© Bannière de mon BLOG APPAIRAGES ART Isabelle DALBE

© Bannière de mon BLOG APPAIRAGES ART Isabelle DALBE
CLIC SUR PHOTO → POUR ACCES à GALERIE APPAIRAGES

La carte du JE

Ma photo
BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

dimanche 27 novembre 2016

REVUE A PHALA, N° 3, Présentation par Richard WALTER, INFOSURR (Actualités du surréalisme et ses alentours) N°122, novembre-décembre 2015




Patrick Hughes, Illustration Palm Door, 1998
INFOSURR n°122



INFOSURR
44 rue du faubourg Saint Jean
45000 Orléans

Courriel/mail : bulletin//infosurr.net
(A noter : remplacer le signe // par @)


SITE → ici

• BULLETIN INFOSURR N°122, novembre-Décembre 2015, 5 € (Parution 22/09/2016).
• ABONNEMENT ANNUEL au bulletin infosurr (6 Numéros) → ici

◘ _ ◘



~ A PHALA ~


par Richard Walter


De plus en plus fort ! Le n°1 publié en 1967, le n°2 en 2013 (cf. Infosurr, n°106). Pour le « Carnaval 2015 », voici le tome 3. Alors que le n°2 avait 408 pages, le n°3 est carrément en deux épais volumes au format «  lettre US », de 352 et 368 pages. Plus de 700 pages de lectures !!! Nous sommes en face du même phénomène que pour le n°3 d'Hydrolith (cf. Infosurr, n° 120) : des objets de plus en plus massifs, avec nombre de textes, d'illustrations et de photographies, diffusables facilement via internet. On ne pourra pas dire que le surréalisme n'inspire plus, ne produit plus rien. C'est encore un sommaire riche et diversifié. Le lecteur ne peut en faire le tour en une seule fois. Il faut y revenir plusieurs fois, lire un article, refermer la revue, ré-ouvrir plus tard. Nous sommes dans la tradition de l'almanach (ou du livre de chevet), avec une lecture non en continu mais en feuilletage. Alors forcément pour chaque lecteur des choses sont plus passionnantes que d'autres, histoire de sensibilité.

La revue a une forte propension à célébrer l'érotisme – un des thèmes de prédilection de Sergio Lima, l'infatigable inspirateur d'A Phala. La couverture (identique aux deux tomes) présente le postérieur dénudé d'une charmante dame, offert dans une pose provocante. La transgression et la « rupture inaugurale » sont les thématiques du numéro et elles sont placées sur l' « arco de eros » (l'arc érotique selon Sergio Lima). Pour donner le ton du numéro, Sergio Lima livre un essai sur le fétichisme du corps objet, avec illustrations de naïades de Busby Berkeley, photographies de films pornographiques et reproductions d’œuvres de Marcel Mariën, Jean Benoît, Hans Bellmer, Pierre Molinier.

Une vraie découverte pour moi, le tome 1 présente de nombreuses photographies de deux artistes que je ne connaissais pas : les nus mystérieux à force de simplicité d'André de Dienes (et la belle série de « Western nudes » et des « naturels nudes » dans des paysages tellement naturels et désincarnés qu'ils en deviennent abstraits) et les photographies de Günther Blum à l'esthétique plus provocante avec sous-vêtements sexys et accessoires, mais qui elles aussi finissent par dériver dans un onirisme des plus étranges.

La mise en page est très sobre, les textes sont publiés de façon très aérée, les images sont reproduites en grand. Il y a vraiment l'espace pour savourer ou questionner. Mais la revue est imprimée avec du texte en blanc sur fond noir – il fallait oser ! - ; ce parti pris du fond noir est très réussi, il provoque une expérience de lecture troublante surtout avec les images érotiques dont l'écrin noir fait ressortir encore plus leur impact émotionnel et pour beaucoup d'entre elles leur charge mystérieuse.

Le lecteur retrouve forcément des noms ou des expériences déjà décrites dans Hydrolith, comme l'activité de créations collectives du « Cabo Mondego – Section of Portuguese surrealists ». Mais il y a aussi d'autres présences précieuses -toujours selon une sensibilité toute personnelle- comme les mots de Guy Cabanel ou les étranges formes dessinées par Kathleen Fox.

