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BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

mardi 24 avril 2012

Pierre PEUCHMAURD, immense et indispensable poète : son regard sur la notion d'absolu, les sources de la poésie et son invitation à l'expérience du « dérèglement des sens »



Hommage permanent 

à l'un des plus grands poètes français actuels



Pierre PEUCHMAURD → BIOGRAPHIE ici



~ Choix des photographies, Isabelle Dalbe ~




~ L'absolu ~



Pierre Peuchmaurd et l'ombre de son chien
© Photo Antoine Peuchmaurd  → site ici


Olivier Hobé : « Que représente pour vous la notion d'absolu ? »

Pierre Peuchmaurd : « Je vous répondrai par une citation de l'écrivain polonais Stanilaw Jerzy Lec : '' Les proportions du beau sont toutes simples : 100 pour 100 '' »




~ Les sources de la poésie ~



© Photo Josef Sudek


Olivier Hobé : « Je sollicite, à ce moment, André Breton, lorsqu'il note la phrase de Freud qui, à l'endroit des poètes, dit ceci : '' ils sont dans la connaissance de l'âme, nos maîtres à tous, hommes vulgaires, car ils s'abreuvent à des sources que nous n'avons pas encore rendues accessibles à la science. '' Vous qui avez vu, déjà, '' le nombril de la pomme '', comme '' le temps qui fouille dans ses cendres '', selon vous, quelle pourrait être cette connaissance ? »


Pierre Peuchmaurd : « J'ai vu le nombril de la pomme ? Oui, sûrement, puisque je l'ai dit ; je l'ai vu quand je l'ai dit. '' Le temps qui fouille dans ses cendres '', vous aussi, vous le voyez. Tout le monde le voit. Les poètes ne sont les maîtres de personne, ils ne le sont déjà pas de leur propre langage, si ''souverain'' celui-ci puisse-t-il paraître quelquefois (et il y a là, pour moi, une persistante énigme). Mais voilà, en effet, ils s'abreuvent à des sources, aux sources, dont ils n'attendent pas qu'elles produisent d'autre électricité que mentale. [. . .] Maintenant l'écoute et le relais simplement aimants et objectifs des sources (objectifs parce qu'aimants) conduisent-ils à la ''connaissance de l'âme'' ? L'âme de quoi ? L'âme de l'homme ? Merci bien ! Je ne crois pas que la poésie s'occupe particulièrement ni de l'âme ni de l'homme en tant qu'individu séparé, psychologique. Plutôt du monde, je dirais. De la réalité du monde, et de l'arrière-monde qu'il n'y a pas et qu'il y a pourtant. Parle-t-elle d'un amour malheureux, c'est parce que ce malheur fait une déchirure, une plaie atroce, injuste, dans la matière vivante du monde [ . . .] »





© Photo Stas Kadrulev


Olivier Hobé : « Nous ne pourrions passer sous silence, à l'occasion de cet entretien, un thème qui a son importance ''tout au long'' de vos publications, thème qui est celui du sexe opposé (mais s'oppose-t-il seulement ?), de l'amour – celui-ci, certes, chaque jour un peu moins inconditionnel, mais que vous semblez brandir à votre manière. Vous notez : '' Juin comme les branches des filles qui vont à la fontaine ou qui viennent du bûcher '', et ce n'est là qu'une image parmi d'autres ; vos poèmes sont très loin d'être désincarnés . . . »

Pierre Peuchmaurd : « Le sexe ne s'oppose pas : il se suppose, s'expose, se dépose. De quoi que l'on parle, c'est toujours lui qui est visé, ou qui nous vise. Tout aussi bien, on peut dire qu'il n'existe pas, ou qu'il est en suspension dans tout, comme une vapeur. Dans le ciel, par exemple, ou dans l'herbe. Dans les rochers qui montent et dans l'eau qui descend, dans le sable qui nous glisse entre les doigts. Dans le coeur blanc, dans le coeur rouge. Mais ici, partout, oui, les filles, les femmes ont des hanches, des seins. Le regard aimanté va chercher son étoile, la trouve et tremble. Je ne me suis jamais connu autrement que séduit, épris, aimant, ou dans le vide, l'effondrement de ça, mais c'est pareil. [. . .]  »


► Extraits d'un entretien avec Olivier Hobé (Quimper est poésie, été 2000)





~ La poésie peuchmaurdienne ~



©Photo Luis Beltrán

Marc Blanchet : « Vos poèmes font évoluer êtres et animaux dans des paysages presque oniriques. Naissent-ils d'un territoire précis ou la nature que vous décrivez doit-elle tout au rêve et à la divagation ? »

