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dimanche 15 juillet 2012

Joël GAYRAUD, Du voyage au touriste, dans un jeu d'échos intérieur. Réflexions extraites de 'La Peau de l'ombre', Editions José Corti




© Matthias HEIDERICH - Série Places 1
(Choix photo, I. Dalbe)


Le touriste au sens où l'entendait Stendhal est un type humain éphémère qui n'a pas duré plus d'un siècle. Il a assuré la transition entre le voyageur d'autrefois et le transhumant motorisé d'aujourd'hui.

(212)

*

Tout voyage réel se double d'un voyage imaginaire qui, dans les attentes, les déconvenues, les surprises, donne sa forme et sa consistance au premier et lui permet de se constituer au cours de son déroulement en objet de mémoire. Voilà pourquoi le voyage organisé est le non-voyage par excellence, car il tend à annuler cette part projective qui constitue le voyage imaginaire et qui ne peut s'affranchir d'un minimum d'angoisse et d'incertitude. Le voyage organisé est dès l'abord un voyage sans mémoire. Sans mémoire humaine en tout cas, puisque ce sont les appareils photos et les caméras qui se chargent d'en enregistrer le cours.

(165)

*

Le genre littéraire le plus populaire au XXe siècle aura été sans conteste la carte postale. On sait toute la fortune que l'échange épistolaire a connu dans l'aristocratie et les classes cultivées au XVIIIe, pour ne cesser de se dégrader au siècle suivant avec l'annexion de la correspondance par les classes bourgeoises. A l'orée du XXe siècle, c'en était déjà fait de la correspondance comme genre littéraire. [. . .]

Il n'est pas sans signification que le poète H.J Levet ait intitulé Cartes postales quelques-uns de ses précieux poèmes consacrés au dépaysement par le voyage au moment où celui-ci, en tant que forme substantielle d'activité humaine, devenait impossible et laissait place à la pratique réifiée du tourisme. C'est en effet au verso de la carte postale illustrée que se liront désormais les plus beaux et passionnés messages, car ils ont l'avantage de la brièveté ; sur quinze centimètres carrés il n'y a pas place pour l'emphase et les apprêts de la correspondance [. . .] Sur une carte postale on est obligé d'aller à l'essentiel, que ce soit en matière amoureuse ou en signe d'amitié.

(326)

*

Race nomade, épinglée à l'éphémère, seule et dernière de ton espèce, qui tresses encore des étrennes d'osier sauvage et des châles colorés pour d'autres hommes indignes d'en user ou de s'en vêtir ; race de roues et de rêves, race d'orage perpétuellement sur les chemins, race d'éclairs de chaleur et de mauvaises et hautes tentations, qui ignores tes origines et méprises ta fin – seul t'importe ton passage.

(215)

Joël GAYRAUD, 'La Peau de l'ombre', Editions José CORTI

Aller plus loin avec Joël GAYRAUD, poète et essayiste → ici



~ Joël Gayraud est publié ~


par les Éditions José Corti → ' La peau de l'ombre ' :
« Si les mots ont un pli, les hommes, les animaux, les objets ont une ombre. Les idées aussi ? Certainement. Mieux encore, cette ombre a une peau, Joël Gayraud l'affirme, qui écrit : "Dans un monde entièrement dominé par le spectacle, les apparences, contrairement à ce qu'on veut faire entendre, sont le plus souvent véridiques." (...) Et si le véridique, devenu spectral (d'autres diraient virtuel), a perdu toute épaisseur et toute substance, afin de comprendre le sens profond de cette perte il convient de saisir et de décrypter la peau des ombres qui se sont substituées au réel, c'est-à-dire à la vérité comme au rêve, à la révolte comme à l'utopie. (...)  » → Alain Joubert, '' La Quinzaine littéraire '' ; article complet → ici


« Le livre de Joël Gayraud se dispose comme « un piano à queue ouvert sur une scène : beau comme un coeur palpitant ». A l'intérieur vibre le parti pris de 410 séquences réflexives qui tirent des lueurs du rêve et de l'assise de la réalité, la densité d'une connaissance, d'une somme de connaissances. (...)  » Isabelle Dalbe ; article complet → ici


par les Éditions de l'Umbo : 'Clairère du Rêve' : article → ici


par les Éditions 'Le Cadran ligné' : 'Ordonnance' ; et sa traduction (du grec) d'un poème 'Ode' de Sappho de Mytilène (l'un des plus beaux poème lyriques de l'Antiquité) : → ici


Il collabore régulièrement à des revues : ' Le Bathyscaphe '; ' Les Cahiers de L'Umbo '; ' L'Impromptu ' ; ' L'or aux treize îles '; ' Nomades '; ' Recoins '; ' Empreintes ' ; ' Mirabilia ' ; L'œuf sauvage

     • Un de ses poèmes 'ÉCLUSE', paru dans la revue L'Impromptu : → ici

   • Son approche de l'œuvre de P. Cadiou 'L'art magique de Patrice Cadiou' parue dans la revue L'œuf sauvage, N°10 → ici




~ Ses traductions ~


Joël GAYRAUD et Cesare PAVESE(1908-1950) l'un des écrivains italiens les plus marquants de l'après-guerre.
• Son poème le plus célèbre 'La mort viendra et elle aura tes yeux' avec traduction inédite de Joël Gayraud

• La trilogie des machines de Cesare Pavese est un inédit retrouvé en 1992, et a été traduit par Joël Gayraud.
articles → ici


◘ Joël GAYRAUD et Giacomo LEOPARDI (1798 – 1837) moraliste, poète et philosophe italien :
Le poète Joël Gayraud, grâce à ses traductions de nombreux ouvrages importants de G. Leopardi, a grandement contribué à rendre accessible, en France, à un large public, l'oeuvre de cet immense auteur, demeurée très longtemps confidentielle et connue, surtout, d'une élite intellectuelle.

Traduction inédite de 'L'infini' de G. Leopardi par Joël GAYRAUD → ici

















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