Le deuxième tome donne des nouvelles de ceux qui s'inspirent du surréalisme aujourd'hui. Il n'y a pas de nouveaux lieux découverts comme avec le groupe surréaliste turc Hydrolith mais mais il y a nombre de signatures que nous retrouvons souvent dans les recensements d'Infosurr. Les contributions sont classées par lieu géographique et dans leur langue : São Paulo, Paris, Amsterdam, Londres, côte Ouest des USA, etc. C'est l'occasion d'admirer de belles choses trop rarement en circulation. Nous avons même des nouvelles de Vancouver (Greg Simpson, Pnina Granirer et Martin Guderna, fils de Ladislav, l'éditeur de la trop oubliée revue Scarabeus).

Dans la section néerlandaise, je remarque les beaux dessins du regretté Schlechter Duvall et je suis toujours impressionné par le fait que les Hollandais sont remarquablement multilingues. A Phala enchaîne ainsi un poème en français de Pieter Schermer, un en anglais de Hans Plomp puis un autre en portugais par Wijnend Steemers. Et le néerlandais ? Cette revue a d'ailleurs la particularité d'enchaîner portugais, anglais, italien et français. L'érotisme ne peut être que plurilingue. A phala en est une magnifique preuve.
R.Walter


A phala, « Revista do movimento surrealista », n°3, « Almanaque tendo por temas – a ruptura inaugural e corpo / transgressao »
[Amanach ayant pour thèmes la rupture inaugurale et la transgression du corps], 2 volumes, São Paulo (Brésil), avril 2015. Par Sergio Lima, Miguel Pérez Corrales, Miguel de Carvalho.
vol. I : 350 pp., vol. II : 360 pp., 21,5 x 28cm. , env. 550 illustrations en N&B, 35€ par volume.] 

Disponible sur le site lulu.com :
► Vol. I :  → ici              ► Vol. II : → ici




° °

R A P P E L  


Annonce / SOAPBOX N°64, automne 2016 : 

EXPOSITION INTERNATIONALE DE COLLAGES SURRÉALISTES «  A LA LUZ DE LOS CASTILLOS VITRIFICADOS », MUSEE MUNICIPAL SANTOS ROCHA DE FIGUEIRA DA FOZ (PORTUGAL) 


du 17/09 au 31/12/2016


Parmi les exposants 

Sergio Lima (Directeur de la revue A Phala, poète et artiste), Miguel de Carvalho, Jean-Pierre Paraggio, Guy Girard, Kathleen Fox, Cabo Mondego Section of Portuguese Surrealism, etc. → compte rendu ici


° °



~ AUSSI AU SOMMAIRE ~


INFOSURR N°122


◘ NOTICES ◘



Guy GIRARD à propos du beau recueil de Joël GAYRAUD, Ocelles, illustré par l'artiste surréaliste Virginia TENTINDO, Collection de l'Umbo, Toulouse, novembre 2014. 
Description : Infosurr, n° 118, p. 10.

« La lumière de l'image, qui rend la poésie surréaliste si particulièrement éclairante, n'est-elle que celle d'une étincelle captée dans les hautes chambres de l'esprit ? Pour Joël Gayraud, elle pourrait aussi bien être « Un éclat de phosphore / À la pointe / Des cils ». Et tout autant celle de ces 48 ocelles qui luisent et germent sur la fourrure électrisée d'un léopard qui, sur les « Sentiers de lune / où courent les loups / et la fleur fée », aura été le familier de Basho, Malcolm de Chazal et Pierre Peuchmaurd. Parues dans la Collection de l'Umbo, animée par Jean-Pierre Paraggio, ces « Ocelles » sont illustrées de dessins de Virginia Tentindo qui également a réalisé un objet surréaliste pour chacun des 10 exemplaires de tête ».
(G. G.)

RAPPEL : compte rendu de l'ouvrage → ici



Laurens VANCREVEL à propos de :
l'ouvrage de Peter OVERTON, Waterloo & Elsewhere [Waterloo & ailleurs], « Collection of photographs with accompanying captions that build into a verbal-visual poem », Leeds (Royaume-Uni), Surrealist ed., novembre 2015.
du numéro spécial de la série Cuadernos [Cahiers], publiée par le Centre d'études du surréalisme à Famalicão (Portugal), et dédié au poète António Maria Lisboa (1928-1953).
La revue Infosurr présente une illustration réalisée par le poète.