Pierre Peuchmaurd : « La poésie – ou plutôt le poème – ne doit rien au rêve. Á la rêverie, peut-être, et alors à la divagation, si vous voulez. En vérité, je ne crois pas qu'elle se fasse ailleurs que sur les lèvres, dans la voix, au hasard de sa venue qui, chez moi, se produit presque toujours en marchant et à l'aperçu, à l'entrevu de quelque chose. De quelque chose de réel. La ''nature'' qui se dit alors est évidemment le territoire réel - souvent le plus familier, quelquefois celui du voyage – tel qu'il se révèle à lui-même et à vous dans cette entrevision. Il y a un autre monde, vous savez : il est ici et ne demande qu'à apparaître. Qu'on appelle cela ''surréalité'' ou ''plus de conscience'', c'est toujours de l'immanence cachée, mais clignotante, mais scintillante, qui fait signe et qui se dévoile quand elle veut et . . . quand vous pouvez. Bien sûr que cela a souvent figure onirique. Vous avez vu la gueule du peu de réalité ? »


► Extraits d'un entretien avec Marc Blanchet (Passage du Merveilleux, Le Matricule des Anges, n°54, juin 2004)



~ La Terre ~



Visitation, Série Earth Elegies 1999-2000
© Photo Robert et Shana Parke Harrisson


« Sur les plus lourdes terres, on sent parfois ce petit déséquilibre bleu qui fait qu'on hoche la tête en songeant à la mort, à l'amour, et que le monde lui-même . . . Ou bien, c'est un corps blanc, tendu dans la lumière. On voudrait lui crier que c'est tout de suite ou jamais, mais une ombre passe et le cri ne sort pas. Certains soirs, blanc aussi, il y a ce grand oiseau sur la clôture des jours. On ne l'a pas rêvé, on l'a vraiment vu. Il ne sait pas le mal qu'il fait en s'envolant à notre approche, ni celui, bien pire, qu'il y avait à être là quand nous ne le savions pas. »


► Le Crabe violoniste, (extrait La Terre) Pierre Bordas et fils, 1991
Suite dans l'anthologie ' Pierre Peuchmaurd ' par Laurent Albarracin, Collection Présence de la poésie, Éditions des Vanneaux - 18 euros   ici

¤ Ouvrage également disponible en librairie (distributeur Comptoir SPE)





~  Haïku  ~


Symétrie II
© Photo Nathan Wirth




« Le vol du héron

élargit

le ruisseau »



► Au chien sédentaire, 111 haikus (extrait) , Pierre Mainard éditeur, 2005 - 8 euros  ici




~ Le Cheval dans la mare ~



© Photo Wojtek Kwiatkowski


«  [. . .]

C'est une jument, le cheval dans la mare,
grise et soyeuse encore
au sexe gonflé d'iris
et qui pourrit doucement
par places et par ennui

*

Mer nuptiale aux grands os
au retournement de la terre
dans sa coque de bruyère
Mer nuptiale à l'étreinte
de la vague et du vide

[. . .] »



► Pour Solde de tout Rêve (extrait), illustré par Hervé Simon, Atelier de l'Agneau, 1998

► PARUTION AVRIL 2012 : POUR SOLDE DE TOUT RÊVE ET AUTRES POÈMES, Atelier de l'Agneau, Préface et dessin de couverture Jacques Abeille, 32 pages sur papier d'artiste - 15 euros  ici




~  Le Pont  ~




© Photo Jerry Uelsmann


« Une jeune montagne
Prenons-la quand elle sort de l'eau,
nue
dans ses bottes de fougères
Prenons-la avant le soleil, la mémoire,
avant le premier hiver,
prenons-la en même temps que les loups
prenons-la lèvres rouges
Il y a un pont
Elle ne le voit pas, elle ne voit pas les ponts,
elle est d'avant les ponts
et d'avant les fantômes
Des pierres roulent dans ses yeux,
des pierres et des nuages
et la tête de l'orage
[. . .] »

► Le Pont (extrait) - Parfaits dommages et autres achèvements, avec dix photographies de Nicole Espagnol, L'Oie de Cravan, 2007 – 18 euros   ici

¤  France : ouvrage disponible en libraire, les livres de L'Oie de Cravan étant diffusés et distribués par les Belles Lettres.






