet être hybride, mine de rien, est manifestement oiseau : « [...] Ils cachent leur nature d'oiseau sous des mines graves et des airs de rien. Juste il y a leur pensée qu'ils ont du mal à raisonner et qui pense et qui pense. »



© Photomontage Maëlle de Coux


Au fil de leur présence olympienne dans cette expérience, les oiseaux ébruitent publiquement les vives expressions de leur corps agissant, tout en n'en pensant pas moins. Et les voici ainsi irrémédiablement devenus oiseaunnalités à double facette devant biens et choses : « Les oiseaux [...] lisent des livres, vont au restaurant et au cinéma, prennent le train ou l'avion. En réalité, ils donnent le change. Font semblant. Ils échappent à tout cela par l'oiseau qu'ils sont. »

D'enchaînement en enchaînement subtils, l'écriture communicante de Laurent Albarracin boucle en brassées d'un langage aux emboîtements infaillibles, lesquelles fleurissent aussi en correspondances poétiques avec ce lacis mémorable Où est l'oiseau ? : « Bec et ongles les oiseaux grattent leur coeur, de leurs petites pattes fébriles sur leur coeur énorme ils le passent au peigne fin, le griffent, le cognent [...] et penchés dessus leur coeur ils en émergent comme les battements visibles, comme les feuilles de l'arbre de leur coeur. »

A vrai dire, les oiseaux allaitent, haletants, en consistante constance, ces paroles dénombrées : « Tout ce qu'ils touchent du bout des ailes devient de l'or, un or flétri et un or envolé. Cette activité est florissante [...], elle est fleurissante même, effleurante surtout. »

Isabelle Dalbe



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Laurent Albarracin, FABULAUX, vingt-trois dessins de Diane de Bournazel, Éditions Al Manar Alain Gorius, 15 € franco de port.


Éditions Al MANAR

Alain Gorius
96, Bd. Maurice Barrès
92200 NEUILLY

Laurent ALBARRACIN, FABULAUX : SITE Al Manar → ici




Relié à l'alchimie des fables, le bestiaire de Laurent Albarracin bêle, bel et bien beau, vers l'inouï animal en majesté dans ses plusieurs en un : « La vache est assez grande et vascularisée / pour contenir toute une ménagerie / ce sera d'abord la grenouille qui s'y croit / dans son double estomac / puis le héron sur l'étang de ses os / le tatou de ses genoux boueux craquelés / la noire méduse de son museau mouillé / [...] ».

Ce ruminant, soucieux d'être entièrement entier au bord d'autres bêtes d'un troupeau juste, porte clair bonheur. Tout comme lui, il était une fois des animaux ne vivant pas séparés d'animaux divers exposés à leur lumière : les chiens rêveurs aux « mains de pingouins et coeur d'écureuil » ; le bouc « singe de son fumet [...] oiseau dans le remugle de ses ailes » ; « entre la vaillante fourmi et l'éléphant plissé / il y a tout un réseau de correspondances [...] » ; « l'âne bivalve [...] / accroché au sac de l'âne / comme la moule sur son rocher » ; « [...] l'ours et l'abeille / ont fort à faire ensemble » ; « [...] l'hippocampe tenant du crabe et du cheval du fou [...] ».

D'autres animaux, sans être suffisants, mais se suffisant à eux-mêmes par la force de leurs reflets se tiennent et se versent dans l'espace de leurs propres rangs : lion, mouton, hippopotame, poule, araignée, biches, poissons, renard, libellules, oiseaux, sangliers, taupe, lapins, rats, porcs.



© Maëlle de Coux, L'araignée, dessin


Dans ce riche vivier animalier, chaque espèce ne demeure pas sur son quant-à-soi. Laurent Albarracin dans des récits quintessenciés, à boire comme du petit-lait, nous ouvre les souples et audacieuses excroissances de ses protégés : « Les lapins mous comme du pain mou [...] l'on revoit la drôle de petite pelle claire / s'activer à leur fondement / les relancer les reverser à eux / comme une pale pâle / comme une mie / dans la boulange du lapin. » ; « Le renard [...] dans l'encorbellement de sa ruse [...] / les yeux plissés du plaisir de son intelligence / à l'orient de tout et se sustentant de rien [...] » ; « L'âne [...] ses oreilles sont les ailes / où il entend son envol / quand il va chargé de sa peine / dans la coquille de ses oreilles / il hume la mer / et la libération ».



© Maëlle de Coux, Le lapin, dessin


Réservant délicieuses surprises et découvertes, à la pointe de ce qu'il y a de plus nouveau sous le soleil, ainsi va tout ce beau monde fabuleux qui parade et défile dans la joliesse et la finesse des dessins de Diane de Bournazel.

Isabelle Dalbe



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Laurent ALBARRACIN

LES OISEAUX, ÉDITIONS des DEUX CORPS, 2014
FABULAUX, ÉDITIONS AL MANAR, 2014

POUR ALLER PLUS LOIN . . .

Un poète du soupçon | Laurent Albarracin par Alain Roussel. Article consultable → ICI
Fabulaux de Laurent Albarracin par François Huglo. Article consultable → ICI
Laurent Albarracin signe Fabulaux le samedi 14 juin, 11 h-13 h sur le stand Al Manar, n° 403, au Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, Paris 6ème
Éditions des Deux Corps : Stand N°416, au Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, Paris 6ème
Laurent Albarracin, éditeur du Cadran ligné et poète, aura le plaisir de vous rencontrer au Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, Paris 6ème, le samedi 14 juin et le dimanche 15 juin sur le stand 613 où il présentera les collections de ses éditions : « Un livre d'un seul poème » et «  Trait fragile ». Annonce consultable → ICI

Le Cadran ligné
Le Mayne
19700 Saint-Clément

Laurent.albarracin//gmail.com
(COURRIEL/e-mail : remplacer // par le signe @)


► Catalogue téléchargeable sur le site de l'éditeur → ici

Laurent Albarracin. Ses publications (avec comptes rendus) → ICI
• Biographie / Bibliographie → ici
• Sa chronique de poésie → ici




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