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BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

vendredi 22 décembre 2017

DOSSIER Pierre PEUCHMAURD, Son Actualité éditoriale Novembre 2017 : Giroflées, Pierre Mainard éditeur ◘ - ◘ - ◘ Pierre Peuchmaurd, L'Œil tourné, extraits, éditions Cadex, 2003 - Photo Emmanuel Boussuge → SOAPBOX N°82, feuillet de l'umbo septembre 2017 ◘ - ◘ - ◘ Pierre PEUCHMAURD, BUCHER DE SINGE, extrait de PARFAITS DOMMAGES & autres achèvements, éditions L'OIE de CRAVAN, 2007 → SOAPBOX N°86 ◘ - ◘ - ◘ Pierre PEUCHMAURD, Aphorime → SOAPBOX N°85 ◘ - ◘ - ◘ Pierre PEUCHMAURD, DESSOUS DES PORTES, Parfaits Dommages & autres achèvements, L'Oie deCravan ; L'automatisme dirigé de Pierre Peuchmaurd par Denys-Louis Colaux → SOAPBOX N° 89




Pierre Peuchmaurd, © source photo → Blog Anne Marbrun 



~  PIERRE PEUCHMAURD ~


Pierre Peuchmaurd est l'un des plus grands poètes français actuels. Sa voix déborde d'une chasse sans périls tout du long des ciseaux de l'horizon. Il ne se rengorge pas dans la candidature aux mots mais se gorge à gorge déployée de la poésie « cette grande coureuse contemplative ». Les poudres de ses phrases ne font pas un bruit de verre, ce courant du bris, mais sont des crépitements vers la cible vitale.


On sait, au gré de ses papiers, entrer dans l'oralité retournée à l'état sauvage. La frontalité avec le condor n'est plus une étrangeté des traces de fées dans les lys mais une félicité félicitée. Et les colombes défaites sont aussi nos frères, pour un bestiaire à faire vieillir dans les joues du vœu onirique.  
Isabelle Dalbe




S O N   A C T U A L I T É   É D I T O R I A L E 


Novembre 2017 : 





Giroflées, Pierre Peuchmaurd, Poèmes

Frontispice Jean-Pierre Parragio, 
Pierre Mainard éditeur, Nérac. 
14,00€, 80 p. sous couverture à rabats – 15 x 24 cm –
 → ici 


Giroflées compte quatre parties, les trois premières ont fait l’objet de publication dans des revues entre 1990 et 2004, dont Les Giroflées dans La N.R.F. en 1990. La quatrième, Vie et mort d’un miroir de lierre, est inédite. Ces quatre parties, quatre temps, quatre respirations, comme les saisons forment une boucle dans laquelle se tient, grâce au grimoire du poète, un monde qui se déploie sous nos yeux. « Le conducteur de lune » fixe sur nos pensées des nostalgies de bêtes, de souvenirs, de terres, d’astres, de couleurs qui nous portent au voyage. Note de l'éditeur


*



L'éblouissant ouvrage Giroflées, (avec une illustration embellie aux  lumières à la pointe, de Jean-Pierre Paraggio), est de l'histoire des dévotions tourbillonnantes, dansant dans la flamme fondue en boutons d'or et cœur mortel, que Pierre Peuchmaurd confiait, en 2000, à Oliver Hobé.   I. Dalbe


'' Je ne me suis jamais connu autrement que séduit, épris, aimant, ou dans le vide, l'effondrement de ça, mais c'est pareil. Le résultat est qu'à cinquante ans, ma poésie toujours aussi peu soucieuse des grandes questions existentielles ou métaphysiques, (à la notable exception de la mort, mais ça . . . ) est toujours une poésie amoureuse. Érotisée plus qu'érotique, puisque c'est le monde entier qu'érotise le regard amoureux. Et parfaitement mélancolique, ça va sans dire, puisque si le temps est matière de la poésie, la chair est la matière du temps. (. . . ). '' 

Pierre Peuchmaurd, entretien avec Olivier Hobé,Quimper et poésie, n°24, octobre 2000.