◘ ARTICLES ◘



Michel LEIRIS par Dominique Rabourdin
Alain-Pierre PILLET par Guy Girard
► Présentation, par Laurens Vancrevel, de la Revue canadienne LA VERTÈBRE ET LE ROSSIGNOL, N°3.
Revue lancée par le poète David Nadeau qui, pour ce numéro, avait invité au début de 2014 un grand nombre de surréalistes dans le monde entier à lui envoyer des contributions. Il a reçu une avalanche de réactions venant de divers horizons (USA, Canada, Chili, Brésil, Angleterre, Roumanie, France, Pays-Bas).
« SURRÉALISME SOCIAL» / Waldemar FYDRYCH, par Laurens Vancrevel.
J. Karl BOGARTTE, artiste visuel et poète surréaliste, par Laurens Vancrevel.
Patrick HUGHES par Michel Remy
RECENSEMENT de nombreuses expositions (2015-début 2016) et publications.                                                                                                                                                                                                   

dimanche 20 novembre 2016

SOAPBOX 66 : *** POÉSIE : Jean-Raphaël PRIETO ; Michel WOLKOVITCH *** ART : Jean-Pierre PARAGGIO ; John WELSON ; Antonio RAMIREZ -◘-◘-◘- SOAPBOX 67 : *** ART : Jacques LE MARÉCHAL (1928-2016) -- FEUILLETS de L'UMBO, NOVEMBRE 2016





Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse

Toute correspondance :
jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


Pour télécharger SOAPBOX N°66 afin d’en visionner l’intégralité ou pour l’imprimer sur support papier :

ICI (SOAPBOX 66 recto) et ICI (SOAPBOX 66 verso)

► et sur le SITE « LES MINUTES de l'UMBO », Accès autres SOAPBOX (depuis le N°1) → ICI


◘ ◘


◘  P O É S I E  &  A R T ◘



~ Jean-Raphaël PRIETO ~



LE SANG DANSE


Jean-Pierre Paraggio, illustration
« Déveine pour Le Sang danse »
Montage numérique



...quand le sang danse
quand le sang bat les volontés mortes sur le socle des
apparences
quand le sang brise la coquille du renard sur le flanc de la
braise
je ne parle pas du sang
je ne parle pas du sang rouge ou noir
je parle du sang
je ne parle pas du sang qui coule dans les veines
je parle du sang qui heurte de plein fouet les exigences du
calcul et prend à revers
du sang qui frappe le raisonnement, bat les tempes et l'oralité
le sang cogne, assourdit l'espace,
tonitruant
le sang danse, coule dans les yeux, noir, rouge,
et dans les veines
le sang dont vous disposez n'est pas le sang,
trace la limite d'une frontière fictive entre ma primeur et vos
rancœurs.

et je deviens barque sur l'étang sismique
et nous pleurons vos gratitudes
et nous rions comme des mouches sur nos plaies

le sang étreint les passagers du silence et brise les gonds des
formules
le sang qui n'est pas le sang afflue vers l'hiver de vos décisions
les plus mûres
le sang verse une pièce au procès qui le constitue partie
incivile de la chance
le sang répand en aube matinale son instruction de départ
le sang ruisselle sur l'échine du taureau noir comme preuve de
son indocilité
le sang bout dans l'alvéole du rayon
le sang ferraille au plus près des corps sidérés, évacués, transis
le sang fend, sectionne,
ouvre une part légère à la pluie
le sang n'est pas ce que vous croyez
le sang mêle le mauvais vouloir dans une brume piquante
le sang entame la négociation du vide avec le gain, du gain
avec l'attente, de l'attente avec la promesse, de la promesse avec
le vide
et alors je deviens sujet de l'objet
le sang engloutit dans un mouchoir de peau le souvenir de nos
cheveux et rend l’œil dilettante,
alors je deviens héritier d'un devenir de foudre et je languis
après la mue du cheval
délesté du mors et des fers
dressé à rebours
le sang autorise le passage dans la venelle de vos piteux
atermoiements et enflamme l'obscur
le sang produit un précipité d'accélération pour les jours
heureux de l'assaut
le sang honore, plébiscite l'homme dans la bête et la bête dans
l'homme et la peau de la bête sur l'ordre et la peau de l'homme
sur le chaos
car le chaos est une image de l'homme
dans la nature il n'y a qu'ordre et ordre vacillant
ordre qui supplante un autre ordre - l'homme est un frère de
chaos et le sang en est la bannière endeuillée
le sang danse, le sang cible la mécanique des rêves et la
densité des actes
le sang articule mon chemin sur la langue du coq avec la vertu
de l'oubli et le charme de la mémoire seule
le soir a la forme de ma main dans une gueule avide
mais les dents lâchent en silence
ma pensée comme un verre brisé sur le sillon de ton sourire
clame son origine placée devant,
et nos pieds de biche aux abois caressent le rivage...


