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mercredi 21 septembre 2016

Pierre BERGOUNIOUX, ESTHÉTIQUE DU MACHINISME AGRICOLE, suivi de PETIT DANSEUR par Pierre MICHON, Le Cadran ligné, juin 2016




ESTHÉTIQUE DU MACHINISME AGRICOLE, Pierre Bergounioux suivi de PETIT DANSEUR, Pierre Michon, 48 pages, format 13 x 20 cm, 13 € (franco de port)


COMMANDE ET CORRESPONDANCE :


Chèque à l’ordre de Le Cadran ligné

LE CADRAN LIGNÉ

Le Mayne
19700 Saint-Clément

Laurent.albarracin//gmail.com
(COURRIEL/MAIL : remplacer // par le signe @)


► CATALOGUE TÉLÉCHARGEABLE → ICI

► SITE LE CADRAN LIGNÉ → ICI



◘ _ ◘



~ LECTURE par Isabelle DALBE ~



Pierre Bergounioux introduit son ouvrage ESTHÉTIQUE DU MACHINISME AGRICOLE par une réflexion sur l'expérience esthétique, en précisant que le XXe siècle nous a appris : « la relativité de la donnée de l'expérience qu'est le beau ». Par suite, l'auteur nous informe qu'il est question « non de l'objet mais de la perception que nous en avons laquelle est régie par des rapports de force qui orientent et fixent les rapports de sens ».

P. Bergounioux poursuit son explication en remontant à l'histoire des luttes des classes et aux conséquences en découlant sur « le registre de l'expression qui a continuellement reflété les intérêts, les goûts des puissants tandis que les opprimés, la paysannerie […] puis le prolétariat ouvrier n'y ont jamais eu accès ». Puis il passe en revue les changements des dernières décennies (mutations dans une société massivement rurale), en s'attachant à leurs effets, regrettables, notamment dans les lieux reculés (comme la Corrèze), finalement gagnés par une désertion générale. Ces développements réflexifs nourris de savoirs pluridisciplinaires, et également assortis, dans les bruits de la sphère artistique, d'exemples d'artistes ayant émergé dès la fin des années cinquante, pour avoir probablement fait, tout comme l'auteur, le constat « qu'il n'est pas d'objet, d'activité qui ne comporte, potentiellement, une valeur esthétique», intéresseront sans conteste les lecteurs souhaitant, grâce à d'amples informations découvertes voire simplement rappelées ou complétées via des liens croisés, en être instruit.

Puis, le cours de cette marche dans un temps révolu, inexorablement marqué par la perte des outils de repère d'alors, nous ouvre aux « épaves terriennes (brabants, faucheuses, herses, cultivateurs)»  provoquant cet hésitant dilemme : soit leur abandon à « l'oubli et la rouille », soit l'activation de la sensibilité humaine « à la forme que masquait leur fonction ». Pour sa part, Pierre Bergounioux deviendra glaneur, dans des décharges à l'air libre improvisées et les casses, des matériaux constitutifs du médium de son art.

Alors que l'équipement agricole a été conçu en dehors de toute considération esthétique, dans le registre des marchandises (automobiles de marques concurrentes « aux enveloppes de tôle habillant une même technologie », etc.), coiffé par « la culture de marché », P. Bergounioux nous livre l'observation fine et appropriée de l'anthropologue Marshall Sahlins : '' On ne produit plus des objets pour les sujets mais des sujets pour les objets''.

« C'est le regard qui crée l'objet », et P. Bergounioux ajoute à cette aiguë percée stabilisatrice : «  Il a fallu que les auxiliaires de bois et de fer de la paysannerie traditionnelle soient désaffectés, rendus à l'immobilité et, aussi que nous les considérions du regard distant, indifférent, de qui vit ailleurs et travaille autrement pour qu'ils révèlent une beauté '' objective '', comme aurait dit André Breton, restée inaperçue du temps qu'ils servaient. »

Cet ouvrage est accompagné d'un cahier de seize photos de fort belles sculptures de Pierre Bergounioux qui, pour chacune de ses réalisations, a employé  un ensemble précis de pièces spécifiques ou l'une d'elles, sauvées du parc d'un matériel agricole définitivement boudé : boulons, chaîne à ergots, lames de rotavator, lames de cultivateur : « Avec leur double courbure, concave, dans la longueur, convexe, dans la largeur, et leurs deux trous médians de fixation, les lames de cultivateur, miment des visages […] », doigts de faucheuse : « Les doigts effilés des barres de coupe des faucheuses évoquent irrésistiblement des poissons ou des têtes d'oiseaux ou des corps d'antilope. », griffes de pelleteuse, ruban métallique, limes, tôle gaufrée, etc. Au final, les œuvres abouties du sculpteur Bergounioux condensent une véritable esthétique d'un fer savoir.