Fouillis d'herbe et de merles, de plumes dans la gueule épanouie des pivoines.


Dernières rumeurs avant, qui les absout.


Dernière humeur avant le sursaut sous tes mains et la paix noire, battante.


Dans le ciel gris, ces bandeaux roses, ces larmes triples et de grenat, la lèvre humide et l'histoire de l'orfraie racontée au soleil.

Tout, plus ou moins l'aube - sur les cailloux.

Et ta tête, fracassée de baisers. 

p.15, extrait

Ciel violet, l'hiver brûle de grandes ombres. Loin d'une ville est une autre ville, c'est la géographie. Loin d'un corps est un autre corps, c'est la géométrie. La nuit, ils rêvent, ils se rendent leurs couleurs, c'est la géomancie. 

p.73, extrait

*


➛ PUBLICATIONS de Pierre Peuchmaurd,  


Pierre Mainard


• Au chien sédentaire, 2004 → ici
• La Rousse, 2006.
• Le Moineau par les cornes, illustré par Jean Terrossian, 2007 → ici
• Le Bureau des épaves, 2010 → ici
• L'Ivre mort de lierre, 2010 → ici
• Vent des lanternes, Haïku, 2014 → ici


SITE Pierre Mainard Éditeur → ici



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~  Pierre PEUCHMAURD  ~




Emmanuel BOUSSUGE, photo
E. Boussuge, poète et artiste → ici

Photo parue dans Soapbox N°82, septembre 2017,
en regard de deux extraits (ci-dessous) de L’L'Œil tourné 
de Pierre Peuchmaurd, Éditions Cadex, 2003



Extraits de L'Œil tourné,  
Dans la criminelle beauté du monde




► ICI SOAPBOX 82 recto : LES MESSAGERS DE LA POÉSIE par Dominique Rabourdin ► retrouvez Pierre Peuchmaurd dont parlentau 35e Marché de la Poésie (7 / 11 juin 2017), place Saint Sulpice, Paris : Benoît Chaput et Laurent Albarracin article ici 



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~  Pierre PEUCHMAURD  ~







➛ PUBLICATIONS de Pierre Peuchmaurd,  

L'OIE de CRAVAN


• Parfaits Dommages, avec cinq photographies de Nicole Espagnol, 1996.
• À l'usage de Delphine, Fatigues, I, illustré par Jean Terrossian, 1999 → ici
• Parfaits Dommages et autres achèvements, avec dix photographies de Nicole Espagnol, 2007.
• L'Année dernière à Cazillac / Last Year in Cazillac traduit en anglais par Benoît Chaput, Collection Le fer & sa rouille, 2010 → ici
• Fatigues, aphorismes complets (rassemble A l'usage de Delphine, 1999 ; L'Immaculée déception, 2002 ; Le Moineau par les cornes, 2007 et un inédit La Position du pissenlit), illustré par Jean Terrossian, 2014 → ici

SITE L'Oie de Cravan  → ici  


► ICI SOAPBOX 86 verso : Pierre Peuchmaurd, BÛCHER DE SINGE, extrait de PARFAITS DOMMAGES & autres achèvements, éditions L'OIE de CRAVAN, 2007.


◘ - ◘ - ◘




► ICI SOAPBOX 85 recto  Pierre Peuchmaurd, aphorisme. 


◘ - ◘ - ◘







LIEN → ICI





Encre, J-P Paraggio
Galeries de ses Belles Œuvres ► ici



L'automatisme dirigé 
de Pierre Peuchmaurd

par Denys-Louis Colaux




► ICI SOAPBOX 89 verso Feuillet dédié à Pierre Peuchmaurd.