J-R P. 28 sept. 2016


Jean-Raphaël Prieto est membre du Groupe surréaliste de Paris.
◘ Au printemps 2016, il a été l'initiateur du jeu de syllogisme poétique « IL CROYAIT VOIR... ». Compte rendu → ici

◘ Son actualité poétique : Jean-Raphaël PRIETO & Ana OROZCO, LA BELLE AFFAIRE, Frontispice de Jean-Pierre Paraggio, Collection de l'UMBO → Annonce ici
Compte rendu prochainement.


► Jean-Pierre Paraggio, artiste, illustre aussi les recueils de nombreux poètes (dont Pierre Peuchmaurd, LA NATURE CHEZ ELLE → ici ; Anne-Marie Beeckman  ; Louis-François Delisse, À GAMBO enterrée au cimetière de Thiais depuis le 3 janvier 2011 → ici ; Laurent Albarracin, LE DÉLUGE AMBIGU → ici ; Joël Gayraud, CLAIRIÈRE DU RÊVE ici ; Christine Delcourt ; Jean-Yves Bériou, ET ON S'EN VA → ici ; Jean-Paul Martino, OSMONDE, suivi de OBJETS DE LA NUIT → ici ; Alexandre Pierrepont ; etc.

◘ Galeries de ses œuvres → ici

◘ Son actualité artistique : du 17/09 au 31/12/2016, participation à L'EXPOSITION INTERNATIONALE DE COLLAGES SURRÉALISTES «A LA LUZ DE LOS CASTILLOS VITRIFICADOS», MUSEE MUNICIPAL SANTOS ROCHA DE FIGUEIRA DA FOZ, PORTUGAL → ici

◘  Aller plus loin à propos de Jean-Pierre Paraggio → ici



~  E T    A U S S I  ~



John WELSON «  Windfall of Night » - acrylic on paper, 2014


Antonio RAMIREZ « Conmigo ereee el Caos »



◘ - ◘



◘ Q U E L Q U E S    P A R U T I O N S ◘











► S U I T E   P A R U T I O N S → SOAPBOX 66 ici



◘ - ◘ 

◘ 







Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse

Toute correspondance :
jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


Pour télécharger SOAPBOX N°67 afin d’en visionner l’intégralité ou pour l’imprimer sur support papier :

ICI (SOAPBOX 67 recto) et ICI (SOAPBOX 67 verso)

► et sur le SITE « LES MINUTES de l'UMBO », Accès autres SOAPBOX (depuis le N°1) → ICI


◘ - ◘



R E P È R E S

► Le Maréchal, catalogue de l'œuvre gravée, O.G.C Michèle Broutta, Paris, 1985
► Yves Doaré A propos de l'art visionnaire. Artension, N°30, juillet-août 2006



* * *

Quand dans son univers, le peintre intercale des villes, le même mouvement cosmique les travaille. Les villes de Le Maréchal sont construites sur un tremblement de terre. Seules les couleurs leur donnent une solidité. Je n'ai jamais si bien compris qu'en peinture c'est par la couleur que les maisons tiennent debout... Les dessins des architectes ont d'autres principes de stabilité. Mais de tels dessins ne coopèrent pas avec la lumière. Avec quel enthousiasme Le Maréchal nous fait vivre cette coopération! Tandis que du fond de ma cellule je songe devant son bal populaire, j'ai soudain la certitude que l'orchestre qui commande est un orchestre de couleurs. Les flambeaux révèlent des puissances giratoires. C'est le tourbillon de leurs feux, et non pas les flons-flons de la musique qui fait tourner les danseurs. Quel dynamisme dans cette peinture tourbillonnante! Le Maréchal expose aussi des dessins en noir et blanc. Ici les drames de la lumière et de l'ombre sont des batailles menues, intimes qui ne laissent aucun détail insensible. En usant la ténèbre, filament par filament, la lumière veut la forme dans toutes ses finesses. Elle revient en mille traits pour déboucher le noir tapi dans ses cachettes. Le Maréchal m'a dit toute la patience de telles recherches pour trouver le juste hérissement des surfaces attaquées par la lumière. Là encore, au lieu des lignes qui emprisonnent les choses, il faut délimiter une zone de tremblement. Tout ce qui est touché par la lumière tremble. Le noir est alors réveillé jusqu'en ses plus lointaines profondeurs. On ne s'étonnera pas que pour un philosophe de telles œuvres soient les germes de rêveries infinies.