~   Note de lecture  ~





© Photo Paolo Roversi



« . . . '' Le champignon et sa femme la mousse '' (Queneau). Avec ça, j'ai du bonheur pour la journée. »


► Le pied à l'encrier (extrait), Éditeur Les loups sont fâchés, 2009   ici

— Recueil de notes prises par l'auteur à la lecture de tel classique, de tel poète, mais aussi des articles de presse, des caquetages médiatiques [. . .]. Avec une hyper-subjectivité parfaitement à rebours des modes actuelles, il nous enseigne comment parler des livres qu'on a lus. — 






~ Les Bannières blanches ~




© Photo Erwin Blumenfeld


« Qu'est-ce, si ce n'est ce vague émoi des lunes,
qui me fait ces monts
la forme agrandie de mon amour ?
Qu'est-ce, sinon que l'oubli ne commencera pas ?

[. . .] »

► Les Bannières blanches (extrait), avec dix illustrations de Robert Lagarde, Fata Morgana, 1992 - 12 euros  ici





~  La Cerise  ~







© Photo Stefan Nielsen

« [. . .]

L'hiver la roule en mousse. Des poumons de jeunes filles acclament son réveil. Elle a des partisans.

*
Elle enfile sa robe, c'est la semaine sanglante.

*
[. . .]
*

Dans le désert, elle est toute l'eau. Elle le sait ; elle s'abrite des regards, elle condamne les mirages à sa répétition. (Cependant, en silence, elle allaite une rousse, une femme plus rousse qu'un train.)

*
[. . .] »



► Le Diable (Extrait), illustré par Jorge Camacho, Présentation d'Alain Joubert, L'Embellie roturière, 1993
Suite dans l'anthologie ' Pierre Peuchmaurd ' par Laurent Albarracin, Collection Présence de la poésie, Éditions des Vanneaux - 18 euros   ici


• Ouvrage également disponible en librairie (distributeur Comptoir SPE)




~ Le dérèglement des sens  ~



© Photo Lee Friedlander


«  Ce qu'il aime surtout, c'est marcher dans la noiseraie qui entoure la maison, les yeux obstinément rivés au sol. La recherche du caillou spécial ou d'une plume de milan n'est qu'un prétexte : le jeu est de toujours fixer le sol. Lorsque, au bout d'un temps assez court (mettons un quart d'heure), il s'autorise à relever la tête, il ne sait plus où il est, il est perdu. Sans qu'à aucun moment il en ait eu conscience, cette déambulation aléatoire (et ici, il ne s'agit pas d'un pléonasme) l'a littéralement déporté. Il était devant la maison, il est derrière ; à droite, il est à gauche, et beaucoup plus loin (ou plus près) qu'il ne l'aurait imaginé. Le ciel a changé, il n'en avait rien su. Ce qu'il voit, ce qu'il sent, c'est que le monde a tourné en lui et que lui-même est en état – oui – de « dérèglement des sens », car c'est alors beaucoup plus que le seul sens de l'orientation qui se trouve affecté. L'expérience est facile à réaliser, et il la recommande : ça marche à tous les coups.

[. . .] »

En anglais . . .

«  What he likes most of all is to stroll in the hazelnut orchard that surrounds the house, his eyes stubbornly staring at the ground. The search for a special rock or a kite's feather is only a pretext : the game is to always stare at the ground. When, after a rather short time (let's say a quarter of an hour), he allows himself to raise his head, he has no idea where he is, he is lost. Without being conscious of it at any moment, this aleatory wandering (and here this is not a pleonasm) has quite literally deported him. He was in front of the house, he is behind; to the right, he is on the left, and much further (or closer) than he would have imagined. The sky has changed, he doesn't know anything about it. What he sees, what he feels, is that the world has turned inside himself and that he is in a state – yes – of '' derangement of the senses '', because it is much more than the sole sense of orientation that is affected. The experiment is easy to perform and he recommends it : it never fails.

[. . .] »


► L'année dernière à Cazillac / Least Year in Cazillac (extrait) – Édition bilingue, L'Oie de Cravan, 2010 - 10 euros - Ouvrage disponible exclusivement sur le site internet de L'Oie → Ici

Un récit en prose, autoportrait unique en son genre chez Pierre Peuchmaurd. 
→ Commande et toute correspondance : 
• L'Oie de Cravan Éditeur 5460, rue Waverly Montréal, Québec H2T 2X9 Canada 






AUTRES LIVRES 
présentés sur le Blog



'Pierre Peuchmaurd' par Laurent Albarracin - Collection Présence de la poésie -Éditions des Vanneaux - 18 euros → Présentation ici 

→ Commande et toute correspondance : 
•Éditions DES VANNEAUX 64 rue de la vallée de Crème 60480 MONTREUIL-sur-BRECHE ►Tél. (nouveau numéro) : 03 44 04 21 82 → ici

¤ Ouvrage également disponible en librairie (distributeur Comptoir SPE)