*

SOAPBOX FEUILLETS de L'UMBO 
depuis le N° 1 → ici


Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse

Toute correspondance :

jeanpierreparaggio[at]yahoo.fr


* *
*


➛ BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE

PIERRE PEUCHMAURD 


Son oeuvre dense a été publiée par de nombreux éditeurs : Robert Laffont ; Seghers ; Pierre Bordas et Fils ; Éditions Maintenant ; Commune mesure ; Collection  13 ; Toril ; Le Melog ; Collection Inactualité de l'orage ; Bibliothèque de l'amateur ; Périscope ; Le Castor astral / Même et Autre ; Privat ; Camouflage ; Arabie-sur-Seine ;  Le dé bleu ; Ironie Shakespeare Éditeur ; L'Allée simple ; Encres vives ; Myrddin ; Haldernablou ;  Éditions du Rewidiage ; Fata Morgana ; L'embellie roturière ; L'Éther vague / Patrice Thierry ; Wigwam ; Éditions du Laquet ; La maison de verre ; L'Oie de Cravan ; Collection de l'umbo ;  Atelier de l'Agneau ; L'Air de l'eau ;  Collection Risques et périls ; Cadex ; La Morale merveilleuse ; Panorama ; L'Escampette ; Les Loups sont fâchés ; Pierre Mainard ; Simili Sky ; Les éditions de surcroît ; Le Cadran ligné. 

(et biographie)


°

QUELQUES  RAPPELS ...


➛ P U B L I C A T I O N S  

COLLECTION  DE  L'UMBO


﹏ SOAPBOX N°6, FEUILLET de l'UMBO, Décembre 2013, est consacré à L'ŒUVRE de Pierre PEUCHMAURD. Compte rendu → ici


﹏ OUVRAGES DANS LA COLLECTION DE L'UMBO ﹏

• Val Noir Marie-Ange, précédé de Quarante anges, illustré par Jean-Pierre Paraggio, Paris, 1996.
• L'Ange Cannibale, illustré par Jean-Pierre Paraggio, Paris, 1999.
• Quatre Combats, sur des dessins de Jean-Pierre Paraggio, Annemasse, 2003.
• La Buse Ophélie, Annemasse, 2004.
• Une Tente de Feu que le vent tord, sur des dessins de Jean-Pierre Paraggio, Annemasse, 2004.
• Quatre Mélancolies, sur des dessins de Jean-Pierre Paraggio, Annemasse, 2006.
• Fragments de Cerf, illustré par Jean-Pierre Paraggio, Annemasse, 2007.
• La Nature Chez Elle, sur des images de Jean-Pierre Paraggio, 2008. Compte rendu → ici



﹏ OUVRAGES DANS LA COLLECTION DE L'UMBO 
﹏ Série PASSAGE DU SUD-OUEST﹏

• Loin de Lisbonne, un poème de 1993 de Pierre Peuchmaurd, réédité sous un frontispice de Georges-Henri Morin. 2013. Compte rendu → ici
• Le Jeudi de L'Ascension, Poème de Pierre Peuchmaurd, février 2014. Compte rendu → ici


SITE Les Minutes de l'umbo → ici


 

➛ P U B L I C A T I O N S  


ÉDITIONS de Surcroît


• Alices, illustré par Georges-Henri Morin, 2008. → ici
• Histoire du Moyen Âge, illustré par Georges-Henri Morin, 2009. Compte rendu ici


➛ P U B L I C A T I O N 


ÉDITIONS SIMILI SKY


• Scintillants squelettes de rosée, 2006. Compte rendu → ici



➛ P U B L I C A T I O N 


LE CADRAN LIGNÉ


•Le Papier, Collection "Livres d'un seul poème" → ici


SITE Le Cadran ligné → ici





➛ OUVRAGE INDISPENSABLE :

Pierre PEUCHMAURD par Laurent ALBARRACIN 

Collection Présence de la poésie 
Editions des Vanneaux, Montreuil sur Brêche, 2010
Compte rendu → ici




➛ Pierre PEUCHMAURD, POÈMES, 

Revue L'Or aux 13 îles N°2, 

Paris – 2011 : 


Superbe dossier d'une quarantaine de pages par Jean-Christophe Belotti.  Compte rendu  ici



➛ ENTRETIEN Isabelle DALBE 

avec Pierre PEUCHMAURD 

 " Des êtres sur nos routes "


Pierre Peuchmaurd parle de Valentine Penrose  → ici


RAPPEL : Pierre Peuchmaurd a dédié un de ses plus beaux poèmes à Valentine Penrose : La voie Valentine, éd. Myrrdin, Brive, 2001 (avec un collage de Pierre Rojanski), texte repris in Parfaits Dommages et autres achèvements, éd. L'Oie de Cravan, Montréal, 2007.