Gaston Bachelard (Le Terrain vague, 1957) - extrait


- ◘ -




En une seule minute sans une goutte de sang
et sans un rond, en un seul instant. Tu n'en lis
qu'un seul mot et tu comprends.


Le propre de ces visions est de se confronter en filigrane avec celles de tous les temps, moyennant quoi, de recul en recul, par là de contour en contour, elles en viennent à épouser celles de l'Apocalypse, plus actuelles que jamais. C'est là que, de la pervenche de son œil, avec ces mouvements de bras qui lui servent à exprimer qu'il n'en peut mais, quoiqu'il y intervienne pourtant de son mieux. Le Maréchal épie les suites qui nous sont réservées. Il est le seul qui sache que les visions sont une gaze encore, derrière laquelle se tapissent d'autres gazes à visions, et ainsi de suite : d'où son désespoir d'avoir à compter avec le temps humain qui lui arrache ses œuvres sans qu'il ait pu les finir (entendez : remonter, d'écorce en écorce, jusqu'au noyau incandescent). Ainsi en fut-il de maint grand visionnaire, tel Gustave Moreau, dont les œuvres capitales ont été abandonnées, comme on dit, « en cours d'exécution », en réalité parce qu'elles frôlaient l'abîme et fleuraient l'interdit. De telles œuvres, il est de leur nature de demeurer suspendues et ce n'est pas ce qui nous les rend moins chères.
Le bonheur bien réel, triomphant en fin de compte de toutes arrières-pensées, que nous procurent les œuvres de Le Maréchal tient sans doute pour une part au prétexte ingénu qui les inspire. Au regard qu'a promené Henri Rousseau autour de la Tour Eiffel, du Cinquantenaire de l'Indépendance en 1892 ou de la navigation aérienne de 1907 répond, sans avoir rien perdu de sa fraîcheur en dépit de la nuance pessimiste qui s'impose, le regard que Le Maréchal porte à la fois sur l'Empire State Building et les gouffres qui le mesurent, sur le régime institué un 13 mai dans le pays où il vit et sur la prétendue domination de l'espace, où l'homme s'apprête à relayer la souris, le chien et le singe. Là se tient notre ami Le Maréchal en posture de voir « par-delà le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie ».

André Breton (Galerie Raymond Cordier, 1960) - extrait


- ◘ -



La lune se cache sous un arbre


Le feu de l'inspiration la plus authentiquement poétique traverse souvent ce remuant et grondant univers, à la façon d'une comète splendide. Le Maréchal a reçu évidemment le don d'une puissance imaginaire tellement hors du commun que l'on peinerait à lui donner sur ce plan-là plus de quelques égaux à l'époque actuelle, sinon dans le domaine de l'art brut avec lequel il montre des affinités, mais dont il se distingue par sa culture qui est grande et par son adhésion à des mouvements d'avant-garde tels qu'en particulier le surréalisme. Or la discipline de la planche gravée, le violent antagonisme des blancs et des noirs, les mystérieuses nappes de l'aquatinte, font que nous participons à son rêve ou à sa rêverie mieux que jamais peut-être par la longue considération des estampes qui sont le produit de son plus récent labeur. La gravure est dans l’œuvre des peintres comme le poème dans celle des conteurs et des romanciers une sorte d'essence plus subtile et spécialement propre à être goûtée, pesée, éprouvée, jugée.

André Pierre de Mandiargues (Galerie Inna Salomon, 1968) - extrait


- ◘ -


JACQUES LE MARÉCHAL
UN NOUVEAU MILLÉNARISME


André Pieyre de Mandiargues note dans un texte de 1968 la curieuse fascination qu'exerce sur lui la grande Vue de Londres à partir de Picadilly Circus, de Jacques Le Maréchal «  où la ville paraît une sombre Venise dressée hallucinant désordre sur des eaux de métal incandescent. » Et André Breton, en 1960 : « Le Maréchal est le seul qui sache que les visions sont une gaze encore, derrière laquelle se tapissent d'autres gazes à visions, et ainsi de suite : d'où son désespoir d'avoir à compter avec le temps humain qui lui arrache ses œuvres sans qu'il ait pu les finir (entendez : remonter, d'écorce en écorce, jusqu'au noyau incandescent). Ainsi en fut-il de maint grand visionnaire, tel Gustave Moreau, dont les œuvres capitales ont été abandonnées, comme on dit, « en cours d'exécution », en réalité parce qu'elles frôlaient l'abîme et fleuraient l'interdit. De telles œuvres, il est de leur nature de demeurer suspendues et ce n'est pas ce qui nous les rend moins chères.»

