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mercredi 9 mars 2011

REVUE NOMADES N°3 '' Jetez l'ancre'' - Littérature et Poésie

Fondée à Neuchâtel (Suisse), en 2008, par un groupe de jeunes auteurs et artistes en quête de nouveaux horizons, Nomades est une belle revue de littérature et poésie (sous forme de cahier relié de grand format), à parution annuelle, imprimée sur un papier de choix, et où publient des auteurs importants ainsi que des artistes talentueux.

Son comité de rédaction défend « la recherche, la mise à l'épreuve et la divulgation du beau sous toutes ses formes (. . .) avec la conviction éperdue que ce qui nous survit est la part du rêve jetée dans nos vies. Cherchant à s'engager au plus profond de l'éperdu, de l'amour et du réel, au coeur de l'énigme qui a cours entre l'être et le néant, Nomades se voue corps et âme à la quête alchimique de la pierre philosophale, dans les terres fertiles, vivifiantes mais combien périlleuses de la poésie ».




Revue N°3, couverture Diego PLACI  
32.00 CHF / 23 EUROS
Revue Nomades Rue de la Dîme 96
CH - 2000 Neuchâtel Suisse

L I E N SITE NOMADES → ici 



LITTERATURE ET POESIE

« (. . . ) larguer les amarres, chercher ce qui rêve, déserter les surfaces - tendre à se rompre le grand arc de s'aimer. » NOMADES – extrait Revue N°3



Joël GAYRAUD : nous donne à lire un superbe texte avec son mouvement des désirs sondables / insondables, et à la rencontre d'une ville, celle-ci nuit et jour en pleine course haletante mais sans jamais proposer l'offre marchande de l'ivresse et de l'amour au marin descendu à terre. Un lieu avec de larges avenues convergeant vers une place monumentale, au pouvoir d'attraction diabolique. A ne pas plus pouvoir s'y soustraire pour gagner le port de départ. De fait, une place comme aimantée et donc maudite, et d'où sourd, par paliers, un enfermement oppressant.



LA PLACE PANIQUE

«  J'en avais traversé des océans, j'en avais essuyé des typhons et des tempêtes quand j'ai débarqué un soir dans ce port inconnu, hérissé de tours scintillantes et grouillant d'un peuple petit mais fier (. . . ). Nul bistrot, nul pub, nulle taverne à l'horizon. Pourtant le commerce était florissant (. . .) mais de tentations offertes, de chair à louer ou à vendre, je n'en voyais nulle part (. . . ). Aussi décidai-je de rejoindre le port. (. . . ). Je demandai mon chemin (. . . ). Un petit homme qui arborait sa fierté au-dessus de son col détrempé de sueur m'indiqua la direction (. . . ). Un petit homme fier, mais de quelle victoire, de quelle conquête ? Au bout de quelques minutes, j'arrivai sur une place immense (. . .). Une place parfaitement ronde (. . . ) bordée par autant de tours que de rues, toutes pareilles, revêtues de haut en bas de miroirs où leurs reflets s'échangent à l'infini. Et chaque jour depuis dix ans j'essaie de quitter ce cercle maudit (. . . ). Chaque jour je m'enfonce en vain dans la ville sans trouver la direction salvatrice (. . . ). Et lorsqu'en désespoir de cause, à bout de forces, je demande mon chemin, un petit homme suant et fier m'indique en souriant la place aux miroirs » - Extrait



Mauro PLACI : deux beaux textes


LES EXTERIEURS RETROUVES

«  (. . . ) cette terre rouge soudain chaussée de mousses, où les grenades ne sont plus de vains atours dénués d'espérance, mais de véritables fruits à prendre, de lourdes grappes de sang pendues aux lèvres d'arbres jamais aussi verts qu'en cet automne de paille folle (. . . ) ».