➛ ARTICLE Isabelle Dalbe 

avec extraits de nombreux ouvrages


Pierre PEUCHMAURD, immense et indispensable poète : son regard sur la notion d'absolu, les sources de la poésie et son invitation à l'expérience du "dérèglement des sens". 




○ ○  ♦ 
 ♦  ○ ○



Isabelle Dalbe © crédit photo, Catherine Mas, décembre 2005  



Isabelle Dalbe est, depuis 2007,  
porte-meneuse du blog '' Où va Écrire ? '', 
et critique.


Également poète.
Dernière publication : Le Cas Poupée, une emprise porcelaine, avec un appairage de l'auteur, Série du Sud Ouest, Collection de l'umbo. → ici




Capture écran, Source BLOG SURRINT → ici


*

P A R C O U R S

  
◘ « Nous avons bien apprécié Le Chemin est un être seul : aucune image n'y est '' déjà vue ''. […] », extrait d'une lettre du 5 juin 2005, de Françoise Favretto, éditrice Atelier de L'Agneau à I. Dalbe.

◘ « J'aime votre écriture », Jean-Patrick Péju, directeur de la Collection Sœurs Océanes, Jean-Pierre Huguet éditeur, à propos de Éternel quelqu'un (poèmes dédiés à la Main).

◘ Rencontre déterminante avec Pierre Peuchmaurd, en 2005 :
A propos de textes (écriture automatique) d'I. Dalbe : « Depuis 20 ans, je n'ai jamais rien lu d'aussi intéressant. Vous voyez beaucoup de choses. […] » ; « Votre écriture m'a mis en alerte. Il y a quelque chose de sauvage...mais c'est bien ! » P. Peuchmaurd

« Et vous avez le don pour les titres »  P. Peuchmaurd à propos de Musique avec du petit bois  ; Saint Papier des oiseaux ; Le Ciel vient par trois  ; La Robe de nos chairs (recueil de poèmes initialement mis en ligne sur ce blog), etc, et :
La Rose arrêtée du Ciel, d'après une photographie de Joel Peter Witkin : Texte qui sera publié, dans sa version courte, par les éditions Simili Sky, 2012 → ici 
Cristal nègre, poème dédié à Aimé Césaire, qui sera publié dans L'Impromptu N°14, Bulletin de L'umbo, 2014 → ici 

◘ Des phrases de recueils d'I. Dalbe ont paru dans PREMIÈRES PHRASES, de Catherine Mas, Collection sauvage, Editions Al Dante, 2006. Nouvelle à contraintes conçue avec la première phrase de centaines de livres. 
Cet ouvrage a été répertorié et cité par BiblioSésame - Bpi (Bibliothèque publique d'information  du Centre Pompidou à Paris pour le Ministère de la Culture et de la Communication et le Service de la lecture publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Bruxelles) ici

◘ Des phrases de recueils d'I. Dalbe ont été incluses dans l’œuvre "Peu" (série papier bistrol) de Jean Mas, artiste de l'École de Nice.
Entre autres : «  Mais les stratégies du cœur ne bougent pas : un chant de mots, une saignée de colombes devant le visage, un étalage d'embarcations devant les mains. » in Le chemin est un être seul. 

