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jeudi 29 septembre 2011

Cesare PAVESE 'La mort viendra et elle aura tes yeux', TRADUCTION INÉDITE de Joël GAYRAUD, photo de Mario GIACOMELLI




Mario GIACOMELLI
Photo de la Série 
'Un homme, une femme, un amour (1960-1961)'
- Choix photo par I. Dalbe -



« Verrà la morte e avrà i tuoi occhi »

                                                   Cesare Pavese


La mort viendra et elle aura tes yeux –
Cette mort qui nous escorte
Du matin au soir, et jamais ne s'endort,
Aussi sourde qu'un remords ancien
Ou un vice absurde. Tes yeux
Seront une parole vaine,
Un cri étouffé, un silence.
Ainsi les vois-tu chaque matin
Quand sur toi seule tu te penches
Dans le miroir. O chère espérance,
Ce jour-là nous saurons nous aussi
Que tu es la vie et que tu es le néant.
Pour tous la mort a un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme répudier un vice,
Comme voir dans le miroir
Resurgir un visage mort,
Comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons au fond du gouffre, muets.



Traduit de l'italien par Joël GAYRAUD



 

~  Cesare Pavese

1908-1950 ~



Cesare Pavese, tour à tour, bon romancier ayant écrit entre autres : "Le bel été" -1940, "Le diable dans les collines" -1948, "Entre femmes seules" -1949, La lune et les feux (son meilleur récit publié en 1949); assurément profondément poète : "Le métier de poète" -1934, "Travailler fatigue" -1936, '' La mort viendra et elle aura tes yeux '' (publication posthume en 1951); rédacteur du magnifique journal intime "Le métier de vivre" -débuté en 1935 et poursuivi jusqu'au 17 août 1950, soit dix jours avant sa mort - publication posthume en 1952); traducteur d'auteurs anglais et américains; critique littéraire; revuiste (revue Cultura) et éditeur (Einaudi), est l'un des écrivains italiens les plus marquants de l'après-guerre.

Son oeuvre poétique et son oeuvre romanesque sont empreintes de lyrisme mais aussi d'un profond pessimisme. Pavese percevait les trois premiers romans cités ci-dessus, qui sont sa dernière grande oeuvre publiée de son vivant, comme « trois romans urbains, trois romans de découverte de la ville et de la société, trois romans d’enthousiasme juvénile et de passion déçue ». Ses recueils de poésie et son journal traitent de l'absence, de la solitude, du désir et de la haine des femmes, de la mélancolie et la mort. 'Travailler fatigue' s'attache plus spécifiquement aux thèmes symboliques de '' la colline'' (collines piémontaises) et la ''rue'' (rues turinoises).

La déception est le fil rouge de son oeuvre. Conscient de ses fragilités (mal de vivre; relations difficiles avec le sexe opposé) ainsi que de leurs ravages sur sa vie, Cesare Pavese, sans espoir en un avenir porteur, chemina sans cesse avec l'idée du suicide « [. . . ] Et je sais que je suis pour toujours condamné à penser au suicide devant n’importe quel ennui ou douleur. [. . . ] ». (Le Métier de vivre, Gallimard- Folio).

Le 27 août 1950, il se suicide dans une chambre d’hôtel, à Turin, à l’âge de quarante-deux ans, laissant sur la table de chevet son dernier et plus célèbre recueil '' La mort viendra et elle aura tes yeux'', dont les poèmes ont été écrits pour Constance Dowling.

Son amour malheureux pour cette actrice américaine, rencontrée à Rome en 1950, qui l'abandonna très vite et repartit aux Etats-Unis, ainsi que les exigences d'un amour absolu « Pensée d’amour : je t’aime tant que je voudrais être né ton frère ou t’avoir mise au monde » ("Le métier de vivre"), apparaissent comme les événements catalyseurs du geste désespéré de C. Pavese. Préalablement, dans son tragique journal 'Le métier de vivre', il avait cependant clairement affirmé : «  Une bonne raison de se tuer ne manque jamais à personne  » (23/03/1950), et « On ne se tue pas par amour pour une femme. On se tue parce qu'un amour, n'importe quel amour, nous révèle dans notre nudité, dans notre misère, dans notre état désarmé, dans notre néant. » (25/03/1950). Une auto-analyse implacablement lucide, sans complaisance à son égard, qui délivre les causes profondes de son passage à l'acte, et témoigne de sa difficulté de s'adapter au 'métier de vivre'.



 

~  Mario GIACOMELLI

1925-2000 ~



Il est l'un des plus grands photographes italiens. Ses photographies, toujours en noir et blanc, sont attachées à des séries l'ayant mobilisé, chacune, en moyenne trois ans, et dont les thèmes explorent : la vieillesse, la souffrance, la terre, l'amour. Son activité dans l'imprimerie lui a laissé le goût des contrastes typographiques : blancs appuyés et noirs majorés.