NE TAISONS PAS LES LARMES FIEVREUSES

« (. . . ) Cette obstination douloureuse à nous gorger d'un air pur, ce regard toujours pris dans la foudre du temps, nous les aimons de nous guider à travers les nuits froides, et de glisser sous nos pas la clameur de l'abîme, puis la facilité du saut.
Vivre et avoir vécu, voilà ce que demandent nos étoiles ».


*


Illustration de Diego PLACI
 sur le voyage au Moyen Âge, et de nos jours


et, toujours de Mauro PLACI,
un troisième texte en ouverture
 du thème sur le voyage initiatique :
HEUREUX QUI A LA CROISEE DES CHEMINS (avec les contributions d'universitaires : A. Corbellari et A-F Jaccottet)



PIGEONS VOYAGEURS

« (. . .) Il faut l'admettre, le voyage est devenu la grande affaire des touristes. Adieu donc, les preux chevaliers !
La mondialisation, qui se fait forte de faciliter les voyages (on dirait plus justement les déplacements) par une mise en réseau plaçant n'importe quel point géographique à portée de porte-monnaie, (. . . ) a favorisé la mise en demeure et l'anéantissement du voyage proprement dit, à savoir le voyage initiatique.
(. . . ) Le monde, sans doute, a été ratissé de toutes parts, et il ne reste plus un endroit où l'on ne puisse se sentir comme chez soi. Le voyage a perdu la perspective émerveillante de pouvoir être sans retour. (. . . ). La surface, cette fois-ci, semble définitivement colonisée. Et ce à l'instant même où l'on aura jamais autant parlé de décolonisation.
L'âme de l'univers, cependant, reste inconnue. Les brèches, quoi qu'on en dise, existent, et c'est par en-dessous que le voyage peut encore se faire. Et si les trous noirs étaient le coeur battant du monde ? Et s'il existait comme Orphée nous l'enseigna, des lieux magiques qui, par l'abîme, communiquent avec les véritables royaumes du péril ? (. . . ) » M. Placi



Alain CORBELLARI : en nous livrant des repères historiques et précisions linguistiques, nous entraîne sur le chemin du pèlerin médiéval . . . menant à la forêt de Brocéliande « où s'est réinventée une errance qui ne nous a plus quittés ».


LE MOYEN ÂGE A LA CROISEE DES CHEMINS


«  (. . . ) Certes, le tourisme n'existe pas au Moyen Âge ou alors il s'appelle le pèlerinage. Et il est vrai que le Guide du pèlerin de Compostelle rédigé au 12e siècle a tout du proto-Michelin : on signale les curiosités qui valent le voyage, celles qui méritent un détour (. . . ); on en profite pour raconter la geste des héros morts le long du chemin et qui ont laissé leurs reliques, car ces routes que fréquentaient les pèlerins étaient aussi celles des hommes de guerre : les Croisades sont nées, au 11e siècle, du désir de protéger le cheminement des pèlerins de Jérusalem ou de Compostelle.
(. . . ) Mais les plus grands marcheurs du Moyen Âge sont peut-être encore les intellectuels : pour assouvir leur passion d'apprendre, les étudiants (. . . ) n'hésitent pas à sillonner inlassablement la Chrétienté en quête de maîtres, de savoirs inédits et de nouvelles expériences. (. . . ). Et les enseignants ne sont pas en reste (. . . ).
A cette bougeotte perpétuelle, nulle topographie claire, pourtant, ne vient en aide (. . . ). On avance selon le soleil et les étoiles (. . .), on suit les routes ouvertes, on demande son chemin aux autochtones et, de lointain en lointain, on arrive toujours là où nous a conduit notre désir (. . . ).
Ce n'est qu'avec la IIIe Croisade que les Croisés se décideront à prendre enfin la rapide voie maritime,après avoir compris, lors des deux premières expéditions, que les routes terrestres étaient par trop semées d'embûches.
(. . . ) La mer bruit davantage dans les récits celtiques que dans les épopées, et c'est alors un tout autre chant qu'elle nous fait entendre : sa profondeur est comme niée, aplanie par cette horizontalité qui détermine tout l'espace des anciens celtes. Dans l'histoire de saint Brendan, les dos des baleines deviennent des îles et l'enfer même est à fleur d'eau : c'est sur un écueil que Judas, enchaîné tel Prométhée, purge son supplice éternel. Saint Brendan sur sa nef est le frère des chevaliers arthuriens : pour lui l'autre monde est toujours en avant ou en arrière, mais jamais en haut ou en bas. Comme Breton le bien nommé le dira au 20ème siècle, le héros des légendes celtiques n'a de cesse de s'émerveiller que ''tout l'au-delà soit sur cette terre''. Et nous touchons peut-être ici au sens le plus secret de la compulsion voyageuse de l'homme médiéval : aussi orientée que soit sa vision par tous les signes du surnaturel, c'est bien dans ce monde-ci qu'il espère trouver le graal  (. . . ) ».