◘ Jean Mas a déclamé, devant les artistes de l'École de Nice, dont Ben, quelques titres (sur un millier) de Aux enfants petite sotte...La Bande des titres.
« [...] Chaque titre est censé être tout l'ouvrage : la somme de tous les mots de l'ouvrage. Se repaître du titre est, en même temps, faire l'économie de l'ouvrage... [...] » Jean Mas (extrait Déclamation-Performance – Galerie La Menuiserie, Nice, 1er avril 2010  ) → ici 

◘ Isabelle Dalbe a également publié :
Cartes-poèmes, dont entre autres  :

La neige, poème dédié à Laurent Albarracin (poète et éditeur Le Cadran ligné), avec un dessin original de Georges-Henri Morin (artiste surréaliste, écrivain, poète, éditeur des éditions de surcroît), H.C, 2010 → ici
► Dernière parution : Laurent Albarracin, Plein Vent, Haïku, Pierre Mainard éditeur, novembre 2017 → ici  
Dernière parution : Georges-Henri Morin, Une Brève, Une Longue ! , avec des dessins de Jacques Lacomblez, Le Grand Tamanoir, novembre 2017 → ici

Ouverture de l'atlas, poème dédié à Denis Frajerman (compositeur et musicien fortement lié à l’œuvre de l'écrivain Antoine Volodine autour de qui il a composé son premier album solo, « Les Suites Volodine » ; est lié aussi au cinéaste Guy Maddin -Le magicien de Winnipeg-, pour lequel il a composé des œuvres). Poème avec une illustration originale de Flavien Thieurmel (artiste plasticien illustrateur, au style parfois surréaliste), H.C 2010. → ici

R A P P E L 

 « Depuis la mort de Jean-Patrick Manchette, il n'y a plus, dans ce pays, qu'un seul écrivain révolutionnaire et c'est Antoine Volodine. [...] Oeuvre éblouissante de désespoir, accablante d'espoir et à l'agonie toujours renaissante d'Antoine Volodine [...] » Pierre Peuchmaurd, in Le Pied à l'Encrier(dont les quarante premiers exemplaires, tirés sur Arches, son enrichis d'une photographie originale d'Antoine Peuchmaurd), éditions les loups sont fâchés, 2009 → ici


◘ S'exerce aussi aux : 

• Romans en tours d'y voir : Bistre, fichtre et le soleil
«  […] Votre écriture débridée, avec ses assonances et ses récurrences, m'a passablement envoûté. On se laisse embarquer par la farandole des phrases emboîtées jusqu'à plus loin,  jusqu'à nulle part, et sans jamais s'ennuyer ce qui, vous m'avouerez pour un premier roman, est bien rare. […] On se sent emporté, entraîné par le tourbillon des mots, tel celui-ci, véritable bonheur d'écriture, comme on dit : « Comme ce soir à ses côtés, je veux dormir en quiétude sous ma frange, je vais devoir m'accoutrer de boules QUIES afin de prendre Morphée pour ce qu'il est, une bonne personne penchée sur les chevets avec sa cornue de sève à rêves tous azimuts pour précipiter la descente dans l'oreiller gonflé. De là-haut, devant son étal de songes, sûr de son but, Il acquiesce déjà de sa main alourdie à dégarnir impérativement avant la claire morsure matutinale. » 
Premier roman, ai-je dit ? non ce n'est pas un roman, votre livre, c'est bien autre chose, de moins vulgaire et de plus exaltant. Il participe bien sûr de la poésie, puisque les mots s'y donnent à cœur joie leur grand festival. Mais ce n'est pas non plus un poème en prose. Je le définirai, si tant est qu'il le faille, comme une «sotie», ce genre médiéval que Gide a remis à l'honneur avec les Caves du Vatican. C'est  bien ça, une sotie, primesautière et sautillante, sans la prétention sous-jacente du romancier. […] à mes yeux, votre texte, de par son originalité stylistique même, mérite, bien plus que tant d'autres qui paraissent chaque année, la publication. »  Joël Gayraud, poète, membre du Groupe surréaliste de Paris, essayiste, critique, et critique d'art.
Prochaine parution : Joël Gayraud, La Paupière Auriculaire, Éditions José Corti, 4 Janvier 2018 → ici

• Historiettes érotico-exclamatives : Linéaments cucurbites 
« … savez-vous ce que c’est que le cœur ? C’est une cornue, une cucurbite d’alambic, dans laquelle s’opère le mécanisme de la circulation et de la coloration du sang à l’aide de l’oxygène que l’on aspire. » Alexandre Dumas, La Princesse Flora 

◘ A initié l'Art de l'appairage.  