Scintillants Squelettes de rosée, avec une photographie d'Antoine Peuchmaurd, Simili Sky – 15 euros →  Présentation ici
→ Commande et toute correspondance :  
• Simili Sky 9, rue Garibaldi 93400 SAINT-OUEN 
• similisky@orange.fr 





La Nature chez Elle, sur des images de Jean-Pierre Paraggio, Collection de l'Umbo – 15 euros →  Présentation ici 

→ Commande et toute correspondance :
• Jean-Pierre PARAGGIO, 23 rue des Princes 31500 Toulouse
• jeanpierreparaggio@yahoo.fr

→ SITE COLLECTION de L'UMBO → ICI






Histoire du Moyen Âge, dessins de Georges-Henri Morin, Éditions de Surcroît – 16 euros → Présentation ici 

→ Commande et toute correspondance : 
• Georges-Henri MORIN, 28 rue de l'Annonciade 69001 LYON 
• ghmorin@numericable.fr







L'Ivre mort de lierre, Pierre Mainard Éditeur, 2011 - 8 euros → Présentation ici 

→ Commande et toute correspondance : 
• Pierre MAINARD 14, Place Saint-Nicolas 47600 Nérac →  ici


◘ ◘ 



~ BIBLIOGRAPHIE ~


◘ LE PREMIER TEXTE DE PIERRE PEUCHMAURD :
' LE RENDEZ-VOUS ' a paru dans « La revue de poche », Robert Laffont, 1966
• Texte présenté par L'Oie de Cravan Éditeur → ici

BIBLIOGRAPHIE JUSQU'EN 2009 (L'Umbo / Jean-Pierre Paraggio) :
Livres & plaquettes ; Collaboration à des revues → ici

PARUTIONS DEPUIS 2009 :
Rouge c'est-à-dire rouge, Les Loups sont fâchés, Paris, 2009 → ici
Le Papier, Le Cadran ligné, Saint-Clément, 2009 → ici  
Le Bureau des épaves, Pierre Mainard, Nérac, 2010 → ici
L'Ivre mort de lierre, Pierre Mainard, Nérac, 2010 → ici
Issa : J'ai soixante ans, je n'ai pas dansé une seule nuit, translation de Pierre Peuchmaurd, La Morale Merveilleuse, Hors commerce, 2010 → ici
L'Année dernière à Cazillac / Last Year in Cazillac traduit en anglais par Benoît Chaput, L'Oie de Cravan, 2010 → ci-dessus
Pour solde de tout rêve et autres poèmes, Préface de Jacques Abeille ; Dessin de couverture par Jacques Abeille, Atelier de l'agneau, 2012 → ci-dessus
Chansons, avec des peintures de Véronique Gentil, La Morale merveilleuse & Pierre Mainard, Hors commerce, 2013 → ici
• The Nothing Bird - selected poems de Pierre Peuchmaurd -, translated by E.C. (Sélection de poèmes de Pierre Peuchmaurd traduits par E.C. Belli), Oberlin College Press, U.S.A., 2013 → ici 
Loin de Lisbonne, un poème de 1993 réédité sous un frontispice de Georges-Henri Morin, Série Passage du Sud-Ouest, Collection de l'Umbo, 2013 → ici 
Fatigues, les aphorismes complets de Pierre PEUCHMAURD comprenant les recueils «  À l'usage de Delphine, L'immaculée déception, Le moineau par les cornes et La position du pissenlit (inédit) », éditions L'Oie de Cravan → à paraître 2014
• Vent des lanternes, Pierre Mainard éditeur, Nérac → à paraître 2014
• Le Jeudi de l'Ascension, Collection de l'umbo, Toulouse → à paraître février 2014



~ LES OUVRAGES
ET DOSSIERS INDISPENSABLES
SUR PIERRE PEUCHMAURD ~


▓ PIERRE PEUCHMAURD (Anthologie) par Laurent Albarracin, Éditions des Vanneaux, 2011 : un ouvrage indispensable → ici


PIERRE PEUCHMAURD, témoin élégant par Laurent Albarracin, L'Oie de Cravan, 2007 : véritable guide de l'oeuvre dense du poète ici


▓ Pierre PEUCHMAURD, POÈMES, Revue L'Or aux 13 îles N°2, Paris – 2011 : dossier d'une quarantaine de pages par Jean-Christophe Belotti → ici


▓ Pierre PEUCHMAURD, OEUVRE POÉTIQUE, SOAPBOX 6 (L'UMBO), 2013 par Jean-Pierre Paraggio : nécessaire feuillet poésie & art, avec extraits de nombreux ouvrages du poète → ici 

Un article sur LE MATRICULE DES ANGES à propos de L'Oeil tourné, éditions Cadex et de Colibris et princesses, éditions L'Escampette → ici



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