Le texte « PETIT DANSEUR » (*) de Pierre Michon est attaché à l'œuvre que P. Bergounioux lui a offerte et qu'il a aussitôt placée dans sa propriété de campagne inhabitable, sertie de « pieuses ruines » (remblai ancien aujourd'hui réduit à des fougères et ronces) dont il dévoile et explique avec délicatesse la double nature «dévot-mêlé», celles-ci lui ayant paru idéales pour l'exécution de pas de danse exécutés « avec un grand sérieux, une grande application, un bon vouloir ouvert, enfantin, viril » par ce gracieux et malicieux être sautillant, rehaussé de panache déifié.



© Pierre Bergounioux, Petit danseur
(photo Pierre Michon)

« C'est un personnage en pied, peut-être qu'il danse. Il est fait de trois tiges de fer plus ou moins coudées et d'un boulon aveugle qui figure la tête. Sa poitrine est sertie dans des mailles flottantes dont je n'ai jamais décidé si c'était un petit gilet de berger ou la cuirasse d'un hoplite. L'égide d'un dieu, pourquoi pas. Les bras sont levés, l'un plus que l'autre, et le pied gauche l'est aussi avec fermeté et décision, comme on attaque un pas. […] Le tout est à la fois léger et gravement tiré vers le sol, comme l'est un danseur paysan. » P. M - (*) Ce texte de Pierre Michon accompagnait l'exposition de Pierre Bergounioux « Sillons et écritures », de 2011.-

En conclusion, Pierre Bergounioux irise nos pupilles en champ libre pour nous parler, inévitablement, de la captivante et flamboyante alliée rousse du fer : « Lorsqu'il a bouclé le cycle de l'usage et de l'usure, la rouille s'y met. Et, par un sortilège comparable à celui qui dévoile la qualité esthétique sous la finalité pratique, l'oxydation libère la gamme des couleurs dont il s'anime lorsqu'il s'unit à l'atmosphère atmosphérique. Elle magnifie leurs noces. La rouille est d'abord peintre puis, le temps aidant, graveur. Elle burine, creuse, ajoure le métal, l'allège, le brode de motifs aussi délicats qu'imprévisibles et ce sont, là encore, de ces enchantements qu'il ne tient qu'à nous de voir, de fixer. ». Mais sa plume gardant le suspens sur le souffle vertical de ses créations riches de son bel imaginaire, il laisse les lecteurs juges de l'intensité de l'irruption dans leur regard de ses/ces choses quasi animées : Trouée ; Rétractation ; Proto-écriture ; Méfaits de l'oxydation, etc., et de ses/ces êtres tout de fer dans la vapeur de l'effervescence, et à la haute prestance et grande élégance sous leurs noms évocateurs : Bayadère ; Hommage aux sculpteurs fang ; Hommage aux sculpteurs bambara ; Baron capétien ; Danse russe ; Grand état major, etc.

Sur ce qu'il voit, son jugement et ses impressions s'y vrillant, le lectorat doit alors garder la jeunesse de savoir se livrer à lui-même son propre ressenti. Ainsi semble, peut-être à juste titre, le penser et vouloir Pierre Bergounioux qui, en clôture de son exposé expansif, offre à voir l’œuvre « Jeunesse » édifiée à l'appui d'une cornière vrillée.

Lectrice parmi ce lectorat, ma célébration « Présence crête rouge » se place donc, ici, face à « Hommage à Modigliani », l'une des sculptures présentes dans l'encart photographique du livre.