Capture d'écran 




lundi 18 décembre 2017

Joël GAYRAUD, LA PAUPIÈRE AURICULAIRE, Éditions José CORTI, PARUTION 04/01/2018



Joël Gayraud, La Paupière Auriculaire,
Collection Domaine français

Éditions José Corti, 2018
54 pages, 19,50 €

LIEN → ICI



Éditions Corti
60, rue Monsieur-Le-Prince
75006 Paris

corti46[at]orange.fr


COMMANDE : les livres des éditions José Corti sont diffusés dans toute bonne librairie via CDE-Sodis.


* *



« Harcelé par le brouillage et la cacophonie médiatiques, l’homme contemporain est menacé de surdité mentale et émotionnelle. Il a le plus grand besoin d’interposer une paupière protectrice entre son oreille et le déluge d’informations qui l’assaille. C’est seulement ainsi qu’il pourra filtrer ce qui a du sens et mérite d’être pensé. Pratiquant cette écoute sélective, l’auteur interroge, sous forme de fragments allant de l’aphorisme au petit essai, tout ce qui, au fil des jours, sollicite sa vigilance ou sa rêverie : entre autres thèmes sont abordés ici le sens du mythe, la projection utopique, les passions de l’amour, notre rapport à l’animal et à la nature, le statut de l’objet, du langage et du livre, l’expression artistique, de Corot au Street art, de Kafka à Rimbaud, non sans quelques excursus philologiques et philosophiques du côté de Spinoza, Leopardi et Levinas. Une dérive ironique et critique qui cible les impostures toujours plus nombreuses sur le marché et exalte les occasions d’émerveillement qui se dévoilent dans les interstices d’une vie menée sous le signe de la poésie. » Note de l'éditeur



~ EXTRAITS ~



Extraits ouverts par une citation :

Que seraient nos yeux sans ce qui les protège – sans
les paupières ?
Elias Canetti, Le Collier de mouches, 27


1
Une prochaine mutation de l’espèce humaine pourrait se traduire par le développement continu du tragus de l’oreille, ce petit triangle de chair protégeant déjà partiellement notre conduit auditif, et qui se transformerait au bout de quelques générations en une véritable paupière auriculaire. Plus épaisse que celle qui couvre notre œil, cette paupière serait, comme elle, rétractable à volonté, et nous permettrait de soustraire notre oreille interne aux volumes sonores excessifs auxquels nous sommes aujourd’hui toujours plus exposés. Chez les animaux, de même que chez ceux qu’on appelait encore naguère les primitifs, le bruit joue le rôle d’un signal, d’un avertisseur, indiquant le plus souvent la présence d’un danger. Voilà pourquoi l’oreille doit être maintenue sans cesse en éveil, et l’on sait que la finesse de l’ouïe est un facteur important de survie dans la lutte entre les espèces. Ceci explique l’existence d’un pavillon, parfois mobile et très développé, comme chez les ânes, susceptible de recueillir les sons les plus ténus ou lointains et de les guider à travers le conduit auditif vers le tympan, où ils seront analysés comme autant de mises en garde potentielles. […]


*

2
Pour les Iroquois le monde est né d’un rêve, et c’est à préserver ce rêve afin que le monde ne se défasse pas que l’art est consacré. Or l’art majeur, chez eux, est celui du perlage. Peut-être le lointain voyant qui a inventé cet art avait-il eu, comme les Abdéritains, la profonde intuition que la matière n’est pas une étendue continue, mais est formée d’atomes, dont il a fait des perles le symbole. Et, bien entendu, cette structure atomique, c’est en rêve qu’il l’aura conçue.