De tels éloges de la part d'illustres écrivains nous incitent à en savoir plus sur le travail de cet artiste. En 1974, un texte d'Alain Jouffroy intitulé Le Maréchal, un nouveau millénariste, nous renseigne plus nettement sur la nature de son œuvre : «  La réalité politique et la réalité cosmique entrent manifestement en collision dans un grand nombre de ses peintures, dont le titre nous éclaire déjà avec beaucoup de précision : L'Arbre mécanique s'agite à la fin du spectacle dans un paysage foudroyé par le profit; Le Monstre d'État; L'autre monde va rencontrer celui-ci, Le Sacré-cœur de la canaille; Paysage peu à peu gagné par la technique; etc. Quand on se rappelle que Le Maréchal n'a pas attendu la mode de l'écologie et la lutte actuelle contre la croissance industrielle systématique. ...

On découvre, en effet, ses dons de devin sinon de prophète. Pour lui, « le grand amour de la monnaie fait éclater les rêves ». et l'on peut se demander si l'abandon de certaines de ses œuvres en cours d'exécution n'est pas dû, très secrètement, à une résistance obstinée, plus ou moins consciente, contre les impératifs de profit dont un peintre réputé comme lui devient aujourd'hui, dans notre « économie de marché », la victime privilégiée. Il les garde à ses murs, en attendant on ne sait quel cataclysme libérateur, qui lui permettrait de sauver ses tableaux de l'ambiguïté où les ferait tomber un trop grand succès. C'est pour ces raisons conjuguées -ces dons de "visionnaire", cette lucidité politico-économique, cette fidélité à ses propres idées, cette volonté de préserver en lui la pureté- que l'on peut relire aujourd'hui avec d'autres yeux la phrase de Bachelard selon laquelle « on ne s'étonnera pas que pour un philosophe de telles œuvres soient les germes de rêveries infinies. » C'est dans un texte intitulé Le Terrain vague, écrit en 1957, que Gaston Bachelard avait en effet déjà pressenti en cet artiste la qualité d'un veilleur à l'écoute du monde, soucieux de révéler les forces qui maintiennent son unité et celles qui la menacent. Mais curieusement cette faillite de la science dans son incapacité à contenir de nouvelles formes de barbarie, Le Maréchal persiste à vouloir en rendre compte à l'aide du vieux modèle cosmogonique, et il affirme par là sa révolte et sa préoccupation humaniste. On comprendra que de se charger de tels sujets en peinture au XXè siècle avec de telles exigences dans le travail ait attiré des admirateurs et des disciples.

Source : Yves Daoré, extrait, Artension, N°30 - 2006


SOAPBOX 67 : une autre œuvre de J. Le Maréchal Du « Vital inférieur » au 'Supra mental' ici



- ◘ - ◘ -






TOUTE CORRESPONDANCE :

COURRIEL / e-mail : jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


Une soapbox est une caisse à savon qui fait office d’estrade sur laquelle on se place pour faire un discours, haranguer la foule ou pour clamer la poésie.