Anne-Françoise JACCOTTET : nous parle des rêves d'ailleurs, désirs de voyages et voyages dont on rentre grandi.


 
HEUREUX QUI COMME ULYSSE


A-F Jaccottet nous remet sur le chemin d'Ulysse, Jason, Orphée, nous rappelant que ce dernier « qui accomplit un voyage plus fou encore en descendant aux enfers, armé de ses seuls chants, pour obtenir le retour de sa bien-aimée Eurydice : n'est-ce pas aux limites de l'humain qu'il descend, n'est-ce pas le mystère de la vie et de la mort qu'il sonde ? La mort, cette absolue altérité, dont la conscience fait l'homme. La mort comme voyage initiatique pour se dire, pour s'espérer au-delà des angoisses (. . . ) »
Odyssées initiatiques qui au travers « d'expériences de l'ailleurs construisent l'homme ». Puis l'auteur s'interroge sur l'objet des voyages initiatiques de l'homme du 21ème siècle en proposant un « voyage à la conquête du passé pour mieux se (re)connaître, un périple à la découverte de l'altérité des civilisations disparues pour se comprendre et comprendre le monde d'aujourd'hui ». Ceci en convoquant l'archéologue « professionnel du voyage dans le temps » et l'astrophysicien « remontant le temps cosmique jusqu'au ''Bing-bang'' » pour partir « à la découverte de l'origine du monde, de la vie, de l'homme. (. . . ). L'archéologie, comme l'astrophysique est un voyage initiatique, une Odyssée que chacun de nous est invité à réinventer, à revivre pour conquérir son statut d'être humain. Ulysse, Jason, Orphée, figures du passé, figures toujours vivantes par lesquelles nous exprimons encore aujourd'hui le voyage intérieur, la découverte de l'altérité, qui nous donne notre identité, la naissance de l'homme à lui-même (. . . ) ». Ces trois figures étant « emblématiques de l'archéologue, de l'astrophysicien, de l'homme qui se cherche » (. . . )


Samira ZOUBIRI : un beau poème

BRISE

« (. . . ) Matelot de bercail
J'arpente le souffle d'un vent tuméfié
Qui refuse à jamais de gonfler mon étoile
D'efflanquer mes orages

Je dérive loin des amertumes dociles
Je relaie les on-dit et perçois les sarcasmes
Ne me reste que le rivage aux mille tourments
La relâche aux cent couronnes »

-Extrait


Louis-François DELISSE : Texte et deux poèmes de ce poète majeur, illustrés par Diego PLACI

Un texte sur le voyage fait de souvenirs qui remontent, et de comparaisons des choses vues et vécues à longs intervalles de temps.