© Pierre Bergounioux, Hommage à Modigliani, pièce de batteuse


Crête rouge comme une lampe claire qui apporte une lisière du temps. A l'échancrure : Hommage à Modigliani. Et frappe le plus réel : la dédicace aux yeux modiglianiens sans regard, et qui coule vers ce rendez-vous prophétique où respire le masque. Puis éclaire ce devoir dans une lumière gorgée de l'écrit. Hymne aux couleurs enrichies du pinceau de mémoire, faiseur des sillages de la présence. Ce jour de chaque jour, Présence crête rouge, es-ce bien toi qui reviens toujours aveuglante ?

© I. Dalbe


◘ ◘


~ LECTURE par Pierre VINCLAIR ~


« Petit danseur », le texte que Pierre Michon consacre à la sculpture éponyme de Pierre Bergounioux, débute ainsi :
Nous devons à Pierre Bergounioux l'œuvre littéraire la plus accomplie de ce temps. La seule sans doute qui nous rappelle avec éclat que la beauté des lettres ne saurait être dissociée de la stricte recherche de la vérité [...].

Cette affirmation se trouve en appendice d'Esthétique du machinisme agricole, un très beau texte de prose que Pierre Bergounioux vient de publier au Cadran ligné. Il y déploie une méditation dense et tenue, historique et philosophique, sur la beauté que l'on peut voir dans « les brabants, les faucheuses, les herses » (p. 16) à partir desquels il compose ses sculptures :
Il a fallu que cet équipement tombe en déshérence, pourrisse, solitaire, dans les friches ou s'entasse dans les casses pour qu'apparaisse la qualité plastique que lui conférait, paradoxalement, l'absence de toute considération esthétique dans sa conception. (p. 34)

On voit bien comment la prose de Bergounioux, à la fois spéculative et sensible, peut illustrer l'affirmation de Pierre Michon selon laquelle « la beauté des lettres ne saurait être dissociée de la stricte recherche de la vérité ». [...]

© P. Vinclair → SOURCE ici


◘ ◘


~ LECTURE par Tristan HORDÉ ~

« Cet essai a été écrit pour présenter trois expositions, deux à Nantes — dont la première était augmentée du texte de Pierre Michon — et une à Tulle. […].

Les sculptures en métal de Pierre Bergounioux, dont 16 sont reproduites, sont élaborées à partir de ce que l’activité humaine n’utilise plus, des déchets récupérés dans des casses1, « pôle de destruction vers lequel tout produit s’achemine lorsqu’il contient du métal ». Parfois, la pièce choisie n’est pas modifiée et une tige en fer la fixe sur un support en bois. Le plus souvent, les rebuts sont assemblés selon un projet : il s’agit notamment de figurer tel animal, de reproduire un masque d’une communauté africaine, de restituer le mouvement d’une danseuse, d’évoquer un personnage (par exemple don Quichotte), de donner une forme visible à une abstraction (par exemple le temps), etc. Devant « une forte poutrelle en U » et « un paquet de tôle forte repliée sur trois ou quatre épaisseurs, ondée, plissée », que faire ? « Me contente d’ajouter une sorte de tête à la première, et j’ai alors un danseur sauvage. La deuxième se suffit à elle-même. Je soude un tirefond au pied, la brosse et la vernis. De pièce ratées, je tire un masque fang [etc] »2. Dans tous les cas, ce qui était voué à disparaître devient sculpture, ‘’objet d’art’’ : « C’est le regard qui crée l’objet », écrit justement Pierre Bergounioux : isoler les pièces d’une machine — les doigts d’une faucheuse — et les réunir dans un ordre bien éloigné de celui de la machine, monter l’objet obtenu sur un bois et le présenter dans une salle prévue pour recevoir (même provisoirement) des sculptures, toutes ces opérations transforment radicalement le statut de l’objet, d’autant plus qu’exposé il est accompagné d’un texte. Ce n’est pas que l’élément extrait d’une machine, quelle qu’elle soit, ait une « beauté objective », comme le prétendait Breton, cité dans l’essai, c’est plutôt que cet élément est susceptible de devenir œuvre d’art selon des critères propres à une société à un moment donné : on sait depuis Marcel Duchamp que placer, par exemple, un véhicule accidenté dans un lieu particulier qui reçoit des visiteurs, comme une galerie ou un musée, le consacre objet d’art.