► PRÉSENTATION SOAPBOX 65, Novembre 2016 : Ana OROZCO & Jean-Raphaël PRIETO, LA BELLE AFFAIRE, COLLECTION de L'UMBO, novembre 2016 ; GROUPE SURRÉALISTE de PARIS, JEU de SYLLOGISME POÉTIQUE ; Mireille CANGARDEL, EXPOSITION 02/11 au 27/11/2016, Galerie 21, BALMA (Haute-Garonne) ; EXPOSITION « ART ET LIBERTÉ.  Le surréalisme en Egypte », 19 octobre 2016 au 16 janvier 2017, Centre Pompidou, Paris → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 64, Octobre 2016 : EXPOSITION INTERNATIONALE DE COLLAGES SURRÉALISTES « A LA LUZ DE LOS CASTILLOS VITRIFICADOS », MUSEE MUNICIPAL SANTOS ROCHA DE FIGUEIRA DA FOZ (PORTUGAL) du 17/09 au 31/12/2016.
Participants : Alberto Asumpção, Arnost Budik, Cristina Vouga, Florent Chopin, David Coulter, Guy Ducornet, Guy Girard, Giordano Bruno, Gregg Simpson, Jan Giliam, John Richardson, John Welson, Jorge Leal Labrín, Jean-Pierre Paraggio, Kathleen Fox, Lou Dubois, Luiz Morgadinho, Miguel de Carvalho, Pedro Prata, Richard Misiano-Genovese, Richard Waara, Rik Lina, Seixas Peixoto, Sergio Lima, Cabo Mondego Section of Portuguese Surrealism, Capa (Peinture automatique collective Amsterdam) et Cornucopia → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 63, Octobre 2016 : EXPOSITION « L'ÉCHAPPÉE BELLE » Collages de Laure Missir et Pierre Rojanski, Galerie L’ Usine à Paris du 8 au 22 octobre 2016 ; EXPOSITION «AVENTURES DE LIGNES» Treize imaginistes-intimistes, Puces de St-Ouen du 22 octobre au 4 décembre 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 62, Octobre 2016. Feuillet dédié à « FRAGMENTS DU FEU" de Pierre PEUCHMAURD, avec des dessins de Marcel DELCOURT → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 61, 60, 59 - Été 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 58, 57, 56 - Été 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 55, 54, 53 - Printemps 2016.
EXPOSITION «BECS & OMBRES» Jean-Pierre PARAGGIO, 23 juillet au 30 juillet 2016, Galerie PLURIELLE, SÈTE (FRANCE) → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 52, 51, 50, 49, 48 -1er semestre 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 51, numéro dédié au poète Alice MASSÉNAT.
• « Alice MASSÉNAT » présentation de son œuvre et de sa bibliographie par le poète et essayiste Joël GAYRAUD → ici
• « APARTÉ » poème inédit de Alice MASSÉNAT → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 47, 46, 45, 44 - 1er semestre 2016 → ici

► ACCÈS AUX AUTRES SOAPBOX (depuis le N°1) pour les télécharger afin d’en visionner l’intégralité ou pour les imprimer sur support papier → ici


dimanche 13 novembre 2016

SOAPBOX 65, Feuillet de l'Umbo novembre 2016 : POÉSIE : Ana OROZCO & Jean-Raphaël PRIETO, LA BELLE AFFAIRE, COLLECTION de L'UMBO, novembre 2016 ; GROUPE SURRÉALISTE de PARIS, JEU de SYLLOGISME POÉTIQUE  -◘- ART : Mireille CANGARDEL, EXPOSITION 02/11 au 27/11/2016, Galerie 21, BALMA (Haute-Garonne) ; EXPOSITION « ART ET LIBERTÉ.  Le surréalisme en Egypte », 19 octobre 2016 au 16 janvier 2017, Centre Pompidou, Paris ; Suzanne LABRIE -◘- Claudius de Cap Blanc





Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse

Toute correspondance :
jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


Pour télécharger SOAPBOX N°65 afin d’en visionner l’intégralité ou pour l’imprimer sur support papier :

ICI (SOAPBOX 65 recto) et ICI (SOAPBOX 65 verso)

► et sur le SITE « LES MINUTES de l'UMBO », Accès autres SOAPBOX (depuis le N°1) → ICI



◘  P O É S I E  ◘



~ P A R U T I O N   N O V E M B R E   2 0 1 6 ~


C O L L E C T I O N   D E    L 'U M B O





Prochain compte rendu


*


~ R A P P E L ~


C O L L E C T I O N   D E    L 'U M B O



Compte rendu → ici



*




Compte rendu → ici


*


~   A   R E T E N I R    ~


C O L L E C T I O N    D E   L 'U M B O



- ◘ -



~ Christine DELCOURT ~



[...]

Brûlants, les yeux. Planètes intérieures aux globes visionnaires
et qui gravitent en quête d'une spirituelle collision, d'une charnelle émotion, de bleus et bleus, de vous à moi.

[...]

         - Mon cœur à genoux, mes blancs émois -

C. Delcourt
Extrait de Cataracte de la douleur, 5 sens éditions, 2016.


- ◘ -




~ GROUPE SURRÉALISTE de PARIS ~





Participants : Élise ARU, Anny BONNIN, Emmanuel BOUSSUGE, Claude-Lucien CAUËT, Alfredo FERNANDES, Joël GAYRAUD, Guy GIRARD, Michaël LÖWY, Ana OROZCO, Jean-Raphaël PRIETO, Pierre-André SAUVAGEOT, Bertrand SCHMITT, Sylvain TANQUEREL, Virginia TENTINDO, Michel ZIMBACCA

Illustrations : Guy GIRARD, Jean-Raphaël PRIETO, Pierre-André SAUVAGEOT, Claude-Lucien CAUËT, Élise ARU.