*

5
C’est avec l’aide d’une bonne oreille que l’on peut voir l’avenir. Car la vision est d’abord une écoute du temps.

*

7
C’est à Étienne Eggis, un poète excentrique et bohème aujourd’hui bien oublié, petit-neveu de Senancour, que nous devons l’un des plus jolis mots de la langue française, l’adjectif «ensoleillé». Étant donné la faible audience des recueils d’Eggis, ce mot ne serait peut-être jamais entré dans le vocabulaire de tous les jours si Théophile Gautier ne l’avait repris et définitivement imposé. Cet exemple me semble lever un coin du voile sur la formation collective des mots ou des expressions dans la langue parlée: il y a d’abord une trouvaille, due à un poète, fût-il le plus illettré des paysans, puisque toute trouvaille en matière de langage a quelque chose de poétique; ensuite, il faut que cette trouvaille rencontre au moins une oreille, qui soit elle-même sensible à la poésie qu’elle recèle; et enfin, un transmetteur – qui peut, comme dans le cas de Gautier, être le possesseur de cette même oreille – apte à reprendre avec suffisamment de conviction et d’autorité le nouveau mot ou la nouvelle expression pour parvenir à les populariser.

*

8
La dénomination courante des végétaux traduit souvent leur apparence sous forme d’une image aux résonances lyriques ou mythologiques, et leur nom savant, qu’il soit d’origine latine, grecque ou orientale, est presque toujours poétique par sa sonorité même. Si nous prenons notre dictionnaire par la fin, et cueillons dans la dernière page le très méconnu zorumbeth, nous y apprendrons que cette plante commune du nord-est de l’Inde est proche du gingembre, faisant ainsi partie de la famille des zingibéracées; et qu’à ce titre, elle est classée comme l’amome ou le curcuma dans le genre des Zédoaires. Ne sommes-nous pas déjà en partance pour l’Orient des mythes et des contes, rien qu’à entendre la musique au timbre plutôt baroque et savant des six termes de botanique énoncés dans la phrase précédente ? Mais le zorumbeth a plus d’une manière de s’annoncer: en médecine, où sa racine fleurant le camphre et le laurier a de puissantes vertus sudorifiques, on lui donne le nom aux sonorités délicieusement spleenétiques de longose; et, dans la langue populaire, il dispose de toute une panoplie d’expressions imagées – fleur de mon âme, larmes de la vierge, fleur du paradis ou gingembre coquille – qui vont comme un gant à une plante portant des grappes de fleurs semblables à celles de la glycine, mais au calice blanc nacré couronnant un cœur strié d’incarnat.


► AUTRES EXTRAITS de LA PAUPIÈRE AURICULAIRE → LIRE ICI



° ◘ °



Joël GAYRAUD est poète, membre du Groupe surréaliste de Paris et essayiste.

Traducteur de latin (Ovide, Érasme) et d’italien (Leopardi, Straparole, Pavese, Agamben), il publie aussi des articles critiques ou des textes poétiques dans de nombreuses revues françaises et étrangères (Europe, Critique, L’Œuf sauvage, Analogon etc.) → PLUS ICI


◘ - ◘


R A P P E L


Chez Corti, Joël Gayraud a publié 
un autre ensemble de textes en 2004 :

La Peau de l’ombre → ARTICLE ICI


► Des extraits de «La Peau de l'ombre» ont été traduits en anglais sous le titre « The Shadow’s Skin », par S. D. Chrostowska. Article paru dans NUMERO CINQ MAGAZINE (mars 2016) → ici

► La publication de cet essai de Joël Gayraud est citée dans l'ouvrage, Kaléidoscope surréaliste, de Miguel Perez Corrales (professeur de philologie espagnole à l'université La Laguna de Ténériffe).
Des extraits de «La Peau de l'ombre» ont paru en traduction dans le numéro 15-16 de Salamandra, la revue du groupe surréaliste madrilène et dans les n°18, mai-juin 2004, n°19-20, juillet octobre 2004, n°21, novembre décembre 2004 de la revue romaine Il caffè illustrato.

►Elise Aru, artiste créant des poèmes-objets en réinvestissant et en détournant les pratiques surréalistes, a publié dans le supplément au n°37 d’En attendant Nadeau, (revue en ligne fondée par la plupart des anciens rédacteurs de la Quinzaine Littéraire) un article The Shadow’s Skin (2017) à propos de sa traduction créative et installation d’extraits en anglais de La peau de l’ombre de Joël Gayraud → ici