Pierre Bergounioux brosse à grands traits l’histoire de la relation entre les productions artistiques et les rapports d’exploitation, puis retrace la lente disparition de la société agraire — même si le mot est toujours employé, souvent de façon démagogique, il n’y a plus au début du troisième millénaire de paysans. De là l’abandon de l’outillage traditionnel « en bordure du champ qu’on allait rendre à l’ajonc, aux genêts, aux fougères qui poussaient, à l’origine, et qui reviennent, à la fin. Avec l’industrialisation de l’agriculture et, parallèlement, celle de la plupart des activités autrefois artisanales, la plus grande partie de l’outillage traditionnel, quand elle n’est pas vouée à l’oubli ou livrée à la casse, devient objet de décoration, récupérée dans une ferme — une charrette à un rond-point, une charrue sur une pelouse — ou vendue dans les vide greniers — rabots, varlopes, gouges, etc. C’est surtout dans le « chaos métallique » de la casse que Pierre Bergounioux choisit ses matériaux, et c’est « un commerce avec le fer, un combat avec le fer », comme l’écrit Pierre Michon, qui aboutit à re-présenter autrement certains moments du monde.

Le Petit danseur est la première des 16 images reproduites. Le danseur de fer, offert un jour à Pierre Michon, a été placé sur un remblai, tout près d’une maison ruinée ; pris progressivement dans les ronces, il connaît ainsi le sort des anciennes machines agricoles. Peut-il sortir de l’oubli ? « Un jour peut-être, quand j’aurai appris l’usage de la débroussailleuse et celui de ma vie, je le libérerai des ronces, il reverra la lumière. Nous reverrons la lumière, lui et moi. »

© T. Hordé, extraits. Compte rendu complet → ici

1 Voir Pierre Bergounioux, La Casse, Fata Morgana, 1994.
2 Pierre Bergounioux, Carnet de notes, 2011-2015, Verdier, 2016, p. 588.


◘ _ ◘



R A P P E L

Parutions Le Cadran ligné


TRAIT FRAGILE, un essai critique de Pierre BERGOUNIOUX mis en regard des œuvres de Jean-Pierre BRÉCHET. six reproductions de lithographies, LE CADRAN LIGNÉ, 2013, 32 pages, format 19 x 25 cm, 18 € (franco de port) → Comptes rendus ici  et  ici


PRÉFÉRENCES de Pierre Bergounioux, LE CADRAN LIGNÉ Collection Livre « d’un seul poème », 2012, 3 € (franco de port) → ici



ALLER PLUS LOIN à propos de Pierre BERGOUNIOUX → ici  et  ici



mercredi 14 septembre 2016

Joël GAYRAUD, PORTRAIT SURANALOGIQUE de GHÉRASIM LUCA, EUROPE N°1045, Revue littéraire, mai 2016





La Revue Europe, dans son numéro de mai 2016, a consacré près de 190 pages à GHÉRASIM LUCA (1913-1994) :
« Né en 1913 à Bucarest, Ghérasim Luca (surréaliste roumain) parlait roumain, français, allemand et yiddish. En 1962, dix ans après son installation à Paris, il notait pour lui-même cette proposition paradoxale et forte : «  Je suis l'Étranjuif ». Il attendit en effet la fin des années quatre-vingt pour abandonner son statut d'apatride, obligé qu'il était de régulariser ses papiers d'identité.
Son suicide, le 9 février 1994 dans la Seine, est venu comme rappeler non seulement qu'il se considérait comme définitivement « hors la loi », mais aussi qu'il avait toujours dansé sur la corde.
Ses œuvres pleines de sa vie et sa vie entièrement consacrée à ses œuvres en témoignent toujours puisque sa danse continue à entraîner, à encourager et même à enflammer ici et ailleurs, à la fois douloureusement et de manière jubilatoire, en inventant multiplement « une littérature impossible de tous côtés ». Ghérasim Luca est bien un de nos grands intempestifs !
[…] Amour, humour, politique, éthique et poétique étaient indissociablement liés chez ce forgeur sauvage et subtil qui écrivait : «  tout est irréalisable dans l'odieuse / société de classes, tout, y compris l'amour / la respiration, le rêve, le sourire / l'étreinte, tout, sauf la réalité / incandescente du devenir ».
Source, Note de l'éditeur