Toutefois dans la Série « Un homme, une femme, un amour » - 1960 : « Les procédés techniques sont simplifiés au maximum : tirage sans effets spéciaux et disparition des noirs riches, des contrastes marqués et des compositions foisonnantes en vigueur ailleurs. Giacomelli fait ici le portrait d’un jeune couple qui lui a ouvert les portes de son intimité. Giacomelli s’attache à leurs pas, multipliant les prises de vue. Ses modèles semblent ignorer sa présence, tout au bonheur d’être ensemble, de savourer la période la plus heureuse de leur vie. (…) L’objectif lui-même prend du recul, se montre plus discret, s’immisce moins dans cette vie qu’il surprend, et donne des personnages un rendu plus doux, plus velouté. » (in A. Crawford, Mario Giacomelli, Ed. 73 Phaidon, Paris, 2002, p.246).

M. Giacomelli nous dit que pour ce projet « Il s’agissait de rendre compte d’un phénomène universel en louvoyant entre récit et reportage, langage narratif alors assez inusité puisque fondé sur des images indépendantes, des photographies d’art. »

En revanche dans sa série préférée « La mort viendra et elle aura tes yeux / Verrà la morte e avrà i tuoi occhi » les blancs sont éclatants et les noirs profonds. Pour cette série, Mario Giacomelli illustre de manière très personnelle, en se le rappropriant, ce poème de Césare Pavese puisqu'il a photographié les pensionnaires de l'hospice de Senigallia, où sa mère a travaillé. Il a souhaité montrer non seulement la déchéance des corps et l'infinie solitude de ces êtres avançant inéluctablement vers la mort, mais surtout les cris muets comme, par exemple, celui d'une mère attendant en vain la visite de son fils. « Ce que j'essaie de photographier, c'est une pensée ». 
M. Giacomelli.

Epris de poésie, Mario Giacomelli a conçu d'autres séries en référence à des textes de divers poètes, parmi lesquels Giacomo LEOPARDI, dont Joël Gayraud a contribué à faire connaître l'œuvre philosophique en France.


Pour aller plus loin avec Mario Giacomelli :
Photographie de la Série L'Infini accompagnant le poème 'L'INFINI' de Giacomo LEOPARDI avec une traduction inédite de Joël GAYRAUD
Présentation du travail de Mario Giacomelli
L I E N → ici  




◘  La trilogie des machines

Cesare Pavese


Inédit retrouvé en 1992
traduit par Joël Gayraud  ◘





 Cesare Pavese 'La trilogie des machines '
traduction par Joël Gayraud
Mille et une nuits, Paris, 1993


Il s'agit d'une trilogie de nouvelles futuristes écrites en 1928 ( L’aventurier manqué; Le mauvais mécanicien; Le Pilote malade ) retrouvées en 1992, traduites par Joël Gayraud (publication 1993) avec une postface « La solitude et le tourment de vivre » de Marziano Guglielminetti.

Dans la trilogie des machines «  Césare Pavese soumet l'esthétique futuriste à un véritable renversement de perspective : la vitesse, la cité moderne et le triomphe de la machine n'apparaissent plus comme les instruments d'une hypothétique libération, mais comme autant d'occasions pour l'homme de perdre son identité.  » Note de l'éditeur


 ◘


~ JOËL GAYRAUD

POÈTE ; ESSAYISTE ;

TRADUCTEUR ; CRITIQUE D'ART ~




Joël Gayraud est présenté comme membre du groupe surréaliste depuis 1996, et comme poète, essayiste et créateur d'objets, dans l'ouvrage de référence : Kaléidoscope surréaliste, une vision du surréalisme international*, de Miguel Perez Corrales (professeur de philologie espagnole à l'université La Laguna de Ténériffe ; critique et essayiste).

* Caleidoscopio surrealista, una visión del surrealismo internacional (1919-2011), La Página ediciones




◘  BIBLIOGRAPHIE  ◘


Mise à jour octobre 2013

• Prose au lit, La petite chambre rouge, 1985

• Si je t'attrape, tu meurs, Syros, 1995

• La Peau de l'ombre, José Corti, 2004 → compte-rendu ici et ici
     ►« La Peau de l'ombre » est citée dans l'ouvrage, Kaléidoscope surréaliste, de Miguel Perez Corrales.
          ► Des extraits «  La Peau de l'ombre » ont paru en traduction dans le numéro 15-16 de Salamandra, la revue du groupe surréaliste madrilène.
                   ► Des extraits «  La Peau de l'ombre » ont aussi paru dans les n° 18, mai-juin 2004, n° 19-20, juillet octobre 2004, n° 21, novembre décembre 2004 de la revue romaine Il caffè illustrato.