VOYAGER FUT AUSSI SONGER


« C'était en 1963, et encore en 2010, que j'atteignais la rive du lac Tchad (. . . ). En 1963, le lac (puissamment arrosé au sud-est de deux fleuves, Logone et Chari (. . . ) recevait, du sud-ouest, deux minces affluents, les deux Komadougou (. . . ). Et je suis allé souvent à la Komadougou Yobé, ruisseau tranquille sous une fine forêt galerie, aux arbres et fruits et bestiaires extraordinaires, imprévus, d'un véritable Paradis retrouvé : là vivaient dans les arbres, de petits singes ravissants, coiffés en nonnes, avec des doigts d'enfants, et dans les eaux, des poissons-lunes qui s'arrondissaient hors des eaux, pour garder de l'air. (. . . ). Là, je vais toujours, nu, dans mon songe, l'Adam d'une Eve point farouche, du teint très clair d'une Peule, ces autres reines d'une Egypte dite ancienne, qu'Isis a éternisée, au bout de mes voyages. » -Extrait


*

LIEU-DIT DES TROIS PONTS -Poème

« (. . . ) elle a vingt ans
et enterre son mari sous
un archet de plumes rousses
suppose que la reverdie
des plantes c'est en automne
elle a dix ans
et déshabille la fenêtre

elle a cent ans
et reconstitue le puzzle
de la lune cousue au
violon, suppose
que la mort s'est retirée
sur ses trois pieds
suppose la supposition
faite trois ponts

et ta femme
réchappée de tourbillons
couchant sa figure
enfin calme
sur les bras croisés
du vent »

-Extrait



RECU DE CHINE ANCIENNE POUR LA NOEL : Autre poème de Louis-François Delisse à découvrir dans la revue



Jonathan WENGER : Poèmes du revoir

« (. . . )
Le pré vert, vide.

Une épitaphe au fil de l'eau :
Lune triste,
Fleur de ruisseau.
Le revoir ! Merci
La longue chaîne des 108 poèmes modulant l'antique chant,
quand les symboles sont synonymes.

*

Le remâchement du nécessaire, un peu.
Le bruit des pages tournées
comme craquellantes à l'âtre.
Comme le chat roux dans les feuilles mortes,
qui ressautera un peu plus loin.
Le feu et ses 108 infinités de flammes :
L'envol de la chouette dorante.
L'au revoir.

-Extraits. Dans la revue : nombreux autres de ces beaux poèmes du revoir.



Henri MICHAUX : PLUME VOYAGE . . . Texte à découvrir dans la revue





Une des superbes illustrations 'Volutes de fumée'
 de Diego PLACI
 accompagnant les poèmes de Alice MASSENAT


Alice MASSENAT : trois poèmes -Sans titre
de ce poète à la très  belle voix singulière, puissante et saisissante


POEME 3


Riez
la mémoire qui s'engloutit au firmament de notre histoire
Balisez les chemins de traverse
où les glaces sans tain dégainent
les genoux fracassés
hilares

Je les suis
et ces pavés se gargarisent de leurs mots
qui n'en finissent jamais de courir
Incrédule je les poursuis
la pluie s'amourachant
de l'obscène défi

Les tombes sont là
et l'heur s'enfuit
où vivre est sans pareil
d'escortes inavouées
le mausolée qui se détruit
enfin

Appuyez donc d'une main féline
sur la détente
que je puisse expulser ma lie
aux cadastres de l'effroi

Il me contourne
percute la chamade
et ses brimades aux flots de ligature
s'estompent
la vielle arpentée de ses incommensurables




ART



BERTIL : Huit superbes gravures de l'artiste

ASTROLABERTIL

«. . . Bertil, (. . . ) une comète en pleine nuit cérébrale » Extrait – Nomades



BERTIL ' Pariade ' - 1995, Gravure


« Je suis heureux d'effectuer mes gravures sans esquisse préalable. Cela me donne beaucoup de liberté et je peux voir la gravure se développer sous mes mains. (. . . ). Ces gravures, je ne les avais pas du tout imaginées comme ça. Mais quand je me mets à travailler, le subconscient prend le dessus (. . . ) » Bertil





Illustrations


Maëlle SCHALLER : deux dessins
Diego PLACI : plusieurs autres dessins et peintures


I. Dalbe

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