Préface de Serge MARTIN « GHÉRASIM LUCA SUR LA CORDE, sans fin ni commencement » → ici



Outre Joël Gayraud avec son « PORTRAIT SURANALOGIQUE de GHÉRASIM LUCA », ont contribué à ce dossier : Serge Martin (voir préface ci-dessus), Ghérasim Luca (« Je m'oralise », tapuscrit de l'auteur, 1960), Pierre Dhainaut, Thierry Garrel, Monique Yaari, Bernard Heidsieck, Bertrand Fillaudeau, Charles Pennequin, Patrick Beurard-Valdoye, Sebastian Reichmann, Nicole Manucu, Anne Foucault, Jean-Jacques Lebel, Iulan Toma, Vincent Teixeira, Dominique Carlat, Sibylle Orlandi, Charlène Clonts, Laurent Mourey, Patrick Fontana, Alfredo Riponi. Alice Massénat.


Le numéro de mai comporte également un « Cahier de création : écrivains roumains » (entretiens, romans, poèmes inédits, etc.) et une série de chroniques  consacrées à l’actualité du roman, de la poésie, du théâtre, du cinéma et des arts plastiques. Suivent les « Notes de lecture » à propos de plusieurs ouvrages.



Europe
4 rue Marie Rose
75014 Paris

Téléphone & Fax 01 43 21 09 54


Courriel/Mail : Europe.revue // wanadoo.fr
(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )



SITE ici


• EUROPE N° 1045, mai 2016, 20 €
• ABONNEMENT ANNUEL à la Revue EUROPE (7 Numéros) → ici


°



En nous dressant le « PORTRAIT SURANALOGIQUE de GHÉRASIM LUCA », Joël Gayraud force les traits de l'analogie, cette figure de pensée tant prisée par les poètes. Le préfixe sur- est un clin d’œil aux néologismes inventés par les surréalistes roumains, comme surautomatisme, surthaumaturgique etc.
Qualifiant sa proposition novatrice avec la trouvaille : « SURANALOGIQUE », il s'impose portraitiste d'un port de tête & d'un pied en cap aux arguments massues.

En l'occurrence, ici, dans son hommage humoureux au poète roumain, Joël Gayraud en appelle au chaos anachronique à sagacité magique (anachronisme autant d'époques que d'alliances de parentés humaines). Et il recourt à la métaphore homérique stridente faisant apparaître Ghérasim, entre autres, sous les traits optiques du « criquet pèlerin » croqué comme tel, indifféremment par tout appareil photographique employé pour le capter. Et toujours, sans qu'aucune de ses irruptions nous abasourdisse avec l'abscons et l'absurdité, G. Luca surgit sous la plume filante de J. Gayaud, tout aussi naturellement et royalement en tant qu'adepte de « l'anœdipianisme dialectique », dans l'adorable dénomination dorée de « l'allumeur de réverbères en plein jour ».

© Isabelle Dalbe



◘ _ ◘



PORTRAIT SURANALOGIQUE de GHÉRASIM LUCA


«  Ghérasim Luca naquit aux îles Célèbes, par 2°8' de latitude Sud et 120° 17' de longitude Est, le 25 avril 1495 avant J.-C […] Il avait pour père Cratès le cynique, et pour mère Madame de La Fayette, ce qui eut pour effet de lui octroyer par défaut la nationalité scythe.
Sa croissance fut réglée sur celle d'une fougère arborescente. […] Il se parfumait d'ordinaire de rose poivrée, surtout lorsque, adolescent, il déclamait l'Iliade à l'envers, penché sur les chutes du Niagara.[…]

[…] Acquis très tôt à l'anœdipianisme dialectique, il exerça la profession d'allumeur de réverbères en plein jour. […] ».

extraits, Joël GAYRAUD



ALLER PLUS LOIN à propos de Joël Gayraud, poète et essayiste → ici



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Dans ce numéro 1045 de la revue EUROPE, Alice MASSÉNAT a dédié un poème à Ghérasim Luca → ici


jeudi 8 septembre 2016

Alice MASSÉNAT, Poème dédié à Ghérasim LUCA, EUROPE N°1045, Revue littéraire, mai 2016