                          ■ Joël Gayraud sur le site de José Corti → ici

• Ordonnance, Le Cadran ligné, 2010 → ici

• Clairière du rêve, Collection de l'Umbo, 2010 → ici

• Passage public, L'Oie de Cravan Éditeur, 2012 → ici

• Ocelles, couverture et dessins de Virginia Tentindo, Collection de l’Umbo, série Grand Format, 2014. → ici   


◘ Il collabore régulièrement à des revues : Le Bathyscaphe ; Les Cahiers de L'Umbo ; L'Impromptu ; L'or aux treize îles ;  Nomades ; Recoins ; Empreintes ; Mirabilia ; L'œuf sauvage.

• Un de ses poèmes 'ÉCLUSE', paru dans la revue L'Impromptu : → ici

• Une de ses nouvelles 'L'ERRE', parue dans la revue Le Bathyscaphe : → ici





◘  TRADUCTEUR  ◘


Outre Cesare PAVESE , 

- Principales Traductions -


~ Giacomo LEOPARDI (1798 – 1837)
moraliste, poète et philosophe italien ~


Joël Gayraud, grâce à ses traductions de nombreux ouvrages importants de G. Leopardi, a grandement contribué à rendre accessible, en France, à un large public, l'oeuvre de cet immense auteur, demeurée très longtemps confidentielle et connue, surtout, d'une élite intellectuelle.

► Aux Editions José CORTI, Paris :
Mémoires de ma vie, 1999

► Aux Editions ALLIA, Paris :
• Les Petites œuvres morales, 1992
• Le Massacre des illusions, 1993
• Pensées, 1994
• Journal du premier amour,1994
• La Théorie du plaisir, 1994
• Lettre inédite de Giacomo Leopardi à Charlotte Bonaparte, 1996
• Théorie des arts et des lettres,1996

► Mille et une nuits, Paris
Éloge des oiseaux,1995

■ Traduction inédite du poème 'L'infini' ici




~ Giorgio AGAMBEN (1942)
philosophe italien ~


• L'Ouvert : de l'homme et de l'animal, Paris, Payot & Rivages, 2002
• Homo Sacer. II, 1, État d'exception, traduit par Joël Gayraud, Paris, Seuil, 2003
• avec Valeria Piazza, L'Ombre de l'amour : le concept d'amour chez Heidegger, traduit par Joël Gayraud et Charles Alunni, Payot & Rivages, Paris, 2003
• La Puissance de la pensée : essais et conférences, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Paris, Payot & Rivages, 2006
• Signatura rerum : sur la méthode,Vrin, Paris, 2008
• Homo Sacer. II, 2, Le Règne et la gloire, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Le Seuil, Paris, 2008
• Le Sacrement du langage : archéologie du serment, traduit par Joël Gayraud, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques – Poche », 2009
• Homo Sacer. IV, De la très haute pauvreté : règles et forme de vie, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2011
• Qu'est-ce que le commandement ?, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2013
• La guerre civile, traduit par Joël Gayraud, Éditions du Seuil, 2015 




~ OVIDE ~
(43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C.)
poète latin


• L'art d'aimer, Mille et une Nuits, Paris, 1998




~ SAPPHO de Mytilène
(VIIe - VIe siècle av. J.-C)
poète grecque ~


Joël Gayraud nous offre une traduction, sans doute, du plus beau poème lyrique de toute l'Antiquité.

• ODE (I, 2), Le Cadran ligné, 2012 → ici





◘  CRITIQUE D'ART  ◘


- Quelques articles sur ce blog -


◘ Son approche de l'œuvre de P. Cadiou 'L'art magique de Patrice Cadiou' parue dans la revue L'œuf sauvage, N°10.
A l'appui de surprenantes sculptures : « [. . .] totems sans tribus, fétiches sans officiants ni adorateurs [. . .] », Joël Gayraud nous parle avec brio de ces belles et saisissantes oeuvres de cet artiste, nous captivant par là sans réserve. Article et photos → ici


◘ Son approche des oeuvres des ''bâtisseurs de l'imaginaire'', ''inspirés du bord des routes'', ''révoltés du merveilleux'', ''habitants de l'éphémère'', ''bricoleurs de paradis'', ces enchanteurs présents dans le livre de Bruno Montpied 'L'Éloge des jardins anarchiques', accompagné du CD de Rémy Ricordeau 'bricoleurs de paradis'( éditions L'insomniaque).

L'article de J. Gayraud ' Tous les jeux sont permis dans le labyrinthe ' a paru dans la revue Le Bathyscaphe, N°7. Article et photos → ici


◘ Son approche de l'intrigant fait des mains coupées (cassures propres et franches évocatrices d'une mutilation intentionnelle) de statuettes en porcelaine ou en biscuit représentant la Vierge Marie.
MATER DOLOROSA, donc mère de douleur, est le titre choisi pour coiffer cette curieuse histoire de mains mariales coupées que Joël Gayraud nous narre de manière autant érudite qu'éminemment attractive.

L'article de J. Gayraud a paru dans la revue L'œuf sauvage, N°11. Article et photos → ici


◘ Son hommage à Jean BENOÎT ( 27 août 1922 – 20 août 2010 ) l'un des derniers grands artistes surréalistes → ici






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