Compte rendu (avec explication des règles du jeu) → ici



- ◘ -



Q U E L Q U E S   A U T R E S    P A R U T I O N S





◘   A R T  ◘



► Mireille CANGARDEL





• Des œuvres de Mireille Cangardel sont présentes dans plusieurs numéros de SOAPBOX, dont :
~ N° 46, peinture en couverture du feuillet Soapbox → ici

~ N° 57, peinture « L'envol du gypoète » ici

• Œuvre « Derrière la roue du paon » illustrant la couverture du recueil La Vouivre encéphale, d'Alice Massénat. Mars 2013, Les Hauts-Fonds → ici



► EXPOSITION « ART ET LIBERTÉ.  Le surréalisme en Egypte » 

du 19 octobre 2016 au 16 janvier 2017, Centre Pompidou à Paris : première exposition consacrée au groupe Art et Liberté qui a rassemblé autour de Georges Henein (écrivain, poète et journaliste égyptien) une constellation d’artistes et écrivains résidant au Caire dans les années 1930 et 1940.


► Rik LINA & Guy GIRARD, 

dessin collectif


► Suzanne LABRIE





S. Labrie, Crayon blanc sur fond noir




◘  Claudius  de  Cap  Blanc  ◘






► Processus de réhabilitation d'une pierre vulvaire censurée → vidéo ici

► Roches gynéçantes → vidéo ici



- ◘ - ◘ -






TOUTE CORRESPONDANCE :

COURRIEL / e-mail : jeanpierreparaggio // yahoo.fr

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )


Une soapbox est une caisse à savon qui fait office d’estrade sur laquelle on se place pour faire un discours, haranguer la foule ou pour clamer la poésie.


► PRÉSENTATION SOAPBOX 64, Octobre 2016 : EXPOSITION INTERNATIONALE DE COLLAGES SURRÉALISTES « A LA LUZ DE LOS CASTILLOS VITRIFICADOS », MUSEE MUNICIPAL SANTOS ROCHA DE FIGUEIRA DA FOZ (PORTUGAL) du 17/09 au 31/12/2016.
Participants : Alberto Asumpção, Arnost Budik, Cristina Vouga, Florent Chopin, David Coulter, Guy Ducornet, Guy Girard, Giordano Bruno, Gregg Simpson, Jan Giliam, John Richardson, John Welson, Jorge Leal Labrín, Jean-Pierre Paraggio, Kathleen Fox, Lou Dubois, Luiz Morgadinho, Miguel de Carvalho, Pedro Prata, Richard Misiano-Genovese, Richard Waara, Rik Lina, Seixas Peixoto, Sergio Lima, Cabo Mondego Section of Portuguese Surrealism, Capa (Peinture automatique collective Amsterdam) et Cornucopia → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 63, Octobre 2016 : EXPOSITION « L'ÉCHAPPÉE BELLE » Collages de Laure Missir et Pierre Rojanski, Galerie L’ Usine à Paris du 8 au 22 octobre 2016 ; EXPOSITION «AVENTURES DE LIGNES» Treize imaginistes-intimistes, Puces de St-Ouen du 22 octobre au 4 décembre 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 62, Octobre 2016. Feuillet dédié à « FRAGMENTS DU FEU" de Pierre PEUCHMAURD, avec des dessins de Marcel DELCOURT → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 61, 60, 59 - Été 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 58, 57, 56 - Été 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 55, 54, 53 - Printemps 2016.
EXPOSITION «BECS & OMBRES» Jean-Pierre PARAGGIO, 23 juillet au 30 juillet 2016, Galerie PLURIELLE, SÈTE (FRANCE) → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 52, 51, 50, 49, 48 -1er semestre 2016 → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 51, numéro dédié au poète Alice MASSÉNAT.
• « Alice MASSÉNAT » présentation de son œuvre et de sa bibliographie par le poète et essayiste Joël GAYRAUD → ici
• « APARTÉ » poème inédit de Alice MASSÉNAT → ici

► PRÉSENTATION SOAPBOX 47, 46, 45, 44 - 1er semestre 2016 → ici

► ACCÈS AUX AUTRES SOAPBOX (depuis le N°1) pour les télécharger afin d’en visionner l’intégralité ou pour les imprimer sur support papier → ici