La Revue Europe, dans son numéro de mai 2016, a consacré près de 190 pages à GHÉRASIM LUCA (1913-1994) : « [...] Surréaliste roumain, fabricant de « cubomanies » et de livres d'artistes méticuleusement réalisés, ami de Victor Brauner, de Wifredo Lam et de quelques autres peintres majeurs, poète sonore ou plutôt « récitaliste » faisant de la voix un prolongement du corps, Ghérasim Luca ne peut en réalité s'accorder avec une telle addition que d'aucuns compléteront forcément... sans jamais pouvoir en faire le tour. Car ses œuvres et sa vie sont placées sous le signe d'un perpétuel débordement. Elles font un tourbillon dans le fleuve de notre devenir, tant au point de vue du poème que plus généralement des arts et du langage.[...] » 

Source, Note de l'éditeur 


Préface de Serge MARTIN « GHÉRASIM LUCA SUR LA CORDE, sans fin ni commencement » → ici

Outre Alice Massénat qui a dédié un superbe poème à Ghérasim Luca, ont contribué à ce dossier : Serge Martin (voir préface ci-dessus), Ghérasim Luca (« Je m'oralise », tapuscrit de l'auteur, 1960), Pierre Dhainaut, Thierry Garrel, Monique Yaari, Bernard Heidsieck, Bertrand Fillaudeau, Charles Pennequin, Patrick Beurard-Valdoye, Joël Gayraud, Sebastian Reichmann, Nicole Manucu, Anne Foucault, Jean-Jacques Lebel, Iulan Toma, Vincent Teixeira, Dominique Carlat, Sibylle Orlandi, Charlène Clonts, Laurent Mourey, Patrick Fontana, Alfredo Riponi.  


Le numéro de mai comporte également un « Cahier de création : écrivains roumains » (entretiens, romans, poèmes inédits, etc.) et une série de chroniques  consacrées à l’actualité du roman, de la poésie, du théâtre, du cinéma et des arts plastiques. Suivent les « Notes de lecture » à propos de plusieurs ouvrages.



Europe
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• EUROPE N° 1045, mai 2016, 20 €
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Alice MASSÉNAT



à Ghérasim Luca


De nos anfractuosités une sculpture gît
tandis que Verbe et ecchymoses se bouffent la mort
pas un son qui ne dise votre musc rond

[…]

Et vous
en diamant bafoué
que je ne déguste qu'aux viscères de vos moi
le rythme et les parois
la diction avec ce regard qui nous dessine
le scalpel toujours plus de jais 

[…]

De cette hantise du tempo
je vous offre ma corde, ma mort
et ce silence en concave

[…]


extraits, Alice MASSÉNAT


Née en 1966, Alice Massénat vit à Paris. Outre des textes poétiques publiés en revues, elle est notamment l'auteur de L'Homme du sans-sépulcre (Wigwam, 1993), Le Catafalque aux miroirs (préface de Pierre Peuchmaurd, Apogée, 2005), La Vouivre encéphale (Les Hauts-Fonds, 2013), Les Dieux-Vases (préface de Marcel Moreau, La Rivière échappée, 2015).


ALLER PLUS LOIN à propos d'Alice Massénat :


Présentation de son œuvre et bibliographie dans la revue INFOSURR 118 par le poète et essayiste Joël Gayraud → ici

« APARTÉ », poème inédit paru dans SOAPBOX 51, Feuillet de l'umbo → ici

◘ ◘


Joël Gayraud a contribué à ce numéro 1045 de la revue EUROPE en présentant « PORTRAIT SURANALOGIQUE de GHÉRASIM LUCA » → ici



samedi 3 septembre 2016

SOAPBOX 59, Christine DELCOURT ; Philippe LEMAIRE ; Jean-Pierre PARAGGIO -◘- SOAPBOX 60, Boris WOLOWIEC ; Laurent ALBARRACIN, Note de Lecture « Chaise, Table, Papier » de B. Wolowiec ; Joan MARGARIT ; Georges-Henri MORIN ; Massimo BORGHESE ; -◘- SOAPBOX 61, Georges-Henri MORIN ; Louis-François DELISSE ; HOMMAGE à Élie-Charles FLAMAND ; RIK LINA - Feuillets de L'UMBO, ART & POÉSIE, ÉTÉ 2016




Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse

Toute correspondance :
jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


Pour télécharger SOAPBOX N°59 afin d’en visionner l’intégralité ou pour l’imprimer sur support papier :

ICI (SOAPBOX 59 recto) et ICI (SOAPBOX 59 verso)

► et sur le SITE « LES MINUTES de l'UMBO », Accès autres SOAPBOX (depuis le N°1) → ICI


◘ P O É S I E ◘



~ Christine DELCOURT ~



[...]

Le corps et ses fausses notes. Désaccordé.

*

Et soudainement s'impose la disparition. Blanche comme la foudre. L'éclair opalescent qui aveugle le coeur.

*

Le ciel est chagrin. Dans le cristal des vases, les bouquets de la serre pleurent de tous leurs pétales.
Derrière leur grillage à poules, 1000 livres tremblent de toutes leurs plumes.

[...]

C. Delcourt, 2016, extraits → suite Soapbox 59




~ ET AUSSI . . . ~


◘  Armel Guerne



◘ A R T ◘



~ Philippe LEMAIRE ~




P. Lemaire, L'Amour sublime




~ Jean-Pierre PARAGGIO ~



J.P Paraggio, encres



R A P P E L

EXPOSITION " BECS ET OMBRES "
de Jean-Pierre Paraggio 23/07 au 30/07/2016
Galerie PLURIELLE, 65 & 76 Grand'rue Mario Roustan 34200 SÈTE

ARTICLE dédié à J.P Paraggio → ici





~ ET AUSSI . . . ~



Roman Cieslewicz, Lettre « A », Guide de la France mystérieuse, Tchou éditeur (1964).

Maître E.S, Lettre « R », Alphabet figuré XVème.



P A R U T I O N S





_ ◘ _





Pour télécharger SOAPBOX N°60 afin d’en visionner l’intégralité ou pour l’imprimer sur support papier :

ICI (SOAPBOX 60 recto) et ICI (SOAPBOX 60 verso)

► et sur le SITE « LES MINUTES de l'UMBO », Accès autres SOAPBOX (depuis le N°1) → ICI



◘ P O É S I E ◘



Boris Wolowiec, Chaise, Table, Papier, Éditions Le Corridor bleu, 2016 → ici

Lecture par Laurent Albarracin, poète et critique poétique, de Chaise, Table, Papier de Boris Wolowiec :

«  Chaise, Table, Papier constitue peut-être à ce jour la meilleure, la plus facile des entrées en matière dans l'univers foisonnant, débridé de Boris Wolowiec[1]. Dans leur simplicité nue, basique, ces trois objets, ces trois instruments dont dispose l'écrivain, sont traités ici l'un après l'autre sans qu'ils interfèrent véritablement mais ils forment néanmoins à eux trois une constellation que la mise en volume du livre suggère. Chacune de ces trois choses est traitée pour elle-même et forme également un espace de projection. Chaque chose fait écran par sa matérialité et permet d'y projeter l'infini de l'imagination. C'est qu'une chose qui se répète indéfiniment (soixante pages sont consacrées à la chaise, ici) n'arrête en rien le processus imaginant d'un Boris Wolowiec. Au lieu d'être entravée d'elle-même, de ses pattes et de son en-soi, la chose (la chaise) se relance en permanence, bondit, tient la gageure d'accueillir la plus abondante et prolixe des imaginations poétiques. Qu'on en juge par un extrait pris au hasard (page 16-17) : « La chaise a l'air de poser le problème de silhouette, d'imprimerie, de silhouette imprimée, d'interjection, d'azote, d'avec, de parfois, de cartographie, d'acquiescement, de carré, d'acquiescement carré, de balançoire, de puzzle, de balançoire-puzzle, d'échelle, de panier, d'échelle-panier, de souhait, d'usage, d'oisiveté, d'usage oisif, de courage, de courage-oisif, d'usage-courage, d'usage-courage oisif, d'héroïsme, de discrétion, d'héroïsme discret, de cartilages, de stalactites, de cartilages-stalactites, de confidences, de chirurgie, de confidences chirurgicales, de schizophrénie, de schizophrénie oisive, de condoléances, de condoléances oisives, chirurgicales oisives, d'encore, de kangourou, d'Emmanuel Kant, de kangourou-Emmanuel Kant de l'ordre des choses, de l'ordre de choix des choses.» 
On voit bien que Boris Wolowiec, plutôt que de tenter une approche sobre, économe de son objet, privilégie – pour mieux le cerner ou le décerner peut-être, le décerveler – une méthode qui fait alterner l'éclatement, l'écart, l'exponentiel, et l'amalgame, la concaténation de notions éloignées. [...] ».

L. Albarracin, extrait. Note de lecture complète → ICI

[1] On aura un aperçu de la masse monstrueuse des écrits de l'auteur – encore peu publiés – en se rendant sur son site → http://www.boriswolowiec.fr/.


๑ ๑


R A P P E L

DERNIÈRE ACTUALITÉ ÉDITORIALE
de Laurent ALBARRACIN

LE GRAND CHOSIER, éditions le Corridor bleu, 18 €, 184 pages.

◘ Un Sonnet de L. Albarracin, dédié aux choses, est paru dans SOAPBOX N°45 → ici

◘ Notes de Lecture de « Le Grand Chosier » : par Florence TROCMÉ (rédactrice en chef de Poezibao, site internet dédié à l'actualité éditoriale de la poésie), Boris WOLOWIEC (poète et critique), François HUGLO (poète et critique), Richard BLIN (critique) → compte rendu ici


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Boris Wolowiec, Le Ciel-quanta-avalanche, éditions du vide immédiat ici

◘ Anne-Marie Beeckman, Le Tour du quatre-vingt Zig (extrait).

◘ Joan Margarit, Le Songe d'une nuit d'été, extrait de Leçons de vertige traduit par Noé Pérez-Nunez, éditions Les Hauts-Fonds, 2016.

William Shakespeare, deux Sonnets traduits par Maurice Blanchard, in Portrait de l'Éditeur en montreur d'ours, Les Amis de l'Éther Vague, 1999. → SOURCE  ICI



◘ A R T ◘



~ Georges-Henri MORIN ~





Georges-Henri Morin, dessin




~ Massimo BORGHESE ~






M. Borghese, L'imagination mise en cage avec ses célibataires, même, 2016



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◘ P O É S I E ◘



~ Georges-Henri MORIN ~



Le gong
On le souhaiterait immense

Au brouillon
Ce n'est plus qu'une tresse d'étoupe

Dans les terres saintes
Les parjures idolâtrent les mendiantes
Sur la lune
Tout s'exècre

Rugis
A en devenir unique

Et que chacun se fonde
Sans se renier

in La Loutre le troupeau
éditions La Doctrine, 2016




~ Louis-François DELISSE ~



CANTILÈNE (5)

« Au temps où l'homme était un arbre
de volonté qui marche »* et où le lit était
un peu à gauche de la chambre et celle-ci
dans la moitié labourée du potager de
l'hôpital des incurables à Ivry sur Seine.
« Un arbre a été et reviendra » au bois *
profond entre les bâtiments de Charles Foix
levant sa branche énorme jusqu'à
la source de la Seine sur sa Tour.
Et le plus beau de ces arbres était
une ampoule sur une ampoule de Lau
danum, n'est-ce-pas, Jacques Prevel ?

(à suivre)
11 juillet 2016, Ivry-sur-Seine
(*) J'ai cité ici la lettre d'Artaud à Pierre Loeb,
beau-père de Cécile Odartchenko alors.




~ HOMMAGE à Élie-Charles FLAMAND

 (25/12/1928-25/05/2016), poète ~




Obeline FLAMAND, peinture


HOMMAGE → www.recoursaupoeme.fr/



◘ A R T ◘



~ RIK LINA ~

Amsterdam, 2009

"Orange Oracle" (2009)

Mixed media on canvas 195 X 405cm
The evolution of a large surrealist canvas - notes by the artist


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TOUTE CORRESPONDANCE :

COURRIEL / e-mail : jeanpierreparaggio // yahoo.fr

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Une soapbox est une caisse à savon qui fait office d’estrade sur laquelle on se place pour faire un discours, haranguer la foule ou pour clamer la